HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 4Ss
cPEspagne demanderent aux Plénipotentiaires de France que la restitution Sbctio»de ces six Places se fît aussitôt après la ratification du Traité ; mais on leur xiy.répondit, que le Roi ne la feroit qu’après qu’on auroit rendu au Roi L^ufsxj *de Suede ce qu’on lui avoit pris, cette déclaration retarda la conclusion depuisdu Traité (à). _ , . 1*574 jus-
Charles II. fut irrité du procédé de Louis XIV. II envoya le Che- lavalier Temple à la Haye, avec d’amples pouvoirs pour signer un Traitéavec la République, par lequel les deux Parties contractantes s’engàgeoient ■ Nimegue ‘à obliger la France à la restitution des six villes. Si Charles avoit étéferme dans ses résolutions, le Traité n’auroit trouvé aucun obstacle. Maisaprès que M. Temple sent conclu à la satisfaction de toutes les Puistânces,qui cherchoient à réprimer l'ambition & le pouvoir de Louis, Charles ba-lança par un effet de fa timidité & de son inconstance ordinaire. Du CrosAgent de Suede à Londres fut dépêché au Chevalier Temple avec ordrede déclarer aux Plénipotentiaires de Suede au nom du Roi , que s’ils voû-taient consentir d’abord àl’évacuation des villes de Flandres, fa MajestéBritannique feroit tous ses efforts, dès que la Paix feroit faite, pour fairerendre tout ce qu’il avoit perdu au Roi de Suede. Ce procédé de Charlesindiquoit son irrésolution; le Chevalier Temple en eut honte; ìes Etats-Généraux s’apperçurent aisément, des intentions de ce Prince, & refusè-rent fermement de signer !e Traité, à moins qu’on ne fit Ia restitution de-mandée. Louis offrit de restituer Fribourg ou Philipsbourg à l’Empire,.en laissant le choix à l’Empereur. II rétabliffoit dans l’Evêché de Stras-bourg & dans leurs Terres les deux freres Furstemberg , que l’Empereuravoit dépouillés, & dont l’un étoit en prison. Quant à la Lorraine, iloffroit de rétablir le nouveau Duc Charles V., mais il vouloit rester maîtrede Nanci ik de tous les grands chemins. Ces conditions furent fixées avecla hauteur d’un Conquérant ; les Alliés n’étoient pas d’accord entre eux;ils se blâmoient les uns Jes autres, & chacun se plaignoit qu’on lui laiffoicle fardeau de la guerre sur les épaules, tous à l’exception du courageuxDuc de Lorraine, accepterent les conditions que la France leur offroit ravec peu ou point de changement. Les Ambassadeurs de France parurentinflexibles fur l’article de la restitution des six villes, jusqu’au dernier jourdu terme fixé & alors ils se désistèrent tout d’un coup de leurs préten-tions, comme pour se faire honneur de leur complaisance. Quant auDuc de Lorraine, il aima mieux être un Prince errant dans l’Empire,qu’un Souverain fans pouvoir & fans honneur dans ses Etats (b).
Pendant le Congrès, le Maréchal de Luxembourg tenoit Mons bloqué, Bataille de& Louis tâchoit de faire traîner le Traité jusqu’à ce que cette ville fût Saint. De-prise. Pendant que le Maréchal, qui savoir*la paix conclue,, étoit tran-quillement à diner chez l’Intendant de l’Armée, le Prince d’Orange at-taqua brusquement son quartier, ce qui donna lieu à un combat sanglant,.long & opiniâtre, & Guillaume demeura maître du champ de bataille.
Tous les Historiens se recrient sur ce combat, comme d’une trahison.. LeTraité, disent -ils, étoit signé depuis quatre jours, le Prince ne l’ignoroit
iF») Pelijson T. III. p. 271. (L) Siecle de Lcraîs XIV. T. E p. œ 232, 2AK.