Buch 
31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
Seite
559
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 559Dunquerque de lAmérique. Elle fut prise par une Escadre Angloise, Shctjomsous les ordres de M. Warren, il y avoit un corps de Troupes de la xx i-Nouvelle Angleterre, qui nétoient gueres que des Milices; quelques Offi- lo^xVciers de Mer eurent la conduite du siégé.. Les François parurent ne sin jusqu à pré'*quiettergueres de cette perte,& on en vit bientôt la raison. fait,

Nous avons déja vu le peu de succès de lentreprise du jeune Préten--

dant pour envahir lAngleterre. A son retour à la Cour de France il sap * Révoltt enperçut que la considération q u'on avoit pour lui diminuoit à proportion Eco e 'quon avoit moins de besoin de lui. II avoit néanmoins des intelligencesavec les amis de son pere en Ecosse; ils lui persuadèrent sans fondement,que les Anglois étoient prêts à se révolter , & que toute lEcosse sedéclareroit pour lui, aussitôt quil y paroitroit. II communiqua ces avisaux Ministres de France, qui étoient bien instruits des mécontentemensquil y avoit en Angleterre, & supposoient ridiculement que les Ecrivainsdu Parti contraire au Gouvernement , énonçoient les fentimens de toutela Nation. Ils adoptèrent le plan dun soulèvement en Ecosse, il nyavoit alors point de Troupes, le Roi George II. étoit en Allemagne, &les Montagnards étoient en général irrités contre lui & contre fa Maison,à cause de quelques procédés sévères, sinon injustes, de ses Ministres con-tre leurs compatriotes. Au commencement de Juillet le jeune Avanturiersembarqua fur une petite frégate au Port Saint - Lazare. Le 14 du mêmemois, il fut joint à la hauteur de Belle -ille, par lElizabeth, vaisseau deguerre François de soixante-six Canons. Ce vaisseau soutint un terriblecombat contre le Lion, vaisseau de guerre Anglois, pendant que le Pré-tendant continua son chemin, & vint débarquer en Ecosse fur la côte deLochaber, quinze-cens de ses partisans le vinrent joindre. Les parti-cularités de son expédition , ne font point de ce lieu, sinon quautantquelles ont trait à iHistoire de France.

Les Rebelles se fortifièrent, par la sécurité inexcusable du MinistèreAnglois, qui fut assez foible pour mépriser les commencemens de la révol-te, ou pour n ajouter point foi aux avis quil en recevoit. 11 y a beaucoupdapparence, que fans les Victoires de Preston <& de Falkirk que les Mon-tagnards mal armés remporteront fur les Troupes du Roi, la Cour deFiance nauroit gueres pris dintérêt à cet Avanturier; & il est encoredouteux, si ce fut la France ou son Pere & ses Amis, qui lui fournirentlargent nécessaire pour son expédition. Un François peu connu laccom-pagnoic en qualité de Ministre; mais cétoit un Espion de la Cour, à la-quelle il donnoit avis de ce qui se passoit. Les premiers succès du Préten-dant engageront les Ministres à lui envoyer quelques Troupes, qui débar-quèrent en Ecosse, pendant la surprenante marche quil fit pour entrer enAngleterre. La vigilance des vaisseaux Anglois qui croisoient, empêchaquil nen vint davantage, & celles qui le joignirent ne lui rendirent aucunservice, & même, autant que nous avons pu le savoir , ne tirèrent passeulement lépée, à la bataille décisive deCulloden, lorfquen 174 6 le Ducde Cumberland étouffa la rébellion. 11 est même incertain, si îe vaisseau quitransporta cet Avanturier en France, après fa défaite, navoit pas été loué