ET SAINT-M A RI N. Liv. XXIV. C a. XII. 4 *. 3
reste, comme nous avons parlé des mœurs, des loix & des coutumes de Sect. iíF lorence, (1) nous ne dirons rien des coutumes, des loix & des mœurs Histoire dtdes Pisans, qui sont exactement les mêmes, ainsi que la maniéré de s’habil- ia Uépublt»ler, &c. Nous observerons feulement qu’à Pise, les femmes de la Campa- ^“' s ^ uc ’gne sont coëfFées dans un goût de coquetterie, qui leur sied & releve leurs ’grâces ; elles ornent leurs cheveux de fleurs artificielles, & de grelots d’ar-gent qui arrêtent leurs cheveux au dessus de leur tête, nattés, tressés & fixésavec une grosse aiguille d’argent. Elles sont aussi dans l’usage de porter unchapeau de paille, & une espece de Collerette de drap d’écarlate , qui pardevant n’excede pas leur tour de gorge, mais qui tombe par derriere jul-qu’au milieu du dos:, cet ajustement leur sied d'autant mieux, que les Pi-fanes sont communément belles & très-jolies, fur-tout les habitantes de 1 *
Campagne.
SECTION II.
Histoire de Lacques depuis les tems les plus reculés , jusqu*à nos jours*
L a Ville & la République de Lucques font célébrés par leur antiquité ,autant qu’elles méritent d’être connues par les efforts presque toujoursheureux qu’elles ont faits pour conserver leurs privilèges, leurs loix , leurliberté. Lucques, nommée par les anciens Auteurs Latins Luca,(k Lapa,est une Ville qui contient environ 20000 habitons. Située à près de cinqlieues de la Mer de Toscane, à quatre lieues au nord de Pise, & construitefur les bords du fleuve Serchio; elle est Capitale de la République dont elleporte le nom, & qui pour être assez peu étendue, est pourtant lu troisièmedes Républiques d’Italie. Lucques existe depuis tant de Siécles, qu’on igno-re profondément l’époque de son institution. On fait feulement qu’elle fui- Lucquessoit partie de l’Etrurie, c'est-à-dire, de cette ancienne République des Tosscans, qui après avoir si longtems conservé fa puissance, fut détruite enfin parles Romains, environ trois cens ans avant l’Ere Chrétienne. Les faits rap-portés par les Historiens, qui nous ont transmis les annales des premierstems des Romains, prouvent que Lucques étoit dès lors une Ville impor-tante. En effet, nous lisons dans Tite-Live, que Titus-Sempronius à la fui-te d'une glorieuse Campagne contre Annibal, alla passer à Lucques le quar-tier d’hiver avec son Armée. Strabon, dans fa Géographie , donne de très-grands éloges à la valeur dc-s Lucquois, & il dit que le Sénat avoit en euxla plus entiere confiance. II est vrai que cette Ville étoit alors soumise auxRomains; mais cette soumission n’avoit rien de servile, ni d’humiliant; puis-qu’au contraire, Lucques jouissoit des plus grands privilèges, & qu’elleavoit le rang de Colonie Romaine. I)'ailleurs, elle se gouvemoit par sespropres loix , Lc à ^indépendance près, elle avoit tous les avantages de laliberté. C’étoit par Lucques qu’il falloic nécessairement paílèr alors pour
(1) Tom. XXXIV.