HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. s g 3
Lettres de cachet tous les Membres, à l’exception de ceux de la Grande Sbctto*Chambre, & ceux-ci n’étant pas plus flexibles que leurs Confrères furent Xxiexilés auffi, aux acclamations de leurs compatriotes, qui applaudissoient f egT ! e *à leur fermeté. Le Parlement de Rouen imita & surpassa même celui de tSÍÍParis, car il donna un décret de prise de corps contre TEvêque d’Evreux, sm.
qui avoit refusé de comparoitre, aiant été cité. Le Conseil d’Etat cassa le--
décret, & le Parlement lui répondit par un Mémoire fort hardi, que leMinistère méprisa. Le Parlement envoia des Députés au Roi, mais toutela satisfaction qu’ils eurent, ce fut un ordre d’enrégistrer un arrêt, quileur défendoit de fe mêler de ce qui regardoit les Sacremens. Quand ilss’en retournèrent pour opiner fur cet ordre, un de ces Meflîeurs, quiavoit parlé trop librement, fut arrêté & envoié prisonnier à Dourlens.
Tous les Tribunaux de Justice ordinaires furent en ce tems - là cassés enFrance, & les peuples n’avoient d’autre recours que l’autorité du Roi, quiétoit soutenue d'une Armée. Ce Prince tâcha de suppléer aux autres Tri-bunaux par rétablissement de ce qu'il appelloit une Chambre Royale, pourdécider toutes les affaires, tant civiles que criminelles. L’établissèmentde cette Chambre n’aiant pas été enregistré au Parlement, les Minis-tres s’adresserent au Châtclet pour le faire enrégistrer, mais il le refusa.
On expédia des ordres pour arrêter deux des Membres de ce corps, 1 unfut pris, & l’autre fe cacha; les Gens du Roi l’aiant inséré dans les Regis-tres, le Lieutenant Civil se rendit dans l’Assemblée, surquoi les Conseillersfe retirerent, après avoir laissé un Arrêt, en forme de Protest, pourrendre raison de leur procédé.
Dans ces entrefaites les Commissaires nommés, en conséquence du Trai- muvciitté d’Aix-la-Chapelle, s’assemblerent à Paris, & les François prétendirent gutm.disputer les droits les plus incontestables des Anglois en Amérique. Ils envinrent même à donner ordre à leurs Officiers de déloger les Angloisd’un poste, qui étoit dans les limites du Gouvernement de la Virginie, <&ils ne firent plus un secret du dessein où ils étoient d’exclure les Anglois detout commerce avec les Indiens, à l'Occident des montagnes d’Allegany.
Ils construisirent un bon Fort à l’endroit ou la riviere de Monongahelafait une fourche, & par ce moyen ils commandoient l’entrée dans tousles Pays de l’Ohio & du Mifìiíîìpi. C’étoit- là une usurpation trop impor-tante pour que les Anglois la souffrissent, car les François prétendoientformer ainsi une frontière de plus de quinze - cens lieues en longueur, audelà de laquelle il n’étoit pas permis aux Anglois de négocier avec les In-diens & bientôt ils auroìent été bornés aux côtes, & à trafiquer entre eux.
La querelle devint donc sérieuse, & les François quil’avoient prévu, avoientmis leur Marine en état de soutenir leurs prétentions. Ils équipperent quel-ques vaisseaux, & vers la fin d’Avril 1755, les Anglois équipperent aussiune Escadre dont on donna ensuite le commandement à l’Amiral Bosca-wen, avec ordre d’empêcher la Flotte Françoise, qu’on avoit envoyéeen Amérique d’entrer dans le fleuve de Saint-Laurent. Une résolutionsi vigoureuse déconcerta entierement la Cour de Versailles, qui avoitcompté fur la flexibilité du Ministère Anglois, à cause des Etats du Roi
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