LyS HISTOIRE DE LA COMPAGNIE ANGLOISE
Section la consommation de nos Manufactures dans les Pays que l’on pourvoit d'é-I> . toises des Indes (a). Par-là la Nation perd les avantages qu’il y a à em-Exptdi* 5 ployer nos propres Pauvres à faire valoir nos Manufactures, la source lalions &c. plus réelle des richesses & du pouvoir. Mais en accordant la nécessité detfesAnglois ce commerce, n’y a-t-il pas d’autre voye de le continuer,qu’en dépouillantaux Indes. tout; jjb re Breton de fes privilèges naturels, pour les donner à une troupe'' de gens qui s’engraissent des dépouilles de leur Patrie , & qui n’ont d’au-
tre droit à la protection singulière dont ils jouissent, que d’étre utiles à unMinistère ambitieux & entreprenant? Ces Marchands libres qui conduisentles autres parties de la vaste machine du commerce de la Nation, ne pour-' roient-ils pas aussi soutenir le poids, & diriger cette feule branche , qu’unpetit nombre de Directeurs conduisent à leur aise, & avec très-peu de con-noissance du commerce? L’illustre Corps des Marchands libres n’est-il pasen état d’équipper dix-fept vaisseaux, de faire la dépense d’entretenir quel-ques Factoreries, & de payer un petit nombre de personnes nécessaires, oude faire un fonds suffisant pour un commerce, que quelques-uns des Etatsles moins riches de la Chrétienté font en état de faire ? Quel avantage ou
S "e nécessité y a-t-il d’acheter dans les magazins ou aux ventes d’uneCompagnie toutes les marchandises de ces Pays éloignés, dont le*Marchands libres de la Grande-Bretagne, qui seuls les exportent, ont be-soin (L)?
Telles font les raisons de ceux qui prétendent que ce commerce en géné-ral est pernicieux, ou au moins que le seul moyen de le rendre avantageux,ce feroit de le laisser libre , & de permettre à tout le monde de le fai-re (*). Nous ne prétendons pas décider du mérite des argumens allégués
„ (ji) Ckild upon Trade, p. 52 . (J>) Address & Dodfley.
(*) II n’est personne qui examine soigneusement la nature du Commerce en général»qui ne soit en état de juger jusqu’où celui des Indes e(t avantageux au Public. & de que 1 *le façon particulière il peut se faire le plus commodément. Quand nos Lecteurs aurontlu notre Histoire des Compagnies qui font le commerce d’Asie dans les autres Etats d el'Europe, les profits que les Holiandois en particulier en ont retiré, & l’Empire qu’iIso«tfondé , ils feront vraisemblablement de l’avis de ceux qui soutiennent que le Comine rcedes Indes est avantageux, & peut-être de ceux qui pensent qu’il ne peut se faire que loU?la direction d’une Compagnie , & sur un fonds commun. Quant à ce que l’on dit que c'à 1un commerce ruineux » les argumens qu’on allégué font trop généraux, & contredisentPolitique des Nations les plus sages & les plus commerçantes. 11 feroit en effet bien p 1 ”prenant, que les principaux Potentats de l’Europe connussent assez peu leurs intérêt 5 >pour entretenir avec tant d’ardeur un commerce pernicieux à leurs Etats;que d’autres «*'vaillassent â y avoir part, & qu’ils s’accordent unanimement à le faire par des Comp*'gnies qui ont un fonds commun, à qui ils donnent des privilèges & des immunités P*fprés â leur donner du poids , de l’influence & du crédit dans les Indes, à proportion úi’importance de ce commerce., landis que les autres Nations commercent ainsi P ar ,Corps privilégiés, il semble qu’il ne feroit pas expédient pour aucune Nation de vouio^suivre d’autres mesures. Une Compagnie régulière fans un fonds commun, ne p ou í r< j?selon les apparences contrebalancer le crédit des autres. L’égalité de force & d’uni° u éla base de la puissance, paroît absolument nécessaire dans la concurrence; & peut-être jfla balance de pouvoir dans le commerce, n’est pas une maxime moins utile & ph* s ‘^ u ,k, que cette balance si long-tems recherchée dans le Système Politique. Le défaut &