HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 4 <j 3
se retira partout devant le Ge'néral François fans oser tenter le secours des Sectionplus importantes Places de ses Etats. Toute cette campagne fut une Xv Lfuite d’avantages, en forte que Catinat devint presque aussi fameux que Louis xivCondé & Turenne (a). depuis
La face des affaires changea entierement en Flandres à l’arrivée du Ma- 1679 /»/-réchal de Luxembourg, éleve & ami du Prince de Condé , dont il avoit labien des traits dans son caractère, un génie ardent,une exécution prompte
& un coup d’œil juste. Luxembourg avoit toutes les qualités d’un Héros, __L
& il avoit perfectionné ses talens naturels par une application infatigable Le Mari-& par une longue expérience fous les plus habiles Capitaines. II admiroit chai deTurenne , mais imitoit -Condé, & comme lui fembloit être ne Général. Luxtm 'Pour rendre le courage à ses Troupes, & montrer qu’ii étoit digne de lapréférence qu’on lui avoit donnée, il résolut de faire des efforts extraordi /à íf /naires avant que l’Armée des Alliés fût formée. Les divers mouvemens Flandres.qu’il fit donnerent lieu à la bataille de Fleurus, où il remporta une victoiresignalée fur les Alliés, commandés par le Prince de Waldeck. Ce Générals’etoit montré supérieur à d’Humieres la campagne précédente, mais il sucobligé de céder le prix à Luxembourg , qui dût la victoire à la supérioritéde son génie. Les Alliés eurent six mille morts, huit mille prisonniers,onprit deux-cens Etendards ou Drapeaux, le Canon & les bagages. L’In-fanterie Hollandoife acquit une gloire immortelle dans cette occasion; leMaréchal de Luxembourg aiant avoué que fa fermeté & son intrépiditéavoit surpassé celle de l’Infanterie Espagnole à la bataille de Rocroi. LesAlliés réparèrent si promptement la perte faite à Fleurus, que le Prince deWaldeck Te trouva bientôt une Armée plus nombreuse que le Maréchal,qui fut contraint de fe tenir fur la défensive, jufqu’à ce que la rigueurde la saison obligeât les deux Armées d’entrer en quartiers d’Hiver.
11 ne fe passa rien d’important fur le R là Le Dauphin y fit tête à Man del’Electeur de Bavière, & fit échouer tous les projets de ce Prince pour M <upénétrer en France, en fe rendant maître de la Forteresse de Hunningue. Z r ~ la . t ' 8*L’année finit par la perte de l’iíle de Saint-Christophe, dont les Anglois ^* rw J Brfont toujours demeurés depuis en possession, & par la mort de M. deSeignelai, cet habile Secretaire de la Marine; M. de Pontchartrain Con-trolleur général lui succéda. Sur Mer les Escadres du Roi avoient deuxfois battu les Flottes combinées d’Angleterre & de Hollande. En 1689Louis XIV. envoya Chateau-Renaud fur les côtes d’Irlande avec une forteEscadre pour faire une diversion en faveur de Jaques II. Le Roi Guillau-me aiant été instruit de la destination de Château-Renaud, ordonna à, l’A-miral Herbert d’aller avec douze vaisseaux de ligne, s’oppofer aux desseinsde l’Amiral François. Le mauvais tems aiant empêché Herbert de ren-contrer l’ennemi en mer, il fit voile vers la Baye de Bantry, où il trouvaChateau Renaud, qui s’avança d’abord pour le combattre, & par son ha-bile marœuvre fempêcha de gagner le vent. L’action dura deux heures,
& on combattit avec une égale valeur de part & d’autre, mais la fortunefe déclara pour les François. L’Escadre Angloise s’éloigna & fe battit en
(a) Siecle de Louis XIV. 1, c. p. »8z, 2 LS.