Chap. IV. Maximes pour bonifier les Ports. 7s
de Marmara par ce fameux détroit, connu aussi sous le nom dePHellefpont, fi célébré par les évenemens mémorables qui s’yfont passés, tant de la part des anciens que des modernes.
688. La bonté d’un Port dépend de trois choses qui lui fontcontigues, l’air, Peau & la Terre ; eu égard à Pefpece des ventsaufquels il est exposé, à la quantité des eaux qui avoisinent &remplissent son bassin, à la qualité de son fond & à la figure dela côte qui l’entoure par dehors & en dedans ; d’où il résulteque les conditions ou circonstances qui font un bon Port font lessuivantes.
Que son entrée soit tellement disposée, que les Navires puissent y entrer & en sortir aisément avec les \ s’il fe peut des 3 2rumbs de vent, ( Art 627 ) parce que les Ports qui n’ont qu’unvent pour Pentrée, & un autre pour la sortie, sont sujets à troisgrands inconvéniens ; le premier qu’une Flotte maltraitée paríe mauvais tems, ou poursuivie d’un ennemi supérieur, passerasouvent à la hauteur d’un pareil Port sans pouvoir en profiter; losecond, qu’une Flotte, quoique supérieure à une autre des enne-mis , restera inutile dans ce Port comme dans une prison, aussilong-tems que le vent propre pour en sortir ne soufflera pas,tandis que l’autre Flotte courera impunément le long de la côte,ou restera tranquille dans quelques Rades voisines, comme celaest arrivé en 1740 fur celle de Galice. Plus de soixante Bâti-mens Marchands, escortés seulement de trois Frégates Angloi-ses , se mirent dans le Port de Camarinas , à attendre tranquil-lement que le vent d’Ouest qui les empêchoit de doubler íeCap de Finisterre cessât, pendant que 12 Vaisseaux de Guerreappartenant à l’Espagne se virent obligés de rester immobilesdans le Port de Ferrol, faute du vent de N. E. qui pouvoit seulles faire sortir. Le troisième, que tous les Vaisseaux Marchands,loin de fréquenter un pareil Port, Pévitentautant qu’ilspeuvent,crainte de n’en pouvoir sortir quand il leur conviendra, &qu’enconséquence ils ne soient exposés de perdre avec les frais du retar-dement le tems ôt le fruit de leur navigation, faute d’arriver dansles faisons convenables au lieu de leur destination.
689. La seconde qualité d’un bon Port, estd’avoir toujours,autant de profondeur d’eau qu’en peuvent tirer les plus fortsVaisseaux, afin d’y entrer à toute heure fans péril lors des tem-pêtes ( Art. 659,662 ), mais fur toutes choses qu’il n’y ait pointde courans qui en rendent l’accès dangereux. ( Art. 636.)
Les autres qualités essentielles font, que la côte soit telle-
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La bontéd’un Portdépend de.l’heureuxconcours deVair , del’eau íf dela terre.Remarquepar rapportaux ventsou d i’air.
Quelsfontles avanta-ges qui dé-pendent del’eau & 1 dela t erre.