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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 40I

eut la gloire de combattre pendant plusieurs heures une Flotte supérieure Sectiohà la sienne, commandée par le Chevalier Rooke , fans être battu. I! *est vrai que le Roi de France ne se fit gueres dhonneur , en publiant LofisXlv.quil avoit remporté la victoire , & en donnant de cette action une Rela- depuisùon, qui prouvoit quil étoit réduit au bas expédient de tromper ses sujets. 169S jus-Avant que de terminer Je récit de ce qui se passa cette année, nous di- l u à i>an

rons un mot de la révolte des Cevennes, pays montueux dans le Midi de 17 tQ '_

la France. Les habitans des Cevennes avoient été protégés fous le mi- Gume dtsnistere de Colbert. II les ménageoit comme des sujets hardis, industrieux Cemmss.ói utiles, dont lenthousiasine ou le Fanatisme ne troubloit point lEtat,pourvu qu'on le laissât se donner lessor, & quon ne le réprimât pointpar des Edits severes, qui gênassent les consciences. II concevoit que laforce des Etats consiste dans le nombre des habitans, & il voioit avec quelconcert une multitude de Sectes différentes concouroient au bien publicen Angleterre & en Hollande, parcequon laissoit à chacun la liberté depenser comme il lui plait. Après la mort de Colbert, le Clergé, la Courde Rome, le Chancelier le Tellier «St Louvois son fils, tous deux enne-mis de ce grand & fidele Ministre, animoient continuellement le Roicontre les Réformés. En conséquence, on attenta peu à peu à leursprivilèges, < 5 t Louis les regardoit comme une troupe de rebelles qui se-volteroient à la premiere occasion, & nétoient retenus dans le devoirque par la crainte. Basville Intendant du Languedoc & Broglio quicommandoit les troupes dans cette Province, animés par Louvois, lestraitèrent de la façon la plus cruelle. On leur défendit lexercice publicde leur religion, «St ils se sauvèrent dans les bois pour y faire leurs dé-votions. Leurs persécuteurs postèrent des troupes en de certains en-droits, avec ordre de faire feu fur toutes les petites assemblées, quilstrouveroient occupées à faire le service divin , de brûler, de piller «Stde ruiner les maisons de tous ceux dont ils ne pourroient se saisir. LesCevennes furent bientôt dévastées, & les Cevennois au désespoir, K leurzele fut enflammé à proportion de linhumanité avec laquelle on les persé-cutoit. LAbbé du Chaila, Inspecteur des Missions, tenoit en. prison ungrand nombre de Réformés, quil traitoit de la façon la plus cruelle. Espritdit Seguier, un des Prédicans résolut den tirer vengeance. Il marche àla tête de soixante hommes à la maison de iAbbé, & demande les prison-niers, lAbbé les refuse & fait tirer sur la Troupe; deux hommes furenttués ; ils forcerent alors la maison, délivrèrent les prisonniers, se saisirentde lAbbé, lui donnerent une heure pour se préparer à la mort, «St le tuè-rent ensuite. LIntendant tâcha de punir les auteurs de cette action, maisils se mirent en défense, parcoururent les bourgs «St les villages lépée à lamain, en criant liberté, «St leur nombre grossit de jour en jour. ils de-vinrent à la fin si redoutables, quils attirèrent les yeux de la Cour. Usfurent souvent défaits, mais jamais domptés. On envoya contre eux lesmeilleurs Généraux de France fans succès. Le Maréchal de Villars fut obli- de traiter avec Cavalier, qui avoit été garçon boulanger , il fallut luidonner des ôtages; Louis lui accorda un brévet de Colonel, «St le vit à

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