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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 4Ss

cPEspagne demanderent aux Plénipotentiaires de France que la restitution Sbctio»de ces six Places se fît aussitôt après la ratification du Traité ; mais on leur xiy.répondit, que le Roi ne la feroit quaprès quon auroit rendu au Roi L^ufsxj *de Suede ce quon lui avoit pris, cette déclaration retarda la conclusion depuisdu Traité (à). _ , . 1*574 jus-

Charles II. fut irrité du procédé de Louis XIV. II envoya le Che- lavalier Temple à la Haye, avec damples pouvoirs pour signer un Traitéavec la République, par lequel les deux Parties contractantes sengàgeoient Nimegueà obliger la France à la restitution des six villes. Si Charles avoit étéferme dans ses résolutions, le Traité nauroit trouvé aucun obstacle. Maisaprès que M. Temple sent conclu à la satisfaction de toutes les Puistânces,qui cherchoient à réprimer l'ambition & le pouvoir de Louis, Charles ba-lança par un effet de fa timidité & de son inconstance ordinaire. Du CrosAgent de Suede à Londres fut dépêché au Chevalier Temple avec ordrede déclarer aux Plénipotentiaires de Suede au nom du Roi , que sils voû-taient consentir dabord àlévacuation des villes de Flandres, fa MajestéBritannique feroit tous ses efforts, dès que la Paix feroit faite, pour fairerendre tout ce quil avoit perdu au Roi de Suede. Ce procédé de Charlesindiquoit son irrésolution; le Chevalier Temple en eut honte; ìes Etats-Généraux sapperçurent aisément, des intentions de ce Prince, & refusè-rent fermement de signer !e Traité, à moins quon ne fit Ia restitution de-mandée. Louis offrit de restituer Fribourg ou Philipsbourg à lEmpire,.en laissant le choix à lEmpereur. II rétabliffoit dans lEvêché de Stras-bourg & dans leurs Terres les deux freres Furstemberg , que lEmpereuravoit dépouillés, & dont lun étoit en prison. Quant à la Lorraine, iloffroit de rétablir le nouveau Duc Charles V., mais il vouloit rester maîtrede Nanci ik de tous les grands chemins. Ces conditions furent fixées avecla hauteur dun Conquérant ; les Alliés nétoient pas daccord entre eux;ils se blâmoient les uns Jes autres, & chacun se plaignoit quon lui laiffoicle fardeau de la guerre sur les épaules, tous à lexception du courageuxDuc de Lorraine, accepterent les conditions que la France leur offroit ravec peu ou point de changement. Les Ambassadeurs de France parurentinflexibles fur larticle de la restitution des six villes, jusquau dernier jourdu terme fixé & alors ils se désistèrent tout dun coup de leurs préten-tions, comme pour se faire honneur de leur complaisance. Quant auDuc de Lorraine, il aima mieux être un Prince errant dans lEmpire,quun Souverain fans pouvoir & fans honneur dans ses Etats (b).

Pendant le Congrès, le Maréchal de Luxembourg tenoit Mons bloqué, Bataille de& Louis tâchoit de faire traîner le Traité jusquà ce que cette ville fût Saint. De-prise. Pendant que le Maréchal, qui savoir*la paix conclue,, étoit tran-quillement à diner chez lIntendant de lArmée, le Prince dOrange at-taqua brusquement son quartier, ce qui donna lieu à un combat sanglant,.long & opiniâtre, & Guillaume demeura maître du champ de bataille.

Tous les Historiens se recrient sur ce combat, comme dune trahison.. LeTraité, disent -ils, étoit signé depuis quatre jours, le Prince ne lignoroit

iF») Pelijson T. III. p. 271. (L) Siecle de Lcraîs XIV. T. E p. œ 232, 2AK.