DES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VI. 345
subsistoit. Dans faction dont il s’agit, les Amiraux Anglais & Ilollandois Sectionse distinguèrent extrêmement contre un ennemi fort supérieur. Le combat I1L \dura quatre jours consécutifs fans que la victoire fe déclarât pour aucun desdeux partis, mais la Compagnie fìt ime grande perte, un de ses plus beaux AnglaisVaisseaux ayant été brûlé: mais elle eut la satisfaction que la perte de f ennemi & la IIol-fûtbeaucoup plus grande, & que ses Etablissenrns à Surate, & en d’autres landois:endroits dans les Golphes de Cambaye & d’Ormus ne furent point inquié- .tés (a). II y eut plusieurs autres actions où les Portugais n’eurent d’autre ne.” W *avantage que la supériorité de forces. Comme ces actions n’eurent aucu- > ,-tnés fuites décisives ou importantes pour la Compagnie, nous les passeronsfous silence, renvoyant le Lecteur au Recueil de Barris, où il en trouveraune ample Relation (*).
(a) Leâìard Nav. Hist, sub ann. 1623.
Tan-
(*) Ce fut effectivement un point capital pour la Compagnie d'avoir dépossédé lesPortugais d’Ormus, & qui auroit été suivi de grands avantages , si les Guerres Civilesn’avoient entierement arrêté le Cours du Commerce des Indes. C’est une chose dignede l’attention du Lecteur, qu’une courte relation de l’Etabliffement des Portugais à Ormus,& de la maniéré dont les Anglois étendirent leurs privilegès. Shah Ayas s’étant rendumaître des Provinces qui font le long du Golpbe Persique , passa dans l’Iíle & bâtit iaVille d’Ormus, dans le dixieme siecle. Les Portugais la conquirent en 1508, du tems deSafodin , qui étoit tributaire du Roi de Perse, Albuqnerque côtoyant l'Arabie , apprit qu’ily avoit de la mésintelligence entre le Shah & la Ville d’Ormus, à l’occasion du Viceroiou Gouverneur; il se présenta avec sa Flotte devant la ville, défit l’Escàdre & les Troupesde Perse , & attaqua la ville avec tant de furie que le Viceroi fut obligé de capituler à desconditions honteuses. II reconnut le Roi de Portugal pour son Souverain, s’engagea àpayer tribut aux Portugais , & permit à d 'Albuquerque de construire un Fort qui coin*inandoit entierement la ville.
Les Maures, opprimés par les Portugais, entreprirent plusieurs fois de se délivrer dujoug de ces Maîtres tyranniques ; mais la vigilance des Portugais rendit non seulementtous leurs efforts inutiles, mais leur assura tout le commerce de ces Pays-là. Ce fut pargrâce que l’on permit à Safodin de demeurer à quelques milles de la ville , dont il avoitété Souverain. Shah Abhas ayant eu quelque sujet de se plaindre de l’insolence des Por-tugais , & sur-tout de la protection qu’ils avoient accordée â un Italien, nommé Gabriélt ,qui s’étoít enfui de Perse, ce Prince engagea les Anglois à fe liguer avec lui, pour pren-dre la ville d’Ormus & pour en chasser les Portugais. Ce grand Prince, également illus-tre par sa valeur & par son équité, n’ayant point de Flotte , avoit été obligé de souf-frir pendant longtems les insultes que les Bâtimens légers des Portugais saisoient fur sescôtes. 11s I’avoient fait avant son teins, & ils continuèrent à le faire pendant les premie-rs années de son régné. Fatigué enfin des plaintes de ses Sujets, que ces impérieux Con-Buérans dépouilloient & pilloient, il chercha à y remédier, d’abord en encourageant lesAnglois à établir un Comptoir à Jafques. Le Chevalier Thomas Roc, étant alors Ambassa-deur à la Cour de Perse , le Shah communiqua à ce Ministre son dessdn.de chasser lesPortugais du Golphe- O11 cohvint enfin que les Anglois aíïïsteroient le Roi par une Flot-te. moyennant certains privilèges qu’il accorderoit à la Compagnie; qu’il envoyeroit une■ùrrnée de terre, & payeroit tous les frais de l’entreprise. Selon les conventions le Shahenvoya une armée de quarante-mille hommes, avec des barques pour les transporter dansGfle; en même tems la Flotte Angloise, composée de cinq vaisseaux bien pourvus d’hom.î,les ( , & qui avoient ensemble quarante pieces de canon , investirent la place par mer,®Près avoir battu les Frégates Portugaises. Le feu terrible, du 1 ort coula à fonds un desxdsseaux Anglois, dont on avoit débarqué les canons, asin d’en faire une batterie pour‘°tidroyer I e Fort. On l’attsqua si vivement par terre & par mer qu’en moins de deuxl °is les Portugais capitulèrent > à condition de laisser les fortifications dans leur entier
Ionie BII. Xx &