4po HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.
Section que faute capitale. Telle fut la célébré bataille de Blenheim ou de Hoch*XVII. ftet, par laquelle l’Empire fut délivré & la France plongée dans la der-Lmiisxtv àre consternation. Accoutumée à un cours rapide de victoires, ladepuis 1 ' Cour tomba dans le plus grand découragement à la nouvelle de cette dis-jóy 8 jus- grâce st signalée. Personne n’osoit apprendre au Roi une vérité fi cruel-çu’à Van il fallut que Me. de Maintenon se chargeât de lui dire qu’il n'é-V ia toit plus invincible. II soutint ce revers avec une fermeté , qui faitplus d’honneur à fa grandeur d’ame, qu’une victoire remportée par favaleur personnelle. II résolut de rétablir ses affaires par les plus vigou-reux efforts. II envoya ordre au Maréchal de Villeroi de marcher au se-cours de Landau ; mais il trouva Eugene & Marlborough postés si avanta-geusement , qu’il fut obligé de se retirer fans en venir à une action. Lan-dau capitula, & Traerbach fut emporté peu après; mais Louis fut plusredevable de son salut à la jalousie du Prince de Bade, qu'à tous fes efforts.On a cru même qu’il étoit pensionnaire du Roi, car rien de plus contraireà fa capacité reconnue, que son opiniâtreté à s’oppofer aux mesures lesplus avantageuses, pour suivre les plus mauvaises. On à blâmé avec raisoncomme une démarche très - peu judicieuse d’avoir perdu du tems à assiégerdes villes, lorsque l’ennemi étoit dans la derniere consternation ; cepen-dant Eugene & Marlborough furent contraints de plier fous l’obstinationinvincible, du Prince de Bade (a).
Succès du Les disgrâces de Louis XIV. en Allemagne furent en quelque façonRoi 02 7 ta. corn p en sées par la conduite active & prudente du Duc de Vendôme, quil p & m réduisit le Duc de Savoye à de grandes extrémités. 11 lui fit quitter la° ru ga- campagne, le força de s’enfermer dans Chivas, & d’y être spectateur dela prise de ses villes, & de la ruine de son Pays. Verceil, Yvrée, Verrue& d’autres Forteresses furent soumises. En un mot presque tous les Etatsdu Duc, à la réserve de quelque peu de villes furent conquis avant la finde la campagne. Philippe V. ne fut pas moins heureux en Espagne & enPortugal. Le Duc de Berwik son Général entra en Portugal, surprit 8 e-gura, réduisit Cerebras fans beaucoup de peine, Zebredo fe rendit à lapremiere sommation & il emporta llhana la Viella d’affaut. Deux ba-taillons Hollandois furent enveloppés & fait prisonniers à Sobriera For-xnofa. Philippe assiégea Portalegre en personne ; un Régiment Angloiscommandé par le Colonel Stanhope y fut fait prisonnier ; Castel - Davideut le même sort que Portalegre. Ces avantages ne laissèrent pas d’êtrecontrebalancés par des pertes. Le Marquis das Minas étant entré en Cas-tille à la tête de quinze mille hommes, prit Fuente Grimai d o d’affaut,à défit un corps de François & d’Efpagnols commandé par Don Ron-quillo; il se rendit aussi maître de Monte Santo. Le Roi Charles & leRoi de Portugal fe rendirent au camp du Comte de Galhvay à Almeida,dans le dessein d’entrer en Castille avec l’Armée, mais trouvant l’Aguedabien gardé par le Duc deBerwick, & l’hiver approchant, ils s’en retour-nèrent & mirent les Troupes en quartiers d’hiver. La France A l’Espa-gne eurent le malheur de perdre sur la Méditerranée Gibraltar qui paíToicpour imprenable. Mais le Comte de Toulouse, grand Amiral de France,
(a) Qiíncy HiL Milit. p. 19;, Siecle de Louis XIV. T. I. p. 375.