Chap. I. des Proprietez de l’Air. 27^ e largiíïant du fond vers les bords, afin que 1 eau punie egonfler librement autant que l’air qu’elle contient le demande.
Ce qui confirme que la dilatation de l’eau glacee ne vient quede f extension de l’air qu’elle contient , c’est 1 expérience del’eau que l’on a fait bouillir pendant quelque tems pour en fairesortir l’air, ou en la mettant fous le récipient de la machine duvuide ; puisque dans ces deux expériences on voit sensiblementune infinité de bulles d’air sortir de toute l’étenduë de l eau ,si l’on fait glacer ensuite cette eau, en l’exposant au grand froid,ou par artifice, ôc qu’on la plonge en cet état dans de pareil-le eau non glacée , elle descend au fond au lieu de surnager, cequi marque qu’elle est alors plus pésante , ne contenant plus d airpour la dilater : au reste quand elle en est toute imprégnée,elle ne laisse pas de se condenser un peu par le froid, puisqu el eest plus pésante en hyver qu’en été environ dans le rapport de373 *^ 370 .
L’eau dont on a tiré l’air s’en remplit en peu de tems y etantexposée, comme l’expérience le confirme ; c’est pour cela quelorsque la gelée dure quelque tems, on est oblige de casser laglace des étangs ôc autres réservoirs , où il y a du poisson, afinqu’ils en reprennent de nouveau ; car l’air eft fi nécessaire a lasubsistance du poisson,aussi bien qu’à celle des autres animaux, qu ilnesçauroit vivre dans l’eau dont on a attiré l'air; il y tombe aussi-toten défaillance, comme si on l’avoit mis fous la machine du vui-de , & on ne peut le rapeller à la vie , qu’en le mettant dans del’eau, qui n’est pas purgée d’air.
8z2. Si le froid a la propriété de durcit les parties de 1 eau , ôtde les condenser , la chaleur au-contraire les rend plus fluides, niere ^ ontôc en augmente extrêmement faction, puifqu’elle devient capa ~ h f tMble de pénétrer ôc de dissoudre des corps durs, ce qui marque \^ uiÁÍStque ses parties font alors dans une grande agitation ; or cette agi-tation peut être causée ou par la matière du feu que 1 on met des-sous, laquelle pénétrant au travers du vase qui la contient, rem-plit toute fa substance , ou par les rayons du soleil rassemblés partin miroir ardent, mais ce qu il y a de bien singulier , c’est que ledegré de chaleur de l’eau bouillante ainsi que des autres liqueursest limité , ôc ne c toit pas à mesure qu’on augmente le feu , cequi vient sans doute de ce que les parties du feu ou de la lumièren’augmentent plus faction de seau quand elles font entierementdétachées les unes des autres , ôc quelles ont leur liberte touteentiere, .
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