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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. s g 3

Lettres de cachet tous les Membres, à lexception de ceux de la Grande Sbctto*Chambre, & ceux-ci nétant pas plus flexibles que leurs Confrères furent Xxiexilés auffi, aux acclamations de leurs compatriotes, qui applaudissoient f egT ! e *à leur fermeté. Le Parlement de Rouen imita & surpassa même celui de tSÍÍParis, car il donna un décret de prise de corps contre TEvêque dEvreux, sm.

qui avoit refusé de comparoitre, aiant été cité. Le Conseil dEtat cassa le--

décret, & le Parlement lui répondit par un Mémoire fort hardi, que leMinistère méprisa. Le Parlement envoia des Députés au Roi, mais toutela satisfaction quils eurent, ce fut un ordre denrégistrer un arrêt, quileur défendoit de fe mêler de ce qui regardoit les Sacremens. Quand ilssen retournèrent pour opiner fur cet ordre, un de ces Meflîeurs, quiavoit parlé trop librement, fut arrêté & envoié prisonnier à Dourlens.

Tous les Tribunaux de Justice ordinaires furent en ce tems - cassés enFrance, & les peuples navoient dautre recours que lautorité du Roi, quiétoit soutenue d'une Armée. Ce Prince tâcha de suppléer aux autres Tri-bunaux par rétablissement de ce qu'il appelloit une Chambre Royale, pourdécider toutes les affaires, tant civiles que criminelles. Létablissèmentde cette Chambre naiant pas été enregistré au Parlement, les Minis-tres sadresserent au Châtclet pour le faire enrégistrer, mais il le refusa.

On expédia des ordres pour arrêter deux des Membres de ce corps, 1 unfut pris, & lautre fe cacha; les Gens du Roi laiant inséré dans les Regis-tres, le Lieutenant Civil se rendit dans lAssemblée, surquoi les Conseillersfe retirerent, après avoir laissé un Arrêt, en forme de Protest, pourrendre raison de leur procédé.

Dans ces entrefaites les Commissaires nommés, en conséquence du Trai- muvciit dAix-la-Chapelle, sassemblerent à Paris, & les François prétendirent gutm.disputer les droits les plus incontestables des Anglois en Amérique. Ils envinrent même à donner ordre à leurs Officiers de déloger les Angloisdun poste, qui étoit dans les limites du Gouvernement de la Virginie, <&ils ne firent plus un secret du dessein ils étoient dexclure les Anglois detout commerce avec les Indiens, à l'Occident des montagnes dAllegany.

Ils construisirent un bon Fort à lendroit ou la riviere de Monongahelafait une fourche, & par ce moyen ils commandoient lentrée dans tousles Pays de lOhio & du Mifìiíîìpi. Cétoit- une usurpation trop impor-tante pour que les Anglois la souffrissent, car les François prétendoientformer ainsi une frontière de plus de quinze - cens lieues en longueur, audelà de laquelle il nétoit pas permis aux Anglois de négocier avec les In-diens & bientôt ils auroìent été bornés aux côtes, & à trafiquer entre eux.

La querelle devint donc sérieuse, & les François quilavoient prévu, avoientmis leur Marine en état de soutenir leurs prétentions. Ils équipperent quel-ques vaisseaux, & vers la fin dAvril 1755, les Anglois équipperent aussiune Escadre dont on donna ensuite le commandement à lAmiral Bosca-wen, avec ordre dempêcher la Flotte Françoise, quon avoit envoyéeen Amérique dentrer dans le fleuve de Saint-Laurent. Une résolutionsi vigoureuse déconcerta entierement la Cour de Versailles, qui avoitcompté fur la flexibilité du Ministère Anglois, à cause des Etats du Roi

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