5Ï2 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIH.
Section purent l’empêcher. Le Duc de Marlboroug avoit déploie tous ses taîensxvm. au siégé de cette Place, il forma des lignes, éleva des Forts, dressa desHistoire de batteries, fit construire une digue à travers un marais profond, & poussaîa/fTe» ‘ es approches avec tant de rapidité, que vingt jours après l’ouverture deVomie la tranchée, la garnison, au nombre de quatre mille hommes, fut obligée1711. de fe rendre prisonnière de 'guerre. Les Historiens François prétendent à
-la vérité, que la maniéré dont Bouchain fut pris ne fait pas honneur à
jViarîborough. Suivant eux, la garnison aiant demandé à capituler, on lerefusa & exigea qu’elle se rendit prisonnière de guerre. Les François nevoulurent pas entendre à cette condition & recommencèrent à tirer. Lesaísiegcans leur promirent à minuit de les laisser sortir en liberté, & surcette assurance on leur livra un côté d’une porte,- mais lorsqu'iis en furentles maîtres, ils forcerent la barrière & s’emparèrent de la Place. Sans en-treprendre de concilier des récits si opposés, auxquels les préjugés natio-naux semblent avoir beaucoup de part, nous remarquerons seulement quela conquête de Bouchain fut lq dernier exploit du grand Duc de Marl-borough, dont s éloignement dissipa le nuage qui jusques-là avoit obscurcila gloire de Villars. Les Armées commencerent à lè séparer, mais avantque de mettre ses Troupes en quartiers d’hiver, le Maréchal de Villarsruina la communication par eau entre Lille, Douai & Tournai. Cette en-treprise fut exécutée par le Maréchal de Montesquieu.
Campagne II ne se passa rien d’important en Allemagne après la mort de l’Etnpe-d’Mema- reur> Les Armées ne firent que «'observer & chercher des camps commo-d’Fs Ue à pour leur subsistance. L’élection d’un nouvel Empereur atciroit l’atten-™ a ~ tion de toute l’Europe, & le 12 d’Octobre l'Archiduc Charles fut élu, nonob-stant les protestations des Electeurs de Cologne & de Bavière, <Sc il ne fut re-connu ni par la France, ni par i’Efpagne. En Italie, le Duc de Savoye aiantpassé le Mont Cenis, un détachement de son Armée attaqua quelques Ré-gimens François, qui se retírerenc à i’Armée, qui écoit campée près deMontmelian. Le Duc de Berwick qui la commandait, rompit durant lereste de la campagne tous les projets du Duc, qui ne put que reprendre ieChâteau de Miolans, où il n’y avoit que cinquante hommes de garnison.L’Espagne n’offre pas des événemens plus importans. L’armée du Duc deVendôme écoit en fort mauvais état, malgré ses succès rapides pendant lacampagne précédente. A la fin, il risqua néanmoins d’attaquer le GénéralStaremberg, qui s’étoit avancé au défilé de Prato de Rey. L’ennemi dis-puta ce poste fort opiniâtrement, & à la fin l’abandonna. Le Duc fit en-suite un gros détachement, qui alla assiéger le Château d’Ardena ; il fe dé-fendit vigoureusement, Ôi fut enfin secouru par le Général de l’Empereur,après une action fort sanglante il défit les aísiegeans, qui perdirent deuxmille hommes avec tout leur bagage, leurs munitions & leur artillerie.
Le Roi de France fut plus heureux sor Mer, malgré le mauvais état de faMâtine. Le Sieur Saus étant parti de Calais avec trois vaisseaux de guerre& trois Armateurs, au mois de Janvier, rencontra une Flotte de vais-seaux marchands Anglois, qui venoient de la Virginie, escortés par deuxvaisseaux de guerre. Saus donna la chasse à ces derniers, deux vaisseauxmarchands allerent échouer à k côte d’Angleterre, & Saus emmena qua-torze
gne.
Jffalrssmaritimes.