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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII. stslaquelle on avoir répandu tant de sang. On stipula que lon garderoic Sscttosinviolablement le secret, jusquà ce quil fût permis de le rompre duí, v . Ilr -consentement mutuel des deux Parties. Ces propositions étoient ne'an-moins telles, quil étoic impoílìble au Roi de les accepter, fans avan -pajsé.en 6tager le commerce dAngleterre aux dépens de celui de la France & lannéeme me de celui de toute lFurope, & de les rejetter absolument cétoit 1711-rompre tout dun coup la négociation. Dans cette alternative LouisXIV. fut obligé de temporiser; & la nécessité de ses affaires ly avoirdéja tout accoutûmé.

Persuadé quune négociation, les parties ont envie de saccommo- M. Mena-der dissipe une multitude de difficultés, & que les pouvoirs donnés àg erv * áceux qui en étoient chargés étoient trop bornés pour en venir à une Londres.conclusion, Louis XIV. prit la résolution de négocier à Londres même.

11 jetta les yeux pour cette importante commission fur M. Ménager dé-puté de la ville de Rouen au Conseil de commerce, homme intelligent,habile & prudent. Ménager partit dabord pour lÁngleterre avec ren-voyé Anglois, aiant plein-pouvoir de regler les préliminaires du Traité.

Comme la cession de lisle de Terre-Neuve & de la Laie de Hudsoriétoit un article de la derniere conséquence pour la Marine & le com-merce de France, Ménager avoir ordre duser du plein-pouvoir du Roiavec ménagement, de céder Plaisance & Terre-Neuve sous de certainesconditions, si cela étoit absolument nécessaire pour le grand objet, le réta-blissement de la Paix. Aussitôt que le Ministre François fut arrivé áLondres, il entra en conférence avec le Duc de Shre-wsbury, les Comtesde Dartmouth, dOxford & M. de Saint-Jean. Après bien des disputes& débats, dans lesquels Ménager se comporta fort adroitement, on signacertains Préliminaires ; après quoi le Ministre François fut présenté en par-ticulier à la Reine à Windsor. Cela se fit en vertu dun ordre quil avoir,de rendre ses devoirs à cette Princesse, si la bienséance le requérois. Laseule difficulté étoit que Louis XIV. navoit pas encore reconnu cette Prin-cesse pour Reine de la Grande-Rretagne ; mais il nétoit pas question alorsdavoir égard à un petit point dhonneur, il sagissoit dun Traité siimportant à la France. Ménager fut reçu gracieusement, la Reine lechargea de faire ses complimens au Roi, & de lassurer quelle feroit toutce qui dépendroit delle pour accélérer les négociations; elle finit en disant,

Je naime point la guerre; je ferai tout ce que je pourrai pour conclure ia paix avec toute la diligence possible. Je ferai bien aise de vivre en bonne intelligence avec le Roi, auquel je suis alliée de si près par le sang ; & jeipere quaprès la paix il y aura une union plus étroite entre nous & nos sujets, à la faveur dune intelligence & dune amitié par-,, faite. Ce fut vers ce tems- que le Maréchal de Tallard fut relâchéòi quil eut permission de retourner en France fur fa parole. Cette cir-constance a fait croire à quelques Historiens quil avoir fait les premieresouvertures de paix. Quelque vraisemblable que soit cette pensée, elleest néanmoins fausse , & positivement contredite par Torcy, lAuteurle plus judicieux fur ce sujet.

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