HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 525
Louis XIV. chargea ses Plénipotentiaires de demander aux Etats Géné- Sectionraux, si M. de Reehteren avoit suivi leurs ordres dans la violence que ses XiX.domestiques avoient commise, & dans Jes discours qu’il avoit tenu lui-mê- f^p^ dime, ou si ce procédé venoit seulement de son chef, par quelque motif que # Utrechtce fût. Si Meilleurs les Etats l’avouoient, les Plénipotentiaires de France de ce qui
ne pouvoient plus rester en fureté à Utrecht. S’il avoit agi de son chef, ( e fi P a JJ éil étoit juste que les Etats désavouassent sa conduite. Enfin le Roi exigeoit ^pf^ à dí laque M. de Reehteren fût rappelle & qu’on nommât un autre Plénipoten- Rastadt.tiaire en sa place. ( __ ---
Les Hollandois aiant été suffisamment mortifiés, on reprit les conféren-ces. La France demandoit la restitution de Lille, comme un équivalentpour la démolition de Dunquerque. Elle exceptoit Tournai, Condé &Maubeoge de la Barrière que les Etats demandoient. Le Roi n’oublioit pasles intérêts du Duc de Bavière sonfidele Allié; qui entroient dans ces res-trictions. Les Ministres Hollandois cédèrent donc Lille, mais la restitu-tion de Tournai souffrit des difficultés, pareeque Jes Plénipotentiaires An-glois s’y opposèrent auíïì bien que les Hollandois. Enfin le Roi céda auxreprésentations de la Reine,& n’insiíta plus fur Tournai,bien qu’íl eut pusoutenir ses prétentions fur cette ville avec quelque espérance de succès. IIdesiroit ardemment la paix, que í’écat de son Royaume, sa santé qui s’af-foiblissoit, son grand âge, & sappréhension d’une Minorité , rendoient àtons égards nécessaire. Les Plénipotentiaires acheverent donc, le 29 deJanvier, de mettre la derniere main au Traité de la Barrière pour les Hol- 1713.landois, & à celui par lequel le Roi reconnoissoit la succession à la Cou-ronne de la Grande Bretagne dans la Ligne Protestante. Peu après, onsigna un Traité ou une Convention pour la neutralité de l’Italie, pour l’é-vacuation tant de la Catalogne que des iíles de Majorque <k d’ívica. Ce-pendant l’Empereur ik plusieurs Princes de l’Empire refusèrent toujoursd’acceder au plan proposé pour la paix générale. Et les Traités de paixde l’Espagne avec les autres Puissances qui acceptoient ce plan, demandantune plus longue diseuffion, on résolut de conclure d’abord la paix entre laFrance & la Grande Bretagne, la Hollande, la Savoye & les autres Alliés («).
Les Traités avec les Plénipotentiaires de la Grande Bretagne, de Savoye, Conclusionde Portugal à des Etats-Généraux furent signés le onze d’Avril. Le Traité de h Paix «de commerce entre la France & l’Angleterre avoit été ratifié deux joursauparavant par la Reine & le Parlement.
Dans le Traité avec le Roi de Portugal, on convint que si l’on avoit Traité avecpris quelques Places ou bâti quelques Forts dans les Colonies hors dt leF ° rtu R<*i.
!'Europe, ces Places seroient rendues, & les Forts démolis. On recon-nut que les deux bords & la navigation de Ja rivière des Amazones,appartenoìent en toute propriété & souveraineté à Sa Majesté Portugai-se; & Louis XIV. se désista en sa faveur de ses droits L prétentionsfur les terres du Cap de Nord.
Par le Traité avec le Roi de Prusse, on lui cédoit la ville de Gueldres ,-^h Roiavec une partie du haut quartier de Ja Gueldre Espagnole, le Pays de^ Pru ïï e -
(a) Renault p. 875. Daniel Journ. Hist. p. m, 344 & Rilv.
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