SectionXXI,Régné deLouis XV,juftu'àprésent.
Opérationsen Amèri•
pie.
Défavorisa'yeuses auxfrançais.
frise dePort Ma-hon , parles Fran-cis.
Ouerre enAllemagne.
564 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
en Allemagne , qui en cas de rupture étoienc ouverts aux Arme'es de
France.
Boscawen exécuta ses ordres courageusement, mais imparfaitement. Ilse posta à la hauteur du Cap-Race, la pointe la plus méridionale de l’iílede Terre-neuve , & là il attendit la Flotte Françoise commandée par M.1 Bois de là Mothe. Lorsqu’elle arriva à i’endroit où Boscawen l’attendoit,il n’y eut que deux des vaisseaux de pris, l’Alcide de soixante-quatre Ca-nons , & le Lys percé auíïì pour le même nombre de pieces, les autreséchaperent à la faveur d’un brouillard & gagnèrent le détroit de Belle-Iíle, par lequel ils entrerent dans le fleuve de Saint-Laurent. Sur la nou-velle de cette action. Le Roi très-Chretien rappella son Ambassadeur deLondres, & lu Roi d’Angleterre donna des ordres à tous ses sujets denie-ver les vaisseaux François par tout où ils les trouveroient, démarché quine pouvoit être justifiée que par les hostilités injurieuses que les Françoisavoient commises auparavant en Amérique. Ces représailles ruinèrent lecommerce de France , & en quelques semaines il y eut plus de quinzemille matelots François prisonniers en Angleterre, & ce nombre doublapendant le cours de la guerre. Cette conduite courageuse des Anglois sicque la France ne fut plus la terreur de l’Europe; desorte que le Roi fut à la•fin obligé de prendre le parti de ses Parlemens contre le Clergé, quoiquele dernier lui eut fait un don de seize millions de livres.
La Cour de Londres soutint les mesures vigoureuses qu’elle avoit prises,en donnant ordre aux Colonels Lawrence & Monkton d’attaquer les Fortsque les François avoient construits fur l’istme qui sépare la Nouvelle Ecossede ce que lés François prétendoieht être l’Acadie. Ces ordres furent cou-rageusement exécutés; Beauséjóur & tous les Forts des François furentpris au grand étonnement de l’Europe, qui vit qu’ils s’étoient trop vantés.Dans le même tems la Cour d’Angleterre envoya le Général Braddock avecquinze-cens hommes de Troupes réglées en Amérique, pour attaquer leFort du Quesne. II n’étoit nullement propre à cette expédition , ainstqu’on peut.le voir dans un autre endroit de cette Histoire; il fut défait &tué dans fa marche. On projetta une expédition de la même nature contrele Fort François de Crown-Point-, bâti fur les frontières de la NouvelleYork. On donna le commandement de cette expédition au Général John-son, qui défit entierement l'Armée Françoise,& fit le Général prisonnier;mais la saison étant trop avancée, il fallut remettre l’expédition à une autreannée. Les François voiant leur réputation diminuée, commencerent àla fin à agir avec plus de vigueur.
Us équipperent une Flotte, & envoyerent onze mille hommes fous lesordres du Duc de Richelieu pour attaquer le Fort de Saint Philippe dansl’ifle de Minorque, & à la honte des Armes Angloises ils s’en rendirentmaîtres. Au retour de leur Flotte, commandée par M. de la Gailissonie-re, Byng Amiral Anglois.l’attaqua ; mais l’événement du combat aiant étédouteux, Byng à son retour en Angleterre fut arquebuse par la sentencedu Conseil de guerre.
La guerre aiant été déclarée entre la France & la Grande Bretagne, lesFrançois résolurent d’exécuter leur projet favori d’attaquer les Etats du Roi