422 HISTOIRE DE PISE, LUCQUES, SIENNE
Sect. I. Corsaires: ils ont le privilège non de juger, ni de réparer les torts, mais deHistoire de les empêcher; c-nsorte qu’ils ont le droit d'arrêter qui que ce soit dans untumulte, & dans une querelle; & leur formule est celle-ci: Per quanto fti-’ "* mate la grazia del Gran Duc a , andate in arrefìo. C’est-à-dire , Pour peu
que vous fajjìez cas des bontés du Grand-Duc , allez-vous en aux arrêts*Ceux auxquels un Chevalier adreifè ces paroles dans ces occasions, sont o-bligés d’obéir fur le champ..
On remarque à Pise un très-beau jardin de Botanique, fort vaste & rem-„ pli de plantes très-rares; il fut fondé par Ferdinand, second fils de Corne I,
%tmúiue. & qui, en 1587, fut Grand Duc de Toscane, après la mort de son frere,François Marie de Médicis. Le Cabinet d’IIistoire Naturelle & la Bourse,ou la Loggia de' Mercantì , ont été décrits par tant de voyageurs, que nousne pensons pas devoir nous y arrêter, non plus qu’àla description des troismagnifiques ponts qui embellisiènt cette Ville.: mais nous ne paflèrons pasfous silence une fête très-singulière que l’on donne tous les trois ans, furl’un de ces Ponts, fur le Ponte Marmo. Le Peuple des deux côtés de larivière, s’aífemble en deux Troupes, qui fe disputent ce pont par un com-bat sort vif, qu’ils fe livrent, armés de masiûes de bois. Ces Combattans,au nombre de sept cens vingt., sont cuirassés, & portent des casques dorés.
Ils sont divisés en douze Compagnies de soixante hommes chacune, sousdes enseignes différente?. Après quelques momens de parade , ces douzeCompagnies se séparent, six vont se rendre à l’une des extrémités du Pont,les six autres à l’extrêmité opposée. Elles s’avancent les unes contre les au-tres , jusques vers le milieu du Pont, & à un signal donné, elles l’e chargentau son de divers inslrumens militaires: les plus forts restent les maîtres duchamp de bataille , après un combat d’environ trois quarts d’heurc ; & cecombat n’est jamais terminé fans qu’il y ait beaucoup de blessés, & souventmême des morts. C’est là le seul vestige qui nous reste en Europe, des an-ciens jeux de la Grece & de Rome. On ignore d’où vient cette institution ;quelques observateurs la font remonter aux jeux olympiques, & l’attri-buent à Pélops, fils de Tantale, Roi de Phrygie, Fondateur de Pise: d’au-tres prétendent que ce fut l’Empereur Néron qui établit ces jeux à Pise :
, plusieurs assurent avec plus de vraisemblance , que ce combat se donne enmémoire de la défaite de Musetto, Roi de Sardaigne , sur lequel les Pi-sans remporterent une grande victoire, aux environs du Pont de marbre:(i) ^mais au fond, rien n’est plus incertain que les différentes opinions soutenuesau sujet de cette coutume, que bien des Gens sensés desireroient qu’onabolit.
L’Université de Pise est fort ancienne, Accurse Bartole &Cefalpin avoièntinfiniment contribué à fa célébrité ; mais elle avoit beaucoup perdu de fa ré-putation, lorsque le Grand Duc Cômc I. lui rendit tout son ancien lustre.Mmirs des Oimat de Pile est fort doux, & le caractère des habítans est bon, quoi-Pifans. que la nature les ait doués d’une extrême vivacité. Les Bains d’eaux Ter-males, situés à une lieue & demi, au Nord de la Ville, sont regardés com-me les meilleurs qu’il y ait en Italie, auíîi'font-ils très-fréquentés. Du
(1) Voyez le commencement de cette Section,
Institutionfinfruliere‘oblervée àPise.
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