HISTOIRE DE FRANCE. Uv. XXIII. 503
avec peu ou point d’avantage. Les François s’étoient battus avec un cou- Sectionrage opiniâtre qui tenoit du désespoir, & firent Jeur retraite du côté de xvii,Valenciennes fous la conduite du Maréchal de Boufflers en si bon ordre, ^ ntqu’ils ne furent point poursuivis. Les Alliés eurent vingt mille hommestués ou blessés, & la perte des François ne monta gueres qu’à huit mille. 1698 jus-En un mot les Alliés remporterent une victoire si sanglante & qui leur?^ fancoma si cher, qu’une autre pareille leur auroit été fatale, (^uand l'Ar- r?m.
ruée Françoise fe retira à Valenciennes, celle des Alliés assiégea Mons,-“
qui s’étant rendu au mois dVctobre, les Armées entrerent en quartiersd’hiver (a).
Les armes de Louis XIV. surent plus heureuses fur le Rhin. Le Génc- C# qui Jeral Merci ayant dessein d’entrer dans la Franche-Comté, le Comte du Bourg le
]e prévint, l’attaqua, le battit à l’obligea de repaíïèr le Rhin avec per-te de deux mille hommes. En Italie, le Duc de Berwick fit échouer en EspJgnt.tous les desseins du Général de l’fimpereur ; les Camisards furent entiere-ment défaits dans les Cevennes, & la face des affaires étoit en général as-sez favorable en Espagne, le Marquis de Bai défit les Anglois & les Portu-gais dans la plaine de Gudina, & le Chevalier d’Asfeìd prit après un longsiégé le Château d’Alicante.
Quoiqu’à tout prendre la campagne eût été plus heureuse, que Louis Conférencesn’avoit sujet de l’efpérer; la paix devenoit de jour en jour plus nécessaire. de Getrtru-Les finances étoient si totalement épuisées & le Royaume si misérable, que dember s-le Roi résolut de passer par dessus tout & de sacrifier même les intérêts de 17 T’son petit-fils pour procurer les douceurs de la paix à ses peuples. II de-manda des passeports pour envoyer ses Ministres en Hollande. On les ac-corda, & le Maréchal d’Uxelles & l’Abbé de Polignac, un des plus beauxesprits de son siede, furent envoyés pour porter les supplications de LouisXIV. à Geertrudemberg, qu’on avoit choisie pour tenir les Conféren-ces. Le Marquis de Torci tenta de nouveau de corrompre Marlborough,.
& lui offrit jusqu’à quatre millions de livres pour qu’jl s’employât à faire -accepter des conditions, que le Roi auroit rejettées quatre ans auparavantavec mépris. Louis offroit d abandonner son petit-fils; & même de payeraux Alliés un subside pour aider à chaslèr Philippe d’Espagne, s’il refuibit.d’évacuer la Monarchie dans l’espace de deux mois à PArchiduc Charles,.
Les Plénipotentiaires de France furent exposés à toutes sortes d’affronts àGeertrudemberg ; il paraissait tous les jours des libelles outrageans, fiz.étoient mal logés & les députés des Etats leur parloient du ton, qu’on de-voir attendre de Bourgeois insolens , admis à l’honneur de traiter d’égalà égal avec les Ambasladeurs d’un grand Roi (*).- Les Alliés vouloient ab-
00 Siede de Lcuis XIV. I. c. p. 4.22.423, Abrégé Chronol. T. XIII. p, 415,41g;
(*) Nouveau trait de la partialité révoltante des Auteurs Anglois contre les Hòl/an-dois. Ceux., ci ne fesoieut rien que de concert avec leurs Alliés; „ Les Députés dit'„ M. de Voltaire, venoient entendre leurs offres (des Ministres de France) L les ra p-portoient à la Haye au Prince Eugene, au Duc de Marlboroug, au Comte de Lin-zendorf Ambassadeur de l’Kinpereur& ces offres étoient toujours reçues avec mé - »gris”. Pour: juger sainement de toute cette négociation,, on fera.: bien- de consulte»*