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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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Sect. VII.tìiít. dAl-lemagne,

1254-1313.

Son mitria-

Etnt del'Allema-gne.

S divi'Ions.

2 HISTOIRE DE LEMPIRE

très accrédité; de maniéré que par cette alliance, Guillaume fe vit en état,si non daffermir entièrement son autorité, du moins de soutenir la splendeurdu rang & du titre quil tenoit de íà fortune, & des intrigues du SouverainPontife ; enfin lorsque la nouvelle de la mort de Conrad fe fut répandue en Al-lemagne, Guillaume de Hollande fut unanimement reconnu Roi des Romains;& ce fut feulement alors quil commença de régner, & que son droit autrône impérial cessa déprouver des contradictions. Son premier soin fut das-fembler une dicte à Francfort, & de concert avec lès Princes, il y portades lpix très - sages pour le rétablissement de la paix en Allemagne, vivementagitée & cruellement déchirée , depuis léclat des premiers feux de la guerrefuneste entre le Sacerdoce & lEmpire : les crimes y régnoient avec impu-nité, les loix y étoient ou totalement méconnues ou foulées aux pieds; lesplus forts accabloienc les plus foibles:. il y avoit encore moins de fureté dansles villes & les routes publiques, que dans les forêts se retiraient les bri-gands: heureux si lavénement de Guillaume de Hollande au trône impérialavoit mis fin à ces désordres: mais armés les uns contre les autres, les Sei-gneurs, qui, h la faveur du schisme, sétoient fait une guerre cruelle, étoienttrop animés du désir de sentredétruire, pour fe prêter aux vues pacifiquesdu nouveau Souverain: dailleurs, Guillaume avoit un intérêt personnel dans-lune de ces divisions, & cëtoit celle qui pour lors causoit les plus grandstroubles ( 1 ).

Marguérite, sœur cadette de Jeanne, Comtesiè de Flandre & de Hay-naut, avoit épousé à linsçu de fes parens & de fa sœur, Bouchard dAves-nes, foûdiacre, & son tuteur. Indignée dune telle alliance, la Comtesiè d»Flandre fe plaignit vivement, accusa Bouchard de rapt, implora le secoursdu Pape Innocent IV ; mais pendant quelle sollîcitoit la dissolution de cemariage, les deux époux vivoient ensemble, & Marguérite eut trois enfansde Bouchard: celui-ci fut pourtant excommunié par le Pape, qui déclara,quoiquun peu tard, le mariage nul. Docile à la sentence du Souverain Pon-tife, Marguérite quitta Bouchard, & quelque tems après elle épousa Guil-laume de Dampierre, fils de Guy, Seigneur de Bourbon. BoucharddAvefnes reconnut ses torts, fut absous , rentra dans son état de sou-diacre, & Marguérite qui avoit auffi plusieurs enfans de son second époux,,reconnut, ou du moins parut reconnoître également pour fes héritiers les dA-vefnes & les Dampierres: mais ils fe haïrent mortellement: les Dampierrene voulant regarder ceux que leur mere avoit eus de dAvefnes que commedes bâtards. Du vivant de Marguérite ils ne pouvoient fe disputer fa suc»cession: mais après sêtre fort violemment disputé les droits que les uns & lesautres prétendoient quils y auraient un jour, ils consentirent par un compro-mis quils signèrent tous, ainsi que Marguérite leur mere, à sen rapporterau jugement qui feroit prononcé par le Roi de France & par Eude Légatdu S. Siégé. Les deux arbitres réglèrent, à Paris, quaprès la mort de laComtesiè, Jean dAvefnes, laîné des enfans de Bouchard, auroit le Comtéde Haynaut, & quil fe chargeroit de payer la légitime à Baudouin son ca-det; que Guillaume de Dampierre lainé du second lit, auroit le Comté de(i) Chrcn. Albert. Abb. Stad. Spener !oco citaío.