DES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VI. 417
» Vaisseau n’étant pas encore de retour à Pulo Condore , je ne pouvois di- Section„ re pourquoi on en avoir agi ainfi. On me congédia alors & on me V.
„ ramena au logis, où l’on m’ôta le Cangue. Le lendemain je fus chez le /í ^ cscn f a '„ fils du Gouverneur, & celui-ci ayant passé par Lazard m’apperçut S L v Á ur„ me fit dire daller chez lui. II ne me demanda rien d’important, mais,, seulement pourquoi j’avois envoyé deux Anglois à Camboye,& combien -„ je leur avois donné. Après avoir répondu à ses questions, je le priai», de me dire ce qu’il avoir dessein de faire de nous ? II me répondit que„ nous devions attendre jusqu’à ce qu’il eût réponse de la Cour, ce qui3, ne seroit qu’au bout de deux mois. Je demandai alors le Capitaine Ri d-3, ley, qui étoit malade à Dangai , à vingt lieues environ delà, & qu’il fit„ ôter les Gangues à ses gens. II me répliqua seulement qu’il verroit dans„ peu. J’ignore ce que nos très-honorés Maîtres voudront faire,& parcet-„ te raison je ne puis leur rien conseiller.
Signé
CUNNINGHAM.”
• M. Cunningh'am fut ensuite Président de Banjar, où il fut également mal-heureux , les Naturels ayant ruiné l’Etablissement, Jorsqu’il n’y avoir pasété dix jours, cependant d’une façon moins tragique. Nous ne trouvonspoint que la Compagnie ait jamais recouvré les effets perdus à Pulo Con-dore , ni obtenu aucune satisfaction de l’injure que lui avoient faite lesCochinchinois, & de leur barbarie. II fe peut que J’éloignement des lieuxa rendu la chose difficile (d). ' '
En 1719, le Gouverneur & le Conseil deBencouli résolurent, à cause du T^aComp».mauvais air, de traníporter la Factorie à quelques milles du lieu où elle é- gmetram-toit. Dans ce dessein on choisit le terrein pour le Fort Marlborough , auquel on travailla avec beaucoup de diligence & de vigueur. Mais le Con-seil n’avoit pas assez consulté le caractère & les inclinations des Naturels, couli auqui furent fort mécontens de ce dessein. Ils avoient déja fait paroître quel-. FortMarl.que petite jalousie & de l’aigreur ; mais comme ils n’en étoient pas venus à bor °ugh.une rupture ouverte, le Conseil n’y fit pas attention. Les Habitans voyantqu’on travailloit avec tant d ardeur à ce nouveau Fort, en prirent ombra-ge , & s’imaginerent qu’on avoir dessein d’entreprendre fur leur liberté,ou au moins fe défièrent de l’affectíon des Anglois. Cette idée ayant prisracine, répandit parmi eux un tel esprit de rébellion , qu’ils ne médite-,rent pas moins qu’une révolte générale, & la ruine entiese d’une puissan-ce qu’ils commençoient à redouter. Ils dissimulèrent néanmoins lì adroi-tement leurs sentimens, & donnerent si peu de marques de chagrin & deressentiment, que les Anglois continuèrent leur travail, fans appréhen-der le. moins du monde ce qui se tramoit contre eux, jusqu’au momentque la conspiration fut sur le point d’éclatter (b). On aura une idéeplus juste de toute cette affaire, & de la conclusion de la conspiration
(s) Lockjcr, p. 90, (b) Hamilton , Vol. II. C. 4.
Ggg
par
Tome VIL