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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv; XXIII. *8r

en disant, que son Maître auroit préféré' le Traité de partage au Testa- Sucttoitment, & qu’il n’acceptoit celui-ci que par un désir sincere de maintenir la ^vn.pais de l’Europe. Les Etats-Généraux, aiant fait présenter â Louis un *

Mémoire, par lequel ils témoignoient leur surprise de ce qu’il manquoicau Traité, reçurent les mêmes excuses que le Comte de Manchester. Le 1698 /«/-Roi répondit à leur Mémoire, & répandit fa réponse dans toutes les Cours q*‘à l’mde l’Europe, déclarant qu’il avoit principalement en vue le grand but du I7!0,Traité, qui étoit de prévenir les troubles dont l’Europe pouvoit être affli-gée par la guerre, & que fidele à ce principe, il n’abandonnoit la lettre quepour entrer mieux dans l’esprit du Traité. II est vrai que ces raisons paru-rent à la plupart des Puissances bien recherchées, & qu’on accusa Louisde mauvaise foi & de perfidie ; mais on ne considéra point que le but queLouis se proposoit étoit juste, quoique la voie qu’il suivoic pour y parvenirs’écartât de cette droiture qui doit régler la conduite des particuliers; bienqu’on ne puisse toujours l’admettre dans les cabinets des Princes.

Ce fut alors le tour de Guillaume de dissimuler ; il cacha habilement son Pmpojìressentiment, & se conduisit en apparence avec tant d’indissérence, qu’on í,0 ."' r qu * ;icrut généralement qu’il avoit été du secret. Son but étoit de sonder les Tejette 'dispositions des autres Puissances de l’Europe avant que de s’ouvrir. Quel-que tems après, son Envoyé fut autorisé à traiter avec les Ambassadeurs deFrance & d’Efpagne fur les moyens de maintenir la tranquillité de l’Euro-pe ; Guillaume demandoit que pour rassurer, les Troupes Françoises sortis-sent des Pays-Bas Espagnols, qu’Ostende & Nieupoort fussent remises en-tre les mains de 8. M. B. ; que les sujets de la Grande Bretagne continuas-sent à jouir de tous les privilèges, droits & immunités, dont ils avoíenttoujours été en possession pour leur commerce en Espagne, & qu’on leuraccordât tous ceux dont les François & les autres Nations jouissoient, qu’onrenouvellât tous les Traités entre l’Angleterre & l’Espagne ; qu’aucune par-tie des Etats d’Espagne ne seroit jamais cédée à la France, fous quelqueprétexte que ce fût; & que le Traité formé fur ce plan, seroit garanti partoutes les Puissances alliées des Parties contractantes. Les Etats deman-derent les mêmes conditions, & qu’on leur remit toutes les Places fortesdes Pays-Bas pour villes de fureté. L’Ambassadeur de Louis XIV. fut sisurpris de ces propositions, qu’il dit qu’elles n’auroient pu être plus exor-bitantes, si son Maître eût perdu quatre batailles.

Le Roi fut indigné de la hauteur de ces demandes ; il prévit que ] a Alliancesguerre alloit se rallumer & prit ses mesures. II fit alliance avec le Roi de î“? LouisPortugal, les Ducs de Savoye & de Mantoue, & ce dernier reçut garnison ^Françoise dans fa Capitale. En Allemagne il traita avec les Ducs de Wol-fembuttel & de Saxe-Gotha, & avec l’Evêque de Munster. L’Electeur deSaxe fut aussi fur le point d’entrer dans la même alliance, mais t’état de sesaffaires l’obligea à différer. L’Electeur de Bavière, qui étoit alors Gouver-neur des Pays-Bas, se déclara pour le Duc d’Anjou. On lui fit des con-ditions propres à s’assurer d’un si puissant Allié, enforte qu’il engagea Ì’E-leéteur de Cologne son frere dans le même parti. Ils étoient tous deuxoncles de Philippe* V. & résolurent de soutenir les droits de leur neveu;

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