51(5 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section Le Comte de Straffòrd , qui avoir été rappellé de Hollande , ou il
XVIH. 3VO i t résidé en qualité d’Ambassadeur, fut renvoyé à la Haye, quand
ceu/s’eíl Ménager partit , pour communiquer au Pensionnaire Heinsius les Préli*paffé'en minaires signés entre la France & l’Angleterre, avec l’approbation defamée la Reins, & pour fixer le lieu où les Plénipotentiaires des Puissances1 ? 11 * intéressées s’assèmbleroient. II fut chargé d’assurer le Pensionnaire, que“ la Reine n’avoit rien accordé de préjudiciable aux intérêts de la Hol-lande , & qu’elle étoit déterminée à faire la paix de concert avec fesAlliés. On communiqua aussi les Préliminaires au Comte de Gallas, Am-bassadeur de l’Empereur à Londres, qui en fut si piqué, que pour ani-mer le peuple, il les fit traduire en Anglois & inférer dans les Papiers
publics, ce qui lui attira une défense de fe montrer à la Cour. On ne
fut pas moins allarmé en Hollande d’une négociation si sécrété. On dé-pêcha d’abord M. Buys à Londres , en qualité d’Envoyé extraordinairepour engager la Reine à changer de résolution. II partit plein d’espé-rance, & se flata ou de rompre la négociation, ou au moins de faireprolonger la guerre , en ruinant le nouveau Ministère. Les Etats nepouvoient voir fans un vif chagrin que l’.Angleterre eût réglé les Prélimi-naires , & Buys parut le plus propre à faire revenir les négociations enHollande. On n’observa aucune décence dans les déclarations que firentles Hollandois contre les Ministres Anglois , qu'on dépeignit comme desgens qui trahissaient leur Pays & leurs Alliés (*). Quand la Reine déclara,qu’elle regarderoit tout delai de la part des Etats, comme un refus de fespropositions, Buys entra dans les fentimens de fes compatriotes, & parlaavec feu & avec indiscrétion contre le Ministère Anglois ; il entra danstoutes les intrigues des Whigs pour retarder le Traité & perdre les Mi-nistres ; il fe lia étroitement avec Bothmer, Envoyé de Hanovre, & eutpart à toutes les intrigues, qu’on assure qu’il y eut, pour appeller d’abordle Duc de Hanovre en Angleterre, & pour inviter le Prince Eugene à ypasser. La fermeté de la Reine, & le peu de succès des projets formés,intimidèrent les Hollandois, & les obligèrent de consentir que l’ouverturedu Congrès fe fît à Utrecht le iz de Janvier 1712 (a).
(a) Abrégé Chron. cîe l’Hist. de France T. XIII. p. 437.
(*) Nos Auteurs marquent encore ici leur indécente partialité ; on n’a qu’à voir tource qui s’est passé dans ces négociations pour connoitre toute l'indignité du procédé du^Ministère Anglois. La France profita , comme elle avoit raison, de la trahison des Mi-nistres Anglois. Nos Auteurs ont eu soin de supprimer ce qu’il y eut de plus indigneàs la maniéré dont - on en agit avec le Comte de Gallas. Voyez Lamherti T. VI. oìil’on trouve toutes les Piece3, qui prouvent ce que j’avancc. Rem. du Tjrad.