HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.en Allemagne. Ils essayerent de le faire renoncer aux droits de ses peuples Section& de fa Couronne en Amérique, en lui offrant la neutralité' pour Hanovre, xxi.mais il n’y voulut pas entendre, & au mois de Janvier 1756 il fit un Traitég® *d’alliance avec le Roi de Prusse, qui donna lieu à une alliance peu natu- j u j qu , à *relie entre les'Maifons de Bourbon & d’Autriche. La France envoya alors présent.
une Armée de quatrevingt-mille hommes, fous le Maréchal d’Etrées, au-—
delà du Rhin pour attaquer les Etats de S. M. P., mais dont le but étoitde tomber fur Hanovre; & dans le même tems une autre Armée de vingt-cinq mille fous le Prince de Soubife, s’empara de Cleves, de Meurs & deGueldre. Le Maréchal d’Etrées eut en tête une Armée d’obfervation,ainsi qu’on l’appelloit, commandée par le Duc de Cumberland; malgré lasupériorité des François, ce Prince ne laissa pas d’embarrasser beaucoupleur marche; mais ils étoient si bien pourvus, & en fi grand nombre,qu’ilssurmontèrent tous les obstacles & passèrent le AVefer. Son Altesse Royalen’étoit pas en état de hazarder une bataille, ce Prince fe retira jufqu’auHastenbeek, à quelques milles de Hamelen, ou il fit halte. Cela fut suividune bataille, où M. D’Etrées eut l’avantage, & le Duc fut obligé de feretirer vers Stade. Pendant que le Maréchal étoit au plus haut point defa gloire, le Duc de Richelieu qui avoit fournis Minorque, le supplantapar le moyen de ***& obtint le commandement de l’Armée d’Allemagne,qu’il prit dans les conjonctures les plus avantageuses.
Le Duc de Cumberland sollicita vainement la Régence de Hanovre de le Conventionsecourir; il les trouva plus attentifs à fe garantir de la furie des François, de Ctoôjhr.qu’à venger les injures de leur Souverain, il fut obligé de céder à leur peu-/ emî -de cœur, & de signer une convention à Cloosterfeven, qui désarma vingt- 175 'huit mille Hanovriens & laissa les François en liberté de pousser leur entre-prise contre le Roi de Pruíle. Dans ces entrefaites, la Cour d’Angleterreforma une entreprise contre Rochefort, qui manqua par la mauvaise ma-nœuvre de ceux qui en furent chargés. Soubife en attendant pressoit leRoi de Prusse, qui 1e trouvoit si bas, que toute l’Europe le croioit per-du • mais il fe rétablit par la surprenante victoire qu’il remporta sur lesFrançois à Rosbach. Cette victoire fit reprendre courage aux Hano-vriens contre les François, qui avoient violé tous les articles de la Conven-tion de Cloosterfeven; aiant repris les armes fous le Prince Ferdinand deBrunswick, ils chassèrent les François de leur Pays. Leur retraite de Ha-novre fut honteuse pour eux, damant plus qu’ils en avoient agi avec laplus grande rapacité dans cet Electorat ; il faut néanmoins rendre justiceau Duc de Randan, qui étoit Gouverneur de la ville de Hanovre, & direqu’il fe conduisit avec beaucoup de modération & d’humanìté, & qu’il fittout ce qui étoit en son pouvoir pour alléger les malheurs des Hanovriens.
En Amérique, on fefoit des préparatifs pour une expédition contre c uîseLouisbourg, quijavoit ete rendue à la France par le Traite d Aix-la-Cha- pus]a en\pelle; mais par la faute des Anglois l’expédition fut renvoyée, & la rem- Amérique ,pête éloigna leur Flotte de cette côte. Ofwego, Fort Anglois de la der-niere importance , & le Fort Guillaume-Henri tomberent au pouvoir desFrançois, qui par là fe virent absolument maîtres de tous les Lacs, & descinq Nations d’Indiens, qui jufques-là avoient été extrêmement attachés
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