iU HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
section vie, sans Ministres capables de prendre des mesures, & fans Générauxxvn. a fl- ez h a bii e s pour exécuter. Chamillard, créature de Me de Maintenoniv étoit à la tête des affaires, fans autre talent que la probité, qui n’est peut-d°puis ” être pas la qualité la plus essentielle à un Ministre. • II eut le malheur de se1698 jus- croire la force de supporter le fardeau de Ja direction des Finances & de laqu’à Van guerre, que Colbert & Louvois avoient à peine soutenu ensemble. LeI7I °* Roi étoit vieux, mais comptant fur fa propre expérience, il croioit pou-voir diriger ses Ministres & ses Généraux. Les derniers étoient souventgênés par des ordres précis, comme des Ambassadeurs qui ne dovient pass’écarter de leurs instructions. Louis dirigeoit avec Chamillard dans le ca-binet de Me de Maintenon les opérations de la campagne. On ne pouvoitplus faire d’entreprise, ni saisir les occasions, fans en demander permissionpar un Courier. D’ailleurs Chamillard disposoit des emplois militaires. LesRégimens, qui avoient coutume d’être la récompense de longs services,étoient donnés à de jeunes gens, qui étoient à peine sortis de l'en fan ce,ou au moins on leur permettoit de les acheter. La Discipline militaire sirigidement soutenue par Louvois, tomba dans le relâchement sous Cha-millard. Tous les corps étoient incomplets, & Louis n’avoit souvent que]e nom & la dépense de grandes armées. Tel étoit l’état de la France,lorsque les Alliés déclarèrent la guerre à Louis XIV, que le Duc de Sa-voye l’abandonna, & que le Roi de Portugal renonça à son Alliance Lreconnut l’Archiduc; lors-même que plusieurs des Provinces d’Espagne té-moignoient être peu satisfaites du Gouvernement de la Maison de Bour-bon , & que le Royaume de Naples s’étoit révolté. Ce fut en Italieque Louis reçut les premiers échecs par l’habileté d’Eugene, par les intri-gues faites par jalousie contre Catinat & par la désertion du Duc de 8a-voye. Ses Armées en Allemagne avoient eu de petits revers, il avoit per-du quelques villes,& quelques-uns de ses Alliés avoient été traversés avantque d’avoir pu lui rendre service. Mais ce ne fut que lorsque l’Angleterre& la Hollande déployèrent leurs forces, qu’il s’apperçut du fâcheux reversde fortune qu’il alloit éprouver. Ce ne fut qu’alors qu’il vit ses Arméestous les jours en fuite, ses Alliés ruinés,ses villes prises,la France insultéepar tout, menacée dune invasion,& épuisée, découragée & au désespoir.Campagne Au mois de Juillet le Comte de Marlborough prit le commandement dedsFianires. ]’Armée Alliée en Flandres. II avoit appris fart de la guerre sousTurenne,
17 ° z ’ & fait ses premieres campagnes sous les yeux de ce grand-homme, qui
avoit jugé dès lors qu’il seroit un Héros. II étoit tranquille, patient,pleinde pénétration & constant, il avoit un génie vaste, & une application in-fatigable. Louis lui opposa le Duc de Bourgogne son petit fils, & le Ma-réchal de Boufflers, fur la valeur & l’expérience duquel il comptoir beau-coup. Mais les marches savantes & les campemens du Général Anglois,obligèrent le jeune Prince de se retirer par tout. Dans l’espace d’un moistoute la Gueldre Espagnole fut évacuée, plusieurs villes furent prises , &le Duc de Bourgogne retourna à Versailles pour sauver son honneur. A-près la prise de Venlo, de Ruremonde & d’autres Places, Boufflers con-fondu par la rapidité des conquêtes de Marlborough, se détermina à cou-vrir Liège; mais à l'approche de l'Armée des Confédérés il se retira dans