520 HISTOIRE DE FRANCE. Lrv. XXIII.
Section quatorze escadrons, pour couvrir les lignes. L’Escaut le séparoít de J’ail e, XI . X - droite du Prince Eugene. Ce dernier avoit étendu ses lignes depuis l’Escautla^Paix ^ iulqu’à la Scarpe, pour assurer ses convois contre les garnisons de Cambraid'Utrecht & de Valenciennes, & pour couvrir ses magazins de Marchiennes. Villarsde ce qui forma le projet de se saisir de ces Magazins & de forcer le camp deDenain ,s'efl pajjé y s’avança jusqu’à Chastillon, comme s’il avoit eu dessein d’attaquer lesjpaìx V* Alliés devant Landreci. Pour confirmer les ennemis dans cette opinion,Rastadé il avoit jette des ponts fur la riviere; le Prince Eugene ne doutant plus
-qu’il n’eût dessein de l’attaquer, fit élever un retranchement devant son
aile droite, & y posta le Général Fagel avec quarante bataillons, & retirafa droite du côté de Landreci, desorte qu’il se trouvoit par là à trois lieuesdeDenain. Villars aiant réussi dans son dessein de donner le change, neperdit pas de tems pour exécuter son projet. Sur le soir , il ordonna au Comtede Broglio de s’avancer avec quarante escadrons le long de la Selle, & degarder si bien tous les postes de cette petite riviere, que les ennemis nepussent être informés de la marche de l’Armée. Une entreprise si bienconcertée ne pouvoit manquer de réussir à un Général aussi habile & actifque Villars. Avant que le Prince Eugene eût le tems de venir au secours,le Maréchal avoit attaqué & forcé les lignes entre Neufviile & Denain.Après s’être emparé de cinq - cens chariots de pain, qui étoient derriereles lignes, & avoir fait prisonnière la garde, qui étoit de cinq cens che-vaux & d’autant de Fantassins , Villars mena son Infanterie contre les re-tranchemens de Denain, défendus par dixsept bataillons. Les Alliés firentune belle résistance, mais le Maréchal les attaqua si vivement, qu'après unsanglant combat, les François entrerent dans le camp, passerent tout au filde l’épée & firent une horrible boucherie. Une partie des ennemis s’étoitretirée dans le village & dans l’Abbaye ; ils y furent encore assaillis & sivigoureusement pressés, que plusieurs bataillons cherchant à se sauver parla fuite, se noierent dans l’Escaut. En un mot de dixsept bataillons il n e-chapa que quatre-cens hommes. Le Prince Eugene arriva avec des Trou-pes fraîches vers la fin du combat, & se présenta devant le pont de Prou»vi, défendu par Albergoti; il l’attaqua fort vivement, mais fut si bien re-çu , qu’il fe retira, après avoir perdu quatre bataillons. Les HistoriensFrançois disent, quë s’il fe fût opiniâtré à cette attaque, cela auroit aboutià faire périr le reste de l’Armée ; d’autres assurent qu’il auroit emporté lepont ; tous conviennent, que les Députés des Etats l’erhpêcherent de per-sister dans cette entreprise. La perte des François fut peu considérable,mais le Marquis de Tourville fut tué, & plusieurs Officiers de distinctionfurent blessés. Cette victoire releva le courage des François ; ils n’étoiencpas accoutumés á des victoires dans les Pays-Bas; & chaque avantage rem-porté sor un Général aussi fameux que le Prince Eugene, donnoit un nou-vel éclat à la réputation de Villars, en fesant sentir en même tems aux Al-liés, combien leurs forces étoient insuffisantes, fans {'appui de f Angleterre.Prise rk Marchiennes se rendit ensuite après une vigoureuse défense; le Maré-Marchìtn - chai y trouva cent pieces de Canon, trois-cens chariots, & une prodi*ms, ds Do- gj eu se quantité de munitions de guerre ik de provisions de bouche. Cela
decon-