HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 493
coup d’honneur , en empêchant les nombreuses Armées de l’Empereur Sectionde remporter aucun avantage considérable, ou de faire quelque grande Xvn.entreprise durant toute la campagne. Les Historiens François exaltent *fort ses expions, & les Anglois les rabaissent ou les passent fous silence'd une maniéré également injuste pour son vrai mérite. Cette campagne 1698 jus.est certainement digne d’ëloge , mais elle n’égale pas pour cela Villars ï u ’ à l ’ anà Turenne, Condé, Luxembourg, Eugene & Marlborough 17 i0 '
Ce qui se passa en Italie fournit bétonnantes preuves dé la fermeté B ~^~du Duc de Savoye & de fa constance a demeurer attaché aux Alliés, mal- à à-,gre fa legereté naturelle, & le triste état de son Pays. Le Duc de Ven- ç°û « à-dôme poussa si vigoureusement le Prince Eugene, que cela donna lieu à tk -la bataille indécise de Cassano ; on chanta de part & d’autre le Te Deummais dans le fond ce combat ne servit qu’à faire périr bien du monde. M.’de la Feuillade ne laissa pas de prendre Chivas & Nice , qui se défendirentcourageusement. Coni & Turin étoient les deux seules Places qui restoientau Duc ; son Armée étoit réduite à douze mille hommes, qu’il avoit de lapeine à entretenir; fa Capitale étoit menacée d’un-siégé, la Duchesse J eClergé & ses Sujets en général le sollicitoient de faire son accommode-ment aux meilleures conditions qu’il pourroit; il résista à leurs imporcuni-tés,exclut les Ecclésiastiques de ses Conseils,resta fidele à ses engagemens,inébranlable au milieu de l’adversité, & ferme sous le poids des plus gran-des disgrâces.
La campagne sor les frontières d Espagne commença a l’avantage des Burctionideux Rois, mais finit à celui des Alliés. Rien ne put résister à l’impé- prise partueuse intrépidité du Comte de Peterborough, qui fit le siégé de Barcelone /es AMi 'avec une Armée fort peu supérieure à la garnison de la ville, & S ’enrendit maître par son activité & son courage. La prise de Barcelone futsuivie de la soumission de toute la Catalogne au Roi Charles, & une desplus belles Provinces fut enlevée à Philippe V. d’un seul coup. Avantcet événement, qui produisit un changement total en faveur des Alliés, leMaréchal de 1 esse avoit ete oblige de lever le siégé de Gibraltar, après avoirperdu bien du tems devant cette Place. Le Marquis das Minas, Généraldes Portugais, prit Salvaterra, Valencia d’Alcantara & Albuquerque. LeComte d’Asfelt s’attribua à juste titre la victoire, dans la sanglante actionde St. Este van de Litera ;& Louis XiV. fut si heureux fur mer, que toutela Flotte'Angloise de la Mer Baltique avec trois vaisseaux de guerre quilui seryoient de convoi furent .amenés dans le port de Dunquerque. c eChevalier de St. Paul, le meilleur Officier de Mer de France perdit la viedans le combat. Le Roi le regretta si fort, que quand il apprit la nouvellede cette action, il dit en soupirant;,, Je souhaiterois que lés vaisseaux„ fussent dans les ports d’Anglecerre, pourvu que le Chevalier de St Paul,, fût en vie”.
Les succès des Alliés en Espagne déterminèrent le Roi à agir vigoureu- Bataille desèment fur le Rhin & en Flandres. II tâcha de mettre ses Généraux en Bamìiiies.état d’agir offensivement; Villars de pousser les avantages qu’il avoit eus l706 ’Tannée précédente sor ie Prince de Bade, & VilIer.oi d’arrêter la rapi-dité des conquêtes de Marlborough. Quelques Historiens disent, que
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