5 oS HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Síction d’expliquer publiquement leurs sentimens, & l’autre d’oblíger le grandXVIH. l'réforier de rendre compte de son administration. La Reine étoit instruiteJ es débats qu’il y avoit eu fur le sujet de Sacheverell dans lê Parlement ;pafflen tJ elle n’ignoroit pas les violentes déclamations des Whigs contre l’obéissancel'année passive ; & c’étoit assez pour Harley de lui rappeller le souvenir de ce quiÎ7H- avoit excité son indignation. II difoit, qu’il n’y avoit que ['appréhensiond’un examen approfondi de la conduite des affaires qui eût pu exciter unesi violente persécution contre un misérable Prêtre insolent & ignorant, &contre des discours, qui auroient été aussitôt oubliés que prononcés, s’ilsn’avoient designé directement Godolphin & ['administration des Finances.Les procédures folemnelles contre Sacheverell, & la violence extraordinai-re de ceux qui le pourfuivoient, donnoient du poids & de la vraisemblanceà ces insinuations de Harley. La Reine jugea qu’il étoit tems de changer]e Ministère, & de suivre les conseils de Harley pour les changetnensqu’elles’imagina que ía dignité & le maintien de son autorité rendoient nécessai-res. Ce fut-là ce qui fit ôter la Trésorerie à. Mylord Godolphin, ce quiengagea Harley à la faire mettre en commission, niant par là lui - même ladisposition des Finances, ce qui fit que la disgrâce de Sommers Présidentdu Conseil suivit celle du Grand Trésorier, & que M. de Saint-Jean futnommé Secretaire d’Etat ; en un mot, que Marlborough resta seul de sonParti en place. II étoit dangereux de rien entreprendre contre un Sei-gneur, qui avoit toute la confiance des Alliés, & il n’étoit pas moins dan-gereux pour la fureté des Torys, de le mettre encore à la tête de l’Armée.Les Hollandois prirent d’abord l’allarme , ne doutant pas que le change-ment de Ministère n’en produisit dans les affaires, & n’entrainât la disgrâ-ce de Marlborough. Les nouveaux Ministres, pour dissiper leurs appré-hensions publièrent, qu’ils demeureroient plus fermement attachés que lesprécédens aux intérêts des Alliés de Ja Grande Bretagne, & la Reine char-gea son Ambassadeur à la Haye d’assurer les Etats, que malgré le change-ment qu’elle avoit fait parmi ses Ministres, elle conservent inviolablementles mêmes sentimens pour la cause commune, & avoit toujours la mêmeconfiance en la capacité de Marlborough. Le Ministère se hazarda néan-moins à limiter son autorité, mais de façon qu’il scmbloit craindre. LeDuc fut piqué de ce procédé ; mais il dissimula dans l’espérance de s’envenger.
Zi Minis- Aussitôt que les nouveaux Ministres se virent affermis , ils témoigne-í rî«imí teM Lur inclination pour la Paix, principalement pour perdre le DucGaultier «2 Marlborough & le Parti Wliig. Ce fut alors qu’on entama, une
Francs, efpece de négociation secrete entre les Cours de Versailles & de Lon-dres par le moyen de f Abbé Gaultier. C’étoit un François qui s’étoitintroduit dans la Maison de Mylord Jersey, Ambassadeur en France aprèsla Paix de Ryswick, & que le Maréchal Tallard avoit laissé en Angleterrelors de la derniere rupture entre les deux Couronnes. Le Maréchal, s’i-maginant que cet Ecclésiastique pourroit avoir occasion de donner des avisutiles, le chargea de rester à Londres, d’obscrver soigneusement tout cequi se passeroit, & de mander avec toute la précaution possible ce quipourroit être utile à fa patrie. Gaultier exécuta fa commission ponctuelle-
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