HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 4!?3
mble & s’exposa aux plus grands dangers, devant un ennemi avec lequel Sectionil avoit des intelligences, auxquelles les Historiens François attribuent la xvii.perte de la bataille (*). Ce fut à fa sollicitation qu’on "attaqua l’ennemi lo^xiudans ses retranchemens, & son opiniâtreté fut cause de la perte qu’on depuis ‘fit de plus de cinq mille hommes. En un mot, ce fut à la froideur <L 169s jus.à la lenteur du Duc de Savoye , que les Historiens François attribuent i u ’ à l ’ anle succès des armes impériales pendant cette campagne, la perte de toutle Mantouan, des villes fur l’Oglio, & la surprise de Cremone, où Vil-leroi fut fait prisonnier. Avec tout cela Louis ne se défîoit pas encoredu Duc. II attribua tous ces succès à l’activité & au génie supérieurdu Prince Eugene, & nomma le Duc de Vendôme, Général d’une gran*de réputation, pour lui tenir tête. II pressa le Duc de Savoye de rem-plir ses engagemens, & découvrit bientôt que les soupçons de Catinatétoient fondés (u).
Le Roi Guillaume étoit l’ennemi déclaré de Louis XIV. II passa en Mort deHollande pour régler les opérations de la campagne , L le nombre de A-à,---Troupes que chacun des Alliés fourniroit. Si chacune des Puissances entre d'^savoit rempli ses engagemens, la grande Alliance auroit été trop puissante toutes jcspour la France, épuisée par- la derniere guerre, & à présent plus accai mesures.hiée que renforcée par le poids d’un corps fans vie tel qu’écoit la Moi I?02 ‘narchie d’Elpagne ; mais l'Angleterre feule remplit les. vues de f alliance& d’auxiîiaire devint partie principale dans la querelle. Avant qu’i! fûttems d'agir Guillaume n etoit plus ; mais la Reine Anne qui lui succéda,résolut ^conformément aux vœux de la nation , de suivre les mesuresqu’il avoit prises. Les transports de joie que la Cour de France eut dela peine à retenir, à la nouvelle de la mort du Roi Guillaume , prou?verent à quel point on le regardait comme un dangereux ennemi. LesPariliens firent des réjouissances publiques , & l’on porta les choses juf-qu’à une telle indécence, que le Cardinal Grimant s’en plaignit au Pa-pe, comme d’une insulte faite à l’Empereur son Maître , qui étoit liéavec Guillaume par les nœuds de l’amitié & de l’ailiance. Louis mit,touc en œuvre pour détacher les Etats-Généraux des Alliés, mats le Com-te de Marlborough , Ambassadeur extraordinaire de la nouvelle -Reine ,leur persuada de rester fermes, & de faire les plus grands efforts, con-certa le plan des opérations, & convint avec les Ministres Impériaux &Hollandois, qu’on déclareroit la guerre à la France , en ,un même jour 3Vienne , à Londres & la Haye (b). .
Louis se trouvoic à la veille de la guerre la plus importante de toute fa Etat de itt
France .
(») Siécle de Louis XIV. T. I, p. Z50. (L) Henauît p. 833.
(*) M» de Voltaire est fort favorable à M. de Catinat. Ce Général fut rélevé parVilleroi, mais il ne quitta pas d’abord l’Armée. Catinat témoigna son étonnement dela résolution d’attaquer le Prince Eugene dans ses retranchemens; le ppste de Chiarin’étoít d’aucpne conséquence,on negagnoit rien en le prenant, & si on le manquoit ondécourageoit les Troupes, on décrédicoit les armes du Roi, & on frayoit le chemin ál'ennemi pour faire de nouvelles conquêtes. L’ordre d’attaquer étant néanmoins exprèsCatinat dit à ses Officiers. Allons donc Mejfieurs, il soja obéir.
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