HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII. stslaquelle on avoir répandu tant de sang. On stipula que l’on garderoic Sscttosinviolablement le secret, jusqu’à ce qu’il fût permis de le rompre du „í, v . Ilr -consentement mutuel des deux Parties. Ces propositions étoient ne'an-moins telles, qu’il étoic impoílìble au Roi de les accepter, fans avan -pajsé.en 6tager le commerce d’Angleterre aux dépens de celui de la France & l’annéeme me de celui de toute l’Furope, & de les rejetter absolument c’étoit 1711-rompre tout d’un coup la négociation. Dans cette alternative LouisXIV. fut obligé de temporiser; & la nécessité de ses affaires l’y avoirdéja tout accoutûmé.
Persuadé qu’une négociation, où les parties ont envie de s’accommo- M. Mena-der dissipe une multitude de difficultés, & que les pouvoirs donnés àg erv * áceux qui en étoient chargés étoient trop bornés pour en venir à une Londres.conclusion, Louis XIV. prit la résolution de négocier à Londres même.
11 jetta les yeux pour cette importante commission fur M. Ménager dé-puté de la ville de Rouen au Conseil de commerce, homme intelligent,habile & prudent. Ménager partit d’abord pour l’Ángleterre avec ren-voyé Anglois, aiant plein-pouvoir de regler les préliminaires du Traité.
Comme la cession de l’isle de Terre-Neuve & de la Laie de Hudsoriétoit un article de la derniere conséquence pour la Marine & le com-merce de France, Ménager avoir ordre d’user du plein-pouvoir du Roiavec ménagement, de céder Plaisance & Terre-Neuve sous de certainesconditions, si cela étoit absolument nécessaire pour le grand objet, le réta-blissement de la Paix. Aussitôt que le Ministre François fut arrivé áLondres, il entra en conférence avec le Duc de Shre-wsbury, les Comtesde Dartmouth, d’Oxford & M. de Saint-Jean. Après bien des disputes& débats, dans lesquels Ménager se comporta fort adroitement, on signacertains Préliminaires ; après quoi le Ministre François fut présenté en par-ticulier à la Reine à Windsor. Cela se fit en vertu d’un ordre qu’il avoir,de rendre ses devoirs à cette Princesse, si la bienséance le requérois. Laseule difficulté étoit que Louis XIV. n’avoit pas encore reconnu cette Prin-cesse pour Reine de la Grande-Rretagne ; mais il n’étoit pas question alorsd’avoir égard à un petit point d’honneur, là où il s’agissoit d’un Traité siimportant à la France. Ménager fut reçu gracieusement, la Reine lechargea de faire ses complimens au Roi, & de l’assurer qu’elle feroit toutce qui dépendroit d’elle pour accélérer les négociations; elle finit en disant,
„ Je n’aime point la guerre; je ferai tout ce que je pourrai pour conclure„ ia paix avec toute la diligence possible. Je ferai bien aise de vivre en„ bonne intelligence avec le Roi, auquel je suis alliée de si près par le„ sang ; & j’eipere qu’après la paix il y aura une union plus étroite entre„ nous & nos sujets, à la faveur d’une intelligence & d’une amitié par-,, faite”. Ce fut vers ce tems-là que le Maréchal de Tallard fut relâchéòi qu’il eut permission de retourner en France fur fa parole. Cette cir-constance a fait croire à quelques Historiens qu’il avoir fait les premieresouvertures de paix. Quelque vraisemblable que soit cette pensée, elleest néanmoins fausse , & positivement contredite par Torcy, l’Auteurle plus judicieux fur ce sujet.
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