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Seconde partie. Tome second.
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Chap. III. des Ecluses propres aux Rivières. 339fond plus bas , ces dépôts seront plus long-tems à se faire sentir ;mais à la fin venant à remplir le nouveau lit, les dernieres jet-tées deviendront aussi inutiles que celles qui les précédoient.Que íì l’on a la constance de les prolonger à mesure que la né-. cessité le requerera, l’embouchure ayant toujours le même fort,Ponn’en fera pas plus avancé, & les bancs ne feront que s’y mul-tiplier , l’expérience du passé annonçant ce qu on peut attendrede l’avenir. Croiroit-on que depuis sirruption du Rhône, arrivéeen 1711 jusqu en 1749, ce fleuve dans J’efpace de 40 ans, asait des dépôts sous seau & des attérissemens qui se sont successflvement étendus à la Mer, jusqu’à deux mille sept cens toises ,c’est-à-dire à plus dune grande lieue au-delà des anciennes bor-nes du rivage.

Si le projet de joindre le Port de Bouc au Rhône par un ca-nal de navigation n’a pas eu lieu jusqu’à présent, cela vient dece que ceux qui l’ont eu en vûe en différens tems se sont lais-sés effrayer par le travail qu’ossroit la montagne composée enpartie de rochers, qu il faut couper pour entrer dans le Port deBouc, parce que ce projet n’avoit pas été jusqu’ici examiné sé-rieusement, pour juger si on pouvoit raisonnablement l’entre-prendre ; mais par l’estimation qu’en a faite, en 1750, M. Miletde Monville , Ingénieur en chef à Toulon , plus capable quepersonne d’en bien juger, l’on est sûr qu’il ne coûtera toutau plusque deux millions. Pour cela il faut que le canal partant du Portde Bouc , vienne aboutir au Rhône proche l’Eglise de St, Tro-phime par le chemin le plus court, qui n’est que d’environ cinqlieues ; fa largeur doit avoir cinq toises de plafond , fur une pro-fondeur de sept pieds au-dessous des plus basses eaux de la Mer,qui l’entretiendra par l’etnbouchure du Port de Bouc. Pourqu’en tout tems les Bâtimens puiííent passer du canal dans leRhône , ôc réciproquement, à quelque hauteur que soient leseaux de ce fleuve , il faudra un Sas à deux Ecluses près de St.Trophitne , Articles 1051 & 1052.

II y a peu de projets de la nature de celui-ci qui présententmoins de difficulté dans Inexécution, & plus d’avantage dans lajouissance. Ce Canal entretenu par la Mer fur la profondeur desept pieds dans le tems de ses plus basses eaux, n’en manquerajamais. Comme il ne fera point exposé à recevoir les eaux bour-beuses du Rhône, ni les ensablemens de la Mer, qui n’auraavec lui qu’une communication indirecte , les dépôts ne s’yporteront point f & se trouyant absolument indépendant de sent-

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