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37 (1776) L' histoire de Naples et de Sicile, de Férrare et de Modène, de Mantoue, des républiques de Pise, Lucques, Sienne et St. Marin, et le commencement de l'histoire de Savoie, de Piémont et de Sardaigne
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ET SAINT-M A RI N. Liv. XXIV. C a. XII. 4 *. 3

reste, comme nous avons parlé des mœurs, des loix & des coutumes de Sect.F lorence, (1) nous ne dirons rien des coutumes, des loix & des mœurs Histoire dtdes Pisans, qui sont exactement les mêmes, ainsi que la maniéré de shabil- ia Uépublt»ler, &c. Nous observerons feulement quà Pise, les femmes de la Campa- ^' s ^ ucgne sont coëfFées dans un goût de coquetterie, qui leur sied & releve leursgrâces ; elles ornent leurs cheveux de fleurs artificielles, & de grelots dar-gent qui arrêtent leurs cheveux au dessus de leur tête, nattés, tressés & fixésavec une grosse aiguille dargent. Elles sont aussi dans lusage de porter unchapeau de paille, & une espece de Collerette de drap décarlate , qui pardevant nexcede pas leur tour de gorge, mais qui tombe par derriere jul-quau milieu du dos:, cet ajustement leur sied d'autant mieux, que les Pi-fanes sont communément belles & très-jolies, fur-tout les habitantes de 1 *

Campagne.

SECTION II.

Histoire de Lacques depuis les tems les plus reculés , jusqu*à nos jours*

L a Ville & la République de Lucques font célébrés par leur antiquité ,autant quelles méritent dêtre connues par les efforts presque toujoursheureux quelles ont faits pour conserver leurs privilèges, leurs loix , leurliberté. Lucques, nommée par les anciens Auteurs Latins Luca,(k Lapa,est une Ville qui contient environ 20000 habitons. Située à près de cinqlieues de la Mer de Toscane, à quatre lieues au nord de Pise, & construitefur les bords du fleuve Serchio; elle est Capitale de la République dont elleporte le nom, & qui pour être assez peu étendue, est pourtant lu troisièmedes Républiques dItalie. Lucques existe depuis tant de Siécles, quon igno-re profondément lépoque de son institution. On fait feulement quelle fui- Lucquessoit partie de lEtrurie, c'est-à-dire, de cette ancienne République des Tosscans, qui après avoir si longtems conservé fa puissance, fut détruite enfin parles Romains, environ trois cens ans avant lEre Chrétienne. Les faits rap-portés par les Historiens, qui nous ont transmis les annales des premierstems des Romains, prouvent que Lucques étoit dès lors une Ville impor-tante. En effet, nous lisons dans Tite-Live, que Titus-Sempronius à la fui-te d'une glorieuse Campagne contre Annibal, alla passer à Lucques le quar-tier dhiver avec son Armée. Strabon, dans fa Géographie , donne de très-grands éloges à la valeur dc-s Lucquois, & il dit que le Sénat avoit en euxla plus entiere confiance. II est vrai que cette Ville étoit alors soumise auxRomains; mais cette soumission navoit rien de servile, ni dhumiliant; puis-quau contraire, Lucques jouissoit des plus grands privilèges, & quelleavoit le rang de Colonie Romaine. I)'ailleurs, elle se gouvemoit par sespropres loix , Lc à ^indépendance près, elle avoit tous les avantages de laliberté. Cétoit par Lucques quil falloic nécessairement paílèr alors pour

(1) Tom. XXXIV.