HISTOIRE DE FRANCE. Liv, XXIII. Se>9
ment, & sans donner le moindre soupçon. Mylord Jersey íe proposa aux Sjsotiownouveaux Ministres, comme un sujet propre à envoyer à la Cour de Fran- xvni.ce, avec le premier avis de leurs dispositions pacifiques, Gaultier Çq Histoire^ derendit à Versailles, y communiqua la commission dont il étoit chargé,mais qui n’étoit que verbale. II rendit un compte exact du Ministère faméeAnglois, & de fêtât des affaires. II demanda une Lettre pour Mylord i?»r-Jersey, qui ne contenoit que des complimens généraux pour ce Sei- ————gneur, à la faveur de laquelle il entreprit d’ouvrir les voies à une né-gociation. II obtint la Lettre & revint à Londres; il récrivit, que lesMinistres Anglois, voiant que la Reine avoit de la répugnance à renou-velles les négociations par le canal de la Hollande, ils souhaitoient que l’onvoulut communiquer des propositions pour la paix générale, qu’ils envoie-roient en Hollande, leur intention étant de traiter de concert avec leursAlliés. La Reine demandoit des villes de fureté aux Indes Occidentalespour y assurer le commerce ; Gibraltar, la Corogne & Minorque pourcouvrir celui de la Méditerranée. C’étoienc les avantages qu’on exigeoitpour la Grande Bretagne, mais fur lesquels il falloit consulter la Cour d’Es-pagne. Philippe ne fit pas difficulté de céder des Places peu considérablesen comparaison de la fureté de sa Couronne, & dont les garnisons coûte-roient plus à l'Angleterre, qu’elle ne tireroit des avantages qu’elles produi-r oient par rapport au commerce.
Comme l’article des villes de fureté e'toit délicat, & que la Cour deMadrid y étoit fort intéressée , Louis XIV. garda le silence là «dessus,jusqu’à ce qu’il fût parfaitement instruit des sentimens de son petit-fils;mais on permit à Gaultier d'assurer les Ministres de la Reine, que 8. M.
T. C. se serviroit de tout son crédit auprès de Philippe, pour que rien nemit obstacle à la paix, si nécessaire à f Espagne, à la France & à l’An- ,glererre, & meme à toute l’Europe.
Cependant, les Hollandais, sachant qu’il n’étoit pas de l’intérêt de laRépublique, ni que f Angleterre fit une paix séparée, ni qu’aucune autrePuissance fût maîtresse'des moyens de parvenir à une Pacification générale,firent lavoir sous main à la Cour de France, que si le Roi vouloit renouerles négociations en Hollande, les Etats s’y prèteroient avec plaisir. C’estainsi que les d .ux Puissances qui s’étoient le plus opposées á des conditionsd’accommodement raisonnables, qui avoient poussé la guerre le plus vigou-reusement, & qui étoient íes plus grands ennemis de la France, se dispu-tèrent l’honneur du grand ouvrage de la Paix,& s’envioient l’une à l'autrela gloire de ramener à une heureuse fin. Le Ministère Angloil demandaque Louis n’écoutât aucunes propositions de la part des Etats, qui p 0ur _roient ramener les négociations en Hollande, & le Roi y acquiesça j de-sorte que les Etats furent obligés de s’adresser à la. Grande-Bretagne pourdemander qu’on les consultât fur !e projet d’une Paix générale.
Pendant ces préliminaires de négociation, le teins d’entrer en actionap- Mon deprochoit. Marlborough étoit encore à la tête de l’Armée des Alliés. Les l’E™pe-Ministres Torys ne se crurent pas encore assez affermis, ou assez avancés reur ‘dans leurs négociations, pour risquer de déplacer un Général, qui avoit toute laconfiance de l’Empire ëc de la Hollande. On le laissa donc partir Marlborough
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