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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Lnr. XXIII. 449

en particulier se soient donnée pour justifier sa conduite, nous croions Sectionquelle tiroit son origine dun tempérament froid, qui étouffoit tout sen- Xv.riment de pitié & sacrifioit les devoirs de lnumanité aux loix de la guer-re, & aux devoirs de Général. Ce qui fit principalement honneur au depuisMaréchal, ceít le sang-froid intrépide quil fit paroitre dans faction de 1674 jus.Sintzheim & à celle de Mulhausen , par la quelle il termina les opéra- larions de cette année. Nous ne félons que les indiquer, parceque nous se- Ù. tx de ,rons obligés den parler ailleurs. ìmegue.

Pendant que Turenne remporte!t des avantages st signalés en Allema- Campagnegne , fans sengager dans aucun combat éclatant, le Prince de Cond é de Flandres.dormoit inutilement de sanglantes batailles en Flandres. Comme il na-voit pas moins de génie que le Maréchal , il faut attribuer le peu desuccès quil eut aux circonstances peu favorables il se trouvoit & àla capacité du Général quil avoir en tête. Le Prince dOrange comman-dos les Armées combinées de lEmpereur, de lEspagne & de la Hol-lande , & ne méditoit pas moins que la conquête de la Picardie & de laChampagne. Mais il falloit auparavant battre Condé , qui avoit assem-blé une Armée considérable, en tirant les garnisons des Places conquises,quil fit démolir. Le 11 dAoût il se posta proche de Senef ; lennemi en-treprit de le forcer, ce qui donna lieu à une action sanglante ; les Fran-çois sauribuerent lhonncur de !a victoire, mais ni lun ni l'autre Partineuc lieu de sen vanter. Feuquieres , qui aime à relever les fautes ,blâme le Prince dOrange de navoir pas pris assez de précaution dans lepassage du défilé; mais il rend justice, à la prudence & à lintrépiditéavec laquelle il répara fa faute, malgré la maniéré dont un Général tel queCondé lut sen prévaloir. Après que les Alliés se furent retirés dans leurcamp retranché, Condé alla les attaquer, pour contrebalancer semble-t-illa faute que le Prince dOrange avoit faite, & pour la compenser par unevaleur & une présence desprit égales. Les deux Généraux, si nous encroions les François, dans ce mélange de fautes & de grandes actions, si-gnalèrent également leur présence desprit & leur courage, & de tous lescombats quils donnerent ce fut celui ils déploieront le plus tous leurs ta-lons. II y eut près de sept mille morts & cinq mille prisonniers du côtédes François; la perte des ennemis fut égale. Tant de sang inutilementrépandu empêcha iune & f autre Armée dentreprendre rien de considéra-ble. Le Prince dOrange pour faire croire quil avoit eu la victoire assié-gea Oudenarde ; mais le Prince de Condé prouva quil navoit pas perdu labataille, en fêlant aussitôt lever le singe (a).

Après laffaire de Mulhausen, Turenne ne donna pas aux ennemis le Turennetems de respirer. Les rigueurs de lHiver ne purent arrêter le cours de ses poursuit sesopérations. Après avoir remporté divers avantages à la fuite du dernier ^amagei.échec quil avoit donné aux ennemis, il marcha vers Colmar pour leur li- 1 ?vrer bataille. On a appellé cette bataille, la bataille de lurkheim,du nomde cette Place étoit leur droite. Son Armée étoit grossie jufquà trentemille hommes par les renforts quil avoit reçus de Flandres, & celle des

(a) Siécle de Louis XIV. uli Jup, p. m. 210.

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Tome XXXI,