Section
XIX,
Histoire dela Paixd’Utrechtb de ce quiP est passéjusqu'à laPaix deIlastadt.
Continua-tion de laguerre.
Villars forsce les Li-gnes desImpériaux.
Siégé 6?prise de Fri -bourg.
528 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
mit en campagne pour faire tête au Prince Eugene, & pour rétablir lágloire des armes de France par de nouvelles conquêtes. Le Prince se campaprès de Philipsbourg au delà du Rhin. Villars vint par une marche for-cée & très-fecrete se poster le long de ce même fleuve en deça, «'étendantdepuis la chauffée de Philipsbourg jusqu’à Spire, ce qui ôta à Landau, qu’onvouloir attaquer, toute espérance de secours.
Cette ville fut investie le 12 de Juin,& la tranchée ouverte douze joursaprès, fous les ordres du Maréchal de Bezons. En même tems M. de Vil-lars fit attaquer la ville < 5 c le Château de Keiferslauteren, & M. Dillonobligea la garnison, composée de sept-cens hommes, de se rendre prison-nière de guerre; d’abord après il prit le Château de Wolfstein. Ces expé-ditions ne retardèrent pas le siégé de Landau ; Bezons pressa la garnison flvivement, disposa si bien ses batteries & fit un si grand feu, que le 20d’Août il se prépara à donner l’assaut ; cela obligea le Prince Alexandre deWirtemberg de se rendre prisonnier de guerre avec sa garnison; qui étoitde cinq mille cinq*cens hommes. Comme tous les postes furent pris & leslogemens faits l’épée à la main, les François perdirent trois mille hommesà ce siégé ; mais il servit à donner de plus en plus de la réputation à leursarmes , & fut un acheminement à un coup plus décisif & plus fatal àl’Empereur.
Le victorieux Villars jetta ensuite les yeux sur la forte ville de Fribourg ;mais avant que d’en former le siégé,il falloit commencer par forcer les Li-gnes qui s’étendoient de puis Hornbergjusqu’aux ouvrages avancés de cettePlace. Le Général Vaubonne étoit retranché fur une haute montagnenommée le Roscof, avec dixsept bataillons & un corps de Cavalerie pourgarder ces Lignes , que leur situation avantageuse rendoit presque inacces-sibles. Mais le Maréchal déterminé à surmonter toutes les difficultés, aiantfait différentes marches pour cacher son dessein, arriva le 20 de Septem-bre à la vue des Lignes du côté de Fribourg, & disposa tout pour les at-taquer. Le Comte d’Estrades & le Duc de Mortemar conduisoient lacolonne de la gauche; le Chevalier d’Asfeld & le Sieur le Guerchois celledu centre ; le Comte du Bourg & le Marquis de Silli celle de la droite.Villars se trouva partout où il y avoit de la gloire à acquérir & où sa pré-sence étoit nécessaire. Les Impériaux firent ferme aux trois attaques ; maisles François les poussèrent si vivement, qu’ils furent obligés de plier & deprendre la fuite, les Lignes furent forcées, & les ennemis chassés avec ungrand carnage. La Colonne de la droite, qui avoit en tête le camp re-tranché fur le Roscof, eut les plus grands obstacles à vaincre. Cette mon-tagne étoit si escarpée que les soldats ne montoient qu’avec beaucoup depeine, & que le Maréchal à cause de ses blessures fut obligé de se faireporter. Mais rien ne fut capable d’arrêter les soldats François , <Sc àl’entrée de la nuit ils furent entierement maîtres du retranchement &des Lignes. Cette victoire facilita au Maréchal le siégé de Fribourg, Ca-pitale de 1 Autriche antérieure, qu’il fit investir d’abord.
Jamais Place ne fut attaquée ni défendue avec plus de valeur. Le Barond’Arsch qui y commandoic; fit voir par son activité & son courage qu’ilétoit digne de faire tête à Villars. On ouvrit la tranchée le 30 de Sep-