HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 5I3
torze riches prises à Dunquerque. L’entreprife fur une escorte Angloise à SectionV ado ne fut pas moins glorieuse, mais moins heureuse. M. Laigle allaavec quatre Frégates attaquer trois vaisseaux de guerre Anglois, qui se- cgsoient partie d’une escadre destinée à escorter un convoi pour Barcelone. p n jjé en tJLe combat fut vif, & les Anglois étoient fur Je point de se rendre, lorsque l'annétdix autres vaisseaux parurent, qui obligèrent le commandant François d’a-bandonner son entreprise. Un de ses vaisseaux, commandé par le Sieur '
de Marquisan fut poursuivi jusqu’au Golphe de la Spécia par íix vais-seaux , dont un qui étoit de soixante - quatre canons le joignit, on fitgrand feu de part & d’autre, & les vaisseaux furent si désemparés qu’ilsse séparèrent. Deux galères du Roi prirent dans les mers de Corse unvaisseau Hollandois monté de trente-six canons (a).
La face des affaires dans l’Amérique Méridionale & Septentrionale étoit Expéditionen général favorable ; une Flotte Angloise, sous la conduite de l'Amiral de Rio-Ja-Walker aiant échoué dans son expédition contre Quebec, & le Sieur Du neiro *Gué-Trouin aiant été plus heureux qu’om ne pouvoic s’y attendre dans cellequ’il entreprit contre Rio-Janeiro au Brésil. Du Gué Trouin commandoitune Escadre de sept vaisseaux de ligne , de six frégates de trente à qua-rante canons, d’une galiote à bombes, avec deux mille cinq-cens soldatsde débarquement. 11 arriva dans la Baie de Rio-Janeiro le 21 de Sep-tembre , Ck fit les dispositions nécessaires pour débarquer. La ville bâtiele long de la Baie, étoit bien fortifiée & au milieu de trois hautes mon-tagnes garnies de Forts & de batteries. Tous les endroits fur la radepropres à faire descente étoient défendus par des retranchemens & desbatteries, que le Gouverneur Portugais avoit fait faire, aiant été avertidepuis quinze jours qu’il devoit être attaqué. Les Auteurs François di-sent, que le Gouverneur avoit treize mille hommes, nombre qui paroitfort exaggéré (*). Nonobstant le feu continuel des Forts & des autresbatteries, l’Eseadre guidée par le Chevalier de Courserac sur le Magna-nime força l’entrée du port, défendue par une prodigieuse artillerie,&par quatre vaisseaux de guerre que commandoit Gaspard da Colla, Gé-néral de la Flotte Portugaise. Les quatre vaisseaux Portugais allerents’échouer & fe brûlèrent, & le lendemain le Sieur Gouyon avec cinq-cens soldats d’élite chassa l’ennemi de Fisse des Chevres & s’en empara.
Le jour suivant les troupes firent descente , s’emparerent de deux hau-teurs & campèrent devant la ville. Pendant qu’on travailla à dresserles batteries, il y eut de part & d'autre plusieurs actions, où les Por-tugais eurent le dessous. Les batteries étant achevées , elles firent unfeu si violent, que pendant la nuit les ennemis abandonnèrent la ville,
& fe retirerent dans les montagnes avec leurs meilleurs effets. Du GuéTrouin fit dire au Gouverneur que s’il ne rachetoit promptement la ville,il alloit la réduire en cendres, parcequ’il n’y avoit pas moyen de conserver
(a) Daniel Journ. Hist. de Louis XIV. p. m 321, §22.
f (») M. Du Gué Trouin l’aíTure cependant, voy. ses Mémoires, p. 238. Edit d’Atnst.de I73°-R ejw - du Trad.
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