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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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584 HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.

Section indécens. Le Comte en porta ses plaintes à M. Ménager , & demandasatisfaction. Ménager répondit par écrit, quil étoit très-éloigné de souf-la Paix si ue *" es domestiques fissent la moindre offense à personne , & particu-d Utrecht, lierement au gens de M. le Comte de Rechteren; quil étoit prêt de re-ôfáe ce qui mettre ceux quon auroit vu commettre ces indécences, & quon prouve-

sefl passéjusquà laPaix deRaítadt.

roit être coupables. Avant quon apportât cette réponse, M. de Rech-teren étoit parti pour la Haye. A son retour, il envoya un Secretaire àM. Ménager pour lui demander satisfaction, & il reçut la réponse précé- dente. Le Comte avoua quil navoit point vu les grimaces indécentes,mais quil conviendroit quil envoyât ses Laquais chez M. Ménager pourreconnoitre ceux dont il se plaignoic. Avant quil se passât rien de plus,il arriva que M. Ménager se promenant avec dautres Plénipotentiairesrencontra le Comte de Rechteren, & après des civilités réciproques,le Comte dit à M. Ménager, quil attendoit toujours la satisfaction quillui avoit demandée, & insista pour que ses gens allassent dans la mai-son de M. Ménager reconnoitre ceux qui les avoient offensés, fur lerefus de cette proposition, M. de Rechteren dit, le Maître & les Va-lets se feront donc justice Je suis revêtu du caractère dun Souverain,, aussi bien que vous, & je ne fuis pas homme à recevoir des insultes.Il parla ensuite Hollandois à quelques gens de fa livrée, qui quelques mo-mens après frappèrent ceux de M. Ménager au visage & les menacèrentde coups de couteau. On sen plaignit à M. de Rechteren, qui répondittout haut, Toutes les fois quils le feront, je les récompenserai, & sils ne le fefoient pas je les chasserois. Ses Collègues sefforcerent dex-cuser son procédé ; & voiant quils ny pouvoient réussir ils prirent le partide nier, quil eut dit ce quils avoient tous entendu, & ce quils vouloientexcuser. Ils demanderent que le tout fût considéré comme une querelle devalets à valets, & prierent les Plénipotentiaires de France de sen re-mettre au jugement des Ambassadeurs dAngleterre , fans intéresser dans.cette affaire ni le Roi, ni les Etats - Généraux. Ménager ne rejetta pointla médiation des Anglois, mais persista néanmoins à demander satisfaction& à ne point recevoir les excuses des Hollandois. Ceux-ci prétendirentque M. de Rechteren avoit trop bu, quand il sétoit exprimé si impru-demment ; mais le Ministre François demandoic quil fît satisfaction desang-froid. Les difficultés se multiplièrent, & Ménager informa le Roide toute laffaire. II faut avouer que cétoit- un artifice dés deux côtéspour retarder les conférences, qui déplaisaient également à M. Ménager6c au Comte de Rechteren. Le premier savoit lenvie que son Maîtreavoic dhumilier les Hollandois, & la nécessité déloigner les conférencesavec leurs Ministres , jusquà ce que tout fût entierement ajusté avec laReine de la Grande-Bretagne. Rechteren de son côté ne souhaicoit pointla paix, tant par reconnoissance pour lEmpereur, qui lavoit fait Comteque par intérêt, parc.eque ses freres avoient des emplois lucratifs àlArmée. II dissuadoic continuellement la Province dOveryssel de con-sentir à aucun Traité que de concert avec lEmpereur. Ménager eutsoin dinstruire le Roi de tout.