HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 4 s s
h Brabant, laissant le Comte en liberté de pousser sa pointe. En un mot SectionL iege fut prise, les François furent repoussés fur leurs terres, la gloire de Xvjj.Louis XIV. se vit obscurcie, la réputation de Marlborough s’établit, & Lou’isxívBoufflers perdit beaucoup dans l’esprit de son Maître, qui jugeoit du mé* depuis'rite par le succès, & des actions par l’événement ( a ). i s >98 jus-
En Allemagne, les Alliés prirent Keyscrswaert au mois de Juin, mais q ll ‘à l’anla surprise d’Ulm par l’Ëlecteur de Bavière contrebalança cette perte. 17 lo 'L’Armée Françoise étoit commandée par le Maréchal de Catinat, quiavoit Campagnesous lui le Marquis de Villars & le Comte de Cuissard, qui commandoient d'Jilma-des détachemens. Le Marquis entreprit d’aller attaquer le Prince de Ba-de, passa le Rhin, s'empara de Neubourg, & attaqua le Prince à Frede-lingen. Le combat fut opiniâtre; la victoire s’étoit déja déclarée pourles François, lorsqu’une terreur panique prit à leurs Troupes, & pensacauser leur défaite. Le courage de Villars décida de cette journée, il ral-lia ses Troupes, & assura la victoire, qu’il avoit remportée par fa condui-te. Cette victoire lui valut le bâton de Maréchal, & la confiance du Roi.
Elle obligea aussi l'Armée des Alliés à finir la campagne après avoir prisquelques Places peu considérables; les François de leur côté prirent Treves& Traerbach.
Les intrigues de la France à la Cour de Vienne, firent perdre de vue à Campagnecette Cour les affaires d’Italie. On négligea Je Prince Eugene , qui fut d'Italie.obligé de se tenir sur la défensive. Ses Troupes étoient si diminuées, &on lui fournissoit si peu d’argent, qu’il eut besoin de toute la force de songénie , pour conserver un pié dans un Pays, qu’il avoit conquis Tannée d’au-paravant. On a cru, fur de bonnes autorités, que le Comte de MansfeldPrésident du Conseil de guerre de Vienne, avoit été gagné pour ne pointenvoyer de secours au Prince Eugene ; & il est certain que le grand Visirfut la victime de l’inclination qu’il témoigna d’obliger le Roi de France,en recommençant la guerre en Allemagne. Eugene fut fur le point detriompher de tous les obstacles ; mais un projet bien entendu qu’il avoitformé de surprendre les François à Luzara , échoua par accident. Le vi-gilant Vendôme pensa être pris à l’improviste, & le nouveau Roi d’Eípa-gne être défait à son arrivée en Italie. Le combat se soutint si également,que les deux Partis s’attribuerent la victoire, cependant les fuites semble-rent décider en faveur des François. Luzara & Guastalle se rendirent auRoi Catholique, & Philippe fier de cette conquête retourna triomphanten Espagne (b).
Les événemens fur mer ne furent rien moins que favorables au Roi Ce qui Jetrès Chrétien. Après que l’entrepriíe fur Cadix eut manqué, le Chevalier pajsa JutRook, Amiral Anglois força le port de Vigos, défit M. de Chateau- mer *Renaud, fit échouer huit vaisseaux de guerre, en prit dix avec onze ri-ches Gallions, & revint en Angleterre avec un butin de quatre millionsde pieces de huit, aiant détruit prés du double de la valeur de cette som-me dans six Gabions qui périrent. Dans les Indes Occidentales le braveVice-Amiral Anglois Benbow obligea un vaisseau de cinquante canons d’é-
(-) Mein. de Tore y p. iôy. ( b ) Abrégé Chron, T. XIII. p. 360. Cit. du Trud.
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