§6r HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.
Sictiom malheureux dans leur entreprise pour pénétrer dans les Etat* du Roi de_ Sardaigne par le pas d'Exiliez. La France ne fut pas plus heureuse dansLouis XV. ce qu’elle tenta pour réparer ou pour venger les pertes qu'elle avoitjusqu'à pri -faites en Amérique, & les Amiraux Anton & Warren acheverent de rui-ons. ne r fa Flotte. L’Amiral Hawke ruina une autre Escadre Françoise, des-tinée pour les Indes Occidentales.
Paix Ces revers dégoûtèrent le Roi de France de la guerre. II voioit le com-
d’Aix - la- merce de ses sujets presque anéanti par les Armateurs Anglois ; ses Finan-Chapelie. ces étoient épuisées, les Hollandois unis contre lui fous un Stadhouder ,&174 - p Allemagne fous un Empereur de la Maison d’Autriche ; tandis que malgréla guerre le commerce de la Grande Bretagne n’avoit jamais été plus flo-rissant. Louis XV. aiant lâché quelques mots favorables touchant la paixà M. Ligonier son prisonnier, on entama les négociations à Aix-la-Cha-pelle, pendant que les François affiegerent Maestricht, & la prirent. A-près avoir un peu balancé, & diverses opérations tant en campagne quedans le Cabinet, la paix fut conclue, par laquelle la France rendit toutesses conquêtes. Quant aux autres conditions de ce Traité, on peut lesvoir ailleurs. La seule que nous remarquerons, c’est que la France eutl’honneur d'obliger la Cour de la Grande Bretagne d’envoyer à Paris deuxillustres otages, pour la fureté de l’accomplissement du Traité. 11 n’y arien de fort important dans l’Histoire de France depuis la paix d'Aix - la.Chapelle, jusqu'au commencement d’une nouvelle guerre en 1756, fl cen’est la police intérieure du Gouvernement. On forma & exécuta un pro-jet œconomique pour les Finances ; mais les querelles entre le Roi & lesParlemens furent fur le point d’allumer une guerre civile.
Affaires in- Depuis quelque tems il y avoit des disputes entre le Clergé de Francetéritures de & ses Parlemens, & entre 1 e Roi & ses uns & les autres, qui suivant leFrance. génie de la Nation, n’étoient que des altercations politiques, qui se bor-noient à des discours & à des écrits. Le Roi ordonna à la fin au Parle-ment de suspendre toute procédure contre les Ecclésiastiques qui avoiencrefusé les Sacremens à des mourans, parceque ceux - ci refusoient d’accep-ter la Bulle. Cette défense donna lieu aux Parlemens d’entrer dans l’exa-men de leurs droits, ils prétendirent qu’ils étoient obligés d’office de s’op-poser au pouvoir du Pape, & de maintenir ses prérogatives de la Couron-ne, que 1 e Roi avoit réellement abandonnées. L’Archevêque de Paris,Prélat violent prit parti pour le Clergé, ou pour mieux dire pour ses Jé-suites. Le Parlement décréta de prise de corps quelques Ecclésiastiquesqui avoient refusé ses Sacremens ; ceux-ci se justifièrent fur les ordres del’Archevêque de Paris, qui traita l’autorité du Parlement avec le derniermépris ; cela donna lieu à des Remontrances. Louis XV. n’en fit d’abordaucun cas, mais les Membres du Parlement se firent valoir à proportionque le Roi usoit de son autorité , & refusèrent même d’enrégistrer sesLettres Patentes fur le sujet de leurs disputes. Le Roi réitéra ses or-dres, on désobéit encore, & les Chambres refusèrent de travailler à au-cune affaire, même d’obéir aux arrêts du Roi, jusqu'à ce qu’i! leur eutrendu justice fur l’article de leurs privilèges. Alors le Roi exila par