HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 533
ordre exprès de ne prendre ni audience ni caractère, avant que lactaire fût Sbctiomreglée à la satisfaétion du Roi Sc de la Nation Britannique. II y eut des . xx.conférences & des Mémoires présentés, & enfin les travaux de Mardick fs & f «*discontinuèrent. Un Auteur célébré (a) rapporte, que le Comte de Stairs ^demanda à ce sujet une audience particulière, L qu’i! parla au Roi avec UouisXlv.
plus de véhémence que de retenue ; que le Roi ne l’interrompit point, -—
mais que lorsqu’il eut achevé, fa Majesté lui dit, - Monsieur ï Ambassadeur, 17I5 ‘
s ai toujours été maître chez moi , quelquefois chez les autres , ne m’en faitespas souvenir. M. de Voltaire remarque là-dessus (£); qu’il fait de sciencecertaine, que jamais Louis XIV. ne fit une réponse íì peu convenable. IIajoute; que Louis n’avoit jamais été le maître chez les Anglois, il s ’enfalloit beaucoup. Il l'étoit chez lui, mais il s’agissoit de savoir s’il étoit lemaître d’éluder un Traité, auquel il devoit son repos, Sc peut > être unegrande partie de son Royaume.
insensiblement Louis XIV. sentoit ft fin approcher. Le 12 d’Août Mort dtles Courtisans commencerent à s’appercevoir que le Roi étoit incommodé ' LouísXÍv.on traitoit de sciatique une douleur qu’ií ressentoit à la jambe & à ] a cuis- * 7I 5*se. Quelques jours après se trouvant un peu mieux, il voulut diner enpublic. Le Comte de Stairs étoit alors Ambassadeur d’Angleterre en Fran-ce , & la rébellion qu’il y avoit en Ecosse, se soit penser à Louis, qu’il luiimportoit de persuader, qu'ii étoit la feule Puissance en Europe , dont l’a-mitié ou l’inimitié pouvoit être utile ou préjudiciable à la Maison de Ha-novre. Dans cette vue il ne prit jamais ouvertement le parti du Préten-dant , mais il fit parade devant le Comte de Stairs dune santé, dont ilétoit bien éloigné de jouir. Le Comte n’en fut pas la dupe. Le mal au-gmenta, la gangrené se manifesta, Sc Louis XIV. mourut avec beaucoupde fermeté le premier de Septembre á huit heures du matin.
Louis XIV. né le 5 de Septembre 1(538,étoit fils de Louis XIII. Sc SesEnfmisd’Anne d’Autriche. 11 épousa en 1660 Marie Therese d’Autriche, fille de Phi- '
lippe IV. Roi d Efpagne^& d Elizabeth de France ; Marje Théreíè mou-rut en j< 58 3- Louis eut d elle Louis Dauphin de France, qui cpouù Ma-rie - Anne - Christine - Victoire de Bavière, donc il eut trois fils. r. LouisDuc de Bourgogne, né en 1682. 2. Philippe Duc d’Anjou, Roi d’EÍ'pa-gne, né en 1683. Z. Charles Duc de Berri, né en 1Ó84, Le DauphinLouis mourut en 171 r , & le Duc de Bourgogne son fils aîné devint Dau-phin. Ce Prince avoit épousé en r 698 Marie-Adélaïde fille aînée du Ducde Savoye, ensuite Roi de Sardaigne. Ce Dauphin mourut en tji 2 Alaissa trois fils, dont deux porterent le nom de Duc de Bretagne & mouru-rent peu après lui; le troisième né en 1710 est Louis XV. actuellementrégnant. Louis XIV. eut encore deux fils óc trois filles, qui moururenttous jeunes.
Ses enfans naturels Sc légitimés furent les suivans. 11 eut de Madame de Enfam mo-te Vaìliere, Louis de Bourbon, Comte de Vermandois, mort en 168'j. Sc tunh.Marie-Arme, dite Mademoiselle de Blois, née en k 5 óc 5 , à - mariée en1680 à Louis Armand de Bourbon Prince de Conti. De Madame de
(a) Hmauk p. 8Sz. (b) Siecle de Louis XIV. T. I. p. m. 457
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