HISTOIRE DE FRANCE. Lrv. XXIII. 571
que sept mille hommes, en y comprenant ceux de la Province. L’Ar- Sectionmée de Moncalm étoic beaucoup plus nombreuse, & avoit l’avantage de XXLla situation, l’art & la nature sembloient conspirer à rendre la Place inac- Fegne de ^cessible. Saunders étoitl’Amira! ; mais lui & Wolfeéchouèrent dans le desseinde faire descente; Wolfe désefpéroit déja du succès de l’expédition, lors j/ ntt
que par un heureuse feinte il trouva moyen de prendre terre, mais avec--
tant de.désavantage, que les Anglois furent obligés de tirer leur artillerieà force de bras fur une montagne escarpée. Moncalm fut alors obligé decombattre, son Armée fut défaite, & lui-même périt dans le combat,de même que îe brave Général Wolfe ; les Anglois prirent Quebec, dontils font encore en possession, nonobstant Je vigoureux effort que les Fran-çois firent quelques semaines après pour reprendre cette Place. Cette con-quête fut suivie de la réduction de tout le Canada par le Général Amherít,
& le Chevalier Guillaume Johnson prit Niagara.
Malgré la victoire de Minden , les affaires des François avoient pris Inaiï fondesfans contredit un tour plus favorable en Allemagne, au commencement ^™ ees ende l’année 1760, tant par l’indolence des Alliés, que par les secours iXf“*qu’ils avoient reçus de France. On n'avoit gueres retiré de fruit de la 'victoire de Minden, & l’hiver s’étoic passé en rencontres sanglantes &peu décisives en campagne, & en propositions de paix inutiles dans lecabinet. Les Alliés fous le Prince Ferdinand repassèrent le Rhin & la Lip-pe, à la grande surprise du Public, abandonnant par là la Hesse, & necouvrant Hanovre qu’avec peine. On lui envoya de grands secours d’An-gleterre, de façon qu’on comptoit vingt-cinq mille Anglois dans son Ar-mée. M. de Broglio venoit de recevoir le bâton de Maréchal de France,
& son Armée étoit grossie jusqu’à cent mille hommes effectifs; pendantque le Comte de St. Germain, Général de génie & de mérite, commin-doit fur le Rhin un corps de trente mille hommes. Ces.grandes Arméesétoient beaucoup mieux fournies, que celle des Alliés, qui étoient horsd’écat d’entreprendre rien d’important. Tout ce qui se fit , c’est que leprince Héréditaire chassa les François deFulde,&la mit fous contribution,il y eut aussi quelques legeres escarmouches entre les François & le Géné-ral Hanovrien Sporke. Si les François s’en étoient tenus à leur premierplan d’agir séparément, Saint Germain sur le Weser, & Broglio dans laHesse, l’Armée des Alliés auroit selon toutes les apparences été ruinée.
Mais Broglio, jaloux des succès de Saint- Germain lui envoia ordre de ve-nir joindre la grande Armée; ce qui fut cause que Saint-Germain, quiétoit l’ancien de Broglio, quitta ensuite le commandement par méconten-tement. Les François ne laissèrent pas de prendre Marpourg & Dillen*'bourg. Dans ces entrefaites, Broglio aiant le 10 de Juin fait avancer ungros détachement par la Westphalie, pendant qu’il marchoit lui-même parla Hesse, les deux Corps se joignirent dans un endroit appellé Corbach.
Le Prince Héréditaire, ignorant cette jonction, & croiant n’avoir à Succès desfaire qu’à dix ou douze mille hommes, attaqua toute l’Armée, fut défait François.
& blessé, mais la Cavalerie Angloise par son intrépidité le sauva. 11 ré-para cet échec, en surprenant ik battant Glaubitz, Généra! François, à
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