HISTOIRE DE FRANCE. Lrv. XXIII. 4+3
de Longueville sur ía-place, & blessé le Prince de Condé au poignet, ceSncrroxqui le mit hors d’état de servir de quelque teins, desorte que M. de Tu- Xiy,renne prit le commandement de son Armce (a) (*), Lolnon t
11 est presque inconcevable avec qu’elle rapidité les villes & les Forteres- dgpu l s s r ^-ses cédoient au bonheur des armes du Roi. La réduction du Betuwe & la iôfli jus.prise du Tolhuis obligèrent le Prince d’Orange d’abandonner l’issel, pour Ç l ’à l’anne pas être attaqué par derriere, & de se retirer dans le cœur du Pays jus - l6 ™'qu’à Rhenen dans la Province d’Utrecht. Par là, la ville d'Arnhem, les Forts R ^ i4ité dsde Knotsenbourg, de Voorn, de Saint - André & de Schenk le plus fort p conquê-des Provinces - Unies, qui avoit arrêté, sept mois le Prince Frédéric -Hen- tes.ri, avec nombre d’autres Places & de Forts se rendirent à la premiere som-mation. Enfin Nimegue forte par sa situation & par sart, fut investie. Lagarnison avec les habitans capables de porter les armes étoit de huit millehommes ; mais après avoir donné durant huit jours des preuves signalées deleur courage pour la défense de leur liberté, ils furent obligés de céder àla bonne fortune & à l’habileté M. de Turenne.
Dans ces entrefaites l’Electeur de Cologne & l’Evêque de Munster, aiantjoint le Duc de Luxembourg, entrerent dans la Province d’Overyssel, &le Duc y aiant répandu la terreur par ses cruautés, les villes lui ouvroientleurs portes auíïkôt qu’il paroissoit. Animés par cette fureur implacablequ’on volt regner toujours dans les guerres de Religion, les deux Prélatsobligèrent le Duc de traiter avdfc une rigueur, peu conforme à son caractè-re, des hérétiques & des sujets rebelles de la Maison d’Autriche. L’Ar-mée de Louis entra ensuite dans la Province d’Utrecht , & l’eut bientôtconquise. Amsterdam se vit en danger; pour la défendre on fit percerles digues & lâcher les écluses, & la campagne ne fut plus'qu’une mer.
Les autres villes de Hollande en firent de même, auffi bien que celles de laFlandre Hollandoife & du Brabant, Pour arrêter encore plus le torrentdes conquêtes de Louis, le peuple se persuada qu’il falloit conférer le Scad-houderat au Prince d’Orange, il obligea les Etats de Hollande & de West.frise d’abolir l’Edit perpétuel, & de joindre la dignité de Stadhouder àcelles de Capitaine'- Général & d’A mirai dont le Prince étoit déja revêtu.
Les Etats envoyerent austì_ des Députés au Roi d’Angleterre, qui touchéde la situation de la République & jaloux des desseins de Louis XIV. fitpasser en Hollande le Duc de Buckingham & le Comte d’Arlington, pourcalmer les frayeurs des Etats, & pour demander au Roi de ne pénétrer pasplus avant en Hollande. En cas de refus de la part de Louis, le Roi
(a) Siécle de Louis XIV. T. I. p. m. 17p.
(*) Nos Historiens font plus d’honneur aux Hoiiandois dans cette occasion qu’ils neméritent, & semblent adopter les éloges pompeux que la plupart des Historiens ontdonnés à ce passage du Rhin. M. de Voltaire, qu’on ne soupçonnera certainementpas d avoir voulu en diminuer la gloire, dit qu’il n’y avoit de l’autre côté de l’eau que qua-tre à cinq-cens. Cavaliers fi? deux faibles Régimens d’Infanterie fans canon, fi? que l'Artille-rie Françoise les foudroîoit en flanc; qu’à peine quelques Cavaliers Hoiiandois entrerent dans larivière, pour f sire semblant de combattre, qu'ils s’enfuirent d’abord fi? que leur Infanteriemit aussitôt bas les armes & dçmanda h vie. Rem. du Trad,
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