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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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XIX,

Histoire dela PaixdUtrechtb de ce quiP est passéjusqu'à laPaix deIlastadt.

Continua-tion de laguerre.

Villars forsce les Li-gnes desImpériaux.

Siégé 6?prise de Fri -bourg.

528 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

mit en campagne pour faire tête au Prince Eugene, & pour rétablirgloire des armes de France par de nouvelles conquêtes. Le Prince se campaprès de Philipsbourg au delà du Rhin. Villars vint par une marche for-cée & très-fecrete se poster le long de ce même fleuve en deça, «'étendantdepuis la chauffée de Philipsbourg jusquà Spire, ce qui ôta à Landau, quonvouloir attaquer, toute espérance de secours.

Cette ville fut investie le 12 de Juin,& la tranchée ouverte douze joursaprès, fous les ordres du Maréchal de Bezons. En même tems M. de Vil-lars fit attaquer la ville < 5 c le Château de Keiferslauteren, & M. Dillonobligea la garnison, composée de sept-cens hommes, de se rendre prison-nière de guerre; dabord après il prit le Château de Wolfstein. Ces expé-ditions ne retardèrent pas le siégé de Landau ; Bezons pressa la garnison flvivement, disposa si bien ses batteries & fit un si grand feu, que le 20dAoût il se prépara à donner lassaut ; cela obligea le Prince Alexandre deWirtemberg de se rendre prisonnier de guerre avec sa garnison; qui étoitde cinq mille cinq*cens hommes. Comme tous les postes furent pris & leslogemens faits lépée à la main, les François perdirent trois mille hommesà ce siégé ; mais il servit à donner de plus en plus de la réputation à leursarmes , & fut un acheminement à un coup plus décisif & plus fatal àlEmpereur.

Le victorieux Villars jetta ensuite les yeux sur la forte ville de Fribourg ;mais avant que den former le siégé,il falloit commencer par forcer les Li-gnes qui sétendoient de puis Hornbergjusquaux ouvrages avancés de cettePlace. Le Général Vaubonne étoit retranché fur une haute montagnenommée le Roscof, avec dixsept bataillons & un corps de Cavalerie pourgarder ces Lignes , que leur situation avantageuse rendoit presque inacces-sibles. Mais le Maréchal déterminé à surmonter toutes les difficultés, aiantfait différentes marches pour cacher son dessein, arriva le 20 de Septem-bre à la vue des Lignes du côté de Fribourg, & disposa tout pour les at-taquer. Le Comte dEstrades & le Duc de Mortemar conduisoient lacolonne de la gauche; le Chevalier dAsfeld & le Sieur le Guerchois celledu centre ; le Comte du Bourg & le Marquis de Silli celle de la droite.Villars se trouva partout il y avoit de la gloire à acquérir & sa pré-sence étoit nécessaire. Les Impériaux firent ferme aux trois attaques ; maisles François les poussèrent si vivement, quils furent obligés de plier & deprendre la fuite, les Lignes furent forcées, & les ennemis chassés avec ungrand carnage. La Colonne de la droite, qui avoit en tête le camp re-tranché fur le Roscof, eut les plus grands obstacles à vaincre. Cette mon-tagne étoit si escarpée que les soldats ne montoient quavec beaucoup depeine, & que le Maréchal à cause de ses blessures fut obligé de se faireporter. Mais rien ne fut capable darrêter les soldats François , <Sc àlentrée de la nuit ils furent entierement maîtres du retranchement &des Lignes. Cette victoire facilita au Maréchal le siégé de Fribourg, Ca-pitale de 1 Autriche antérieure, quil fit investir dabord.

Jamais Place ne fut attaquée ni défendue avec plus de valeur. Le BarondArsch qui y commandoic; fit voir par son activité & son courage quilétoit digne de faire tête à Villars. On ouvrit la tranchée le 30 de Sep-