Buch 
31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
Seite
467
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE FRANCE. Lit. XXIII.?

efforts en Flandres. A la tête de cent mille hommes il alla investir Namur Sbctioula plus forte Place des Pays-Bas, fortifiée par un nouvel ouvrage de Fin- xvi.vention de Coehorn, qui ie désendoit lui-même. Les travaux furent ne'an. demoins poussés si vivement, que la ville capitula au bout de sept jours de dejnds^ 1 ^'tranchée ouverte, & la garnison se retira dans la citadelle. Le Roi dAn- 167 gjupgletcrre, qui commandoit farinée des Alliés en personne & lElecteur de í uà laBavière, firent tous leurs efforts pour secourir la Place, mais le Maréchal ? aixde Luxembourg, qui couvroit le siégé prit si bien ses mesures, quil les en Ryt ~ wick ~empêcha. Ce fut un beau spectacle de voir à ce siégé,les deux plus grands prisédtIngénieurs de lEurope épuiser tout leur art pour lattaque & Ja défense. Natuur.Vau ban assiégea le Fort Coehorn défendu par Coehorn en personne. 11 yeut diverses sorties & attaques, les assiégés firent des merveilles, mais lafortune des assiegeans lemporta , & la citadelle se rendit à la vue de lAr-mée du Roi Guillaume. Louis sen retourna triomphant à Versailles. Luxem-bourg, après avoir mis une forte garnison dans Namur, détacha M. dePoussiers vers la Boussiere,& fe campa avec le reste de F Armée à Soignies,

Le Roi Guillaume, qui étoit posté â Genappe, résolut de profiter de Bataille dtlapremiere occasion de rétablir la réputation de ses armes. Il.pa/Ià la Senne à-?à-pour empêcher lennemi de camper entre Steenkerque & Enghien, mais 9ut 'Luxembourg toujours actif le prévint. Guillaume lattaqua avec une tellevigueur, quil falioit un grand courage & beaucoup dirnrépidité pour ré-silier. Tout le camp des François fut mis en désordre & en confusion, &fans l'habileté supérieure de Luxembourg tout étoit perdu. 11 avoit ététrompé par un faux avis , & il falioit plus que de l'héroïsme pour enréparer les fuites. Dans le moment critique, Luxembourg oublie quil étoitmalade,change de terrain , rallie les Troupes,les met en bataille & chargetrois fois en personne. II y avoit dans lArmée Françoise le Duc de Char-tres , qui navoít que quinze ans, Louis de Bourbon, petit neveu du grandCon & Armand Prince de Conti, tous Princes du sang & rivaux de ré-putation. Ils se mirent à la tête de la Maison du Roi & dun grand nom-bre de Volontaires de qualité & chargèrent les Anglois avec tant de fu-rie, que ceux-ci furent vaincus. Levénement de la bataille étoit encore .néanmoins douteux, jufquà ce que Boufflers accourût avec des Dragons,

& acheva la victoire. Le Roi Guillaume se retira avec autant dordrequil avoit attaqué, & toujours vaincu, mais toûjours à craindre il tintencore la campagne. Les jeunes Princes, à la valeur desquels on attri-bua cette victoire, fusent reçus en France aux acclamations des peuples,qui bordoient les chemins & sattroupoient autour deux. Les Damesde la Cour portèrent des ornemens nouveaux , quelles appelloient desSteinkerques , & les hommes toûjours portés à imiter les folies du beauíèxe, eurent des cravates, auxquelles on donna le même nom. On comp-te que les Alliés perdirent sept mille hommes , du nombre desquels é-toient le Comte d'Angus, le Général Mackay, le Chevalier Jean Lanier,le Chevalier Robert Douglas, & plusieurs autres Officiers de distinction& c!e mérite. Lavantage que les François eurent leur couta cher aussi;outre trois mille hommes, ils perdirent le Prince de Turenne, le Mar-quis de Bellefonds, Fimarçon , Tilladet & plusieurs autres braves Offi-