SectionXVII,Rtgnt deLouisXIV.depuis1698 jusqu'à l’un1 710.
CampagneàeFíandres ,Jur le Rhinb enlíalie.
CV qui sepajja enEspagne ;Jiucès duDuc deVtndime.
504. HISTOIRE DE FRANCE. Lit. XXIII.
solument que le Roi déclarât la guerre à son petit-fils. Le Roi, aprèsavoir tenté plusieurs autres expédier», rompit les conférences, rappellases Ambassadeurs, & résolut de courir encore les risques d’une campagne.II se flatoit que quelque heureux incident à la guerre, & la révolution quise préparoit dans le Ministère Anglois , lui procureroient des conditionsplus raisonnables, ou au moins qui le deshonoreroient moins, qu’une ac-tion aussi dénaturée que celle de faire la guerre à son petit - fils. On pritdes mesures pour la campagne, à toute la France épousa avec feu les gé-néreux scntimens du Roi. Le peuple, fans jamais murmurer contreJ’ambition, qui avoit réduit la nation dans le plus déplorable état, impu-toit tous ses malheurs à l’insolence & à i’orgueil des Alliés. On n’en-tendoit ni plainte ni murmure contre le Souverain au milieu de la plusextrême misere. Au contraire tous ses sujets accoururent sous íès ensei-gnes, & combattirent avec beaucoup de courage, dissection & de per-sévérance. Ils donnerent le dixieme denier dé tout ce hu'ils avoientpour les fraix de la guerre. Tant de fidélité & de zele n’auroit pu néan-moins sauver le Royaume, si une Compagnie de Marchands, n’avoit en-voyé plusieurs fois avec la permission du Roi Catholique, des vaisseaux à laMer du Sud, d’où ils apportèrent d’immenses richesses (a).
Le Maréchal de Villars assembla une belle Armée. Son premier desseinétoit de couvrir Douai, & ensuite, voiant que les Alliés l’assiegeoientdéja, de risquer une bataille pour secourir la Place; mais leur position nelui permit pas de suivre ce projet., Douai se rendit, & cette prise futsuivie de celles de quelques autres villes; après quoi les Armées entrerenten quartiers d’hiver. De part & d’autre on demeura dans l’inaction fur leRhin & en Italie, le Duc de Berwick aiant élevé des retranchemens, quiempecherent le Comte de Thaun de pénétrer en Dauphiné, comme ilen avoit le dessein.
L’Efpagne seuie fut féconde en e'vénemens. Le commencement de Tan-née avoit été fort malheureux pour Philippe V. II avoit perdu la bataillede Saragosse, & été force de se retirer avec les débris de son Armée d’a-bord à Madrid & de là à Valladolid. Mais l’arrivée du Duc de Vendômerétablit bientôt les affaires & changea la fortune de la guerre. Toute l’Es-•pagne demanda ce General, & Philippe qui avoit une haute idée de sa ca-pacité, le croioit seul en état d’arréter les rapides progrès de Staremberg.Vendôme avoit acquis beaucoup de réputation en Italie, & la malheureusecampagne de Lille n’en avoit en aucune façon obscurci l’éclat aux yeux de*Espagnols. Sa popularité, fa libéralité qui alloìt jusqu’à la profusion, sa
fran-
(a) Henauk p. 863.
Lamherti T. VI. Je mécontenterai de démentir le dernier trait parle témoignage mêmedes Ambassadeurs Françoisdans une Lettre du 10 de Mai 1710 à M. Petkum Résidentde Holílein. „ Puiíque ces Messieurs ont jugé à.propos de rompre la Négociation,,, nous allons nous disposer à partir , & nous vous prions de remercier MM. Buys &„ van der Dussen de leurs honnêtetés. Nous en conserverons toujours le souvenir„ avec reconnoissance, Ayez la bonté de leur en faire auH beaucoup de notre pan".Voilà qui est clair & net. Rem, c u Irau.