Sect. VII.tìiít. d’Al-lemagne,
1254-1313.
Son mitria-
Etnt del'Allema-gne.
S divi'Ions.
2 HISTOIRE DE L’EMPIRE
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très accrédité; de maniéré que par cette alliance, Guillaume fe vit en état,si non d’affermir entièrement son autorité, du moins de soutenir la splendeurdu rang & du titre qu’il tenoit de íà fortune, & des intrigues du SouverainPontife ; enfin lorsque la nouvelle de la mort de Conrad fe fut répandue en Al-lemagne, Guillaume de Hollande fut unanimement reconnu Roi des Romains;& ce fut feulement alors qu’il commença de régner, & que son droit autrône impérial cessa d’éprouver des contradictions. Son premier soin fut d’as-fembler une dicte à Francfort, & de concert avec lès Princes, il y portades lpix très - sages pour le rétablissement de la paix en Allemagne, vivementagitée & cruellement déchirée , depuis l’éclat des premiers feux de la guerrefuneste entre le Sacerdoce & l’Empire : les crimes y régnoient avec impu-nité, les loix y étoient ou totalement méconnues ou foulées aux pieds; lesplus forts accabloienc les plus foibles:. il y avoit encore moins de fureté dansles villes & les routes publiques, que dans les forêts où se retiraient les bri-gands: heureux si l’avénement de Guillaume de Hollande au trône impérialavoit mis fin à ces désordres: mais armés les uns contre les autres, les Sei-gneurs, qui, h la faveur du schisme, s’étoient fait une guerre cruelle, étoienttrop animés du désir de s’entredétruire, pour fe prêter aux vues pacifiquesdu nouveau Souverain: d’ailleurs, Guillaume avoit un intérêt personnel dans-l’une de ces divisions, & c’ëtoit celle qui pour lors causoit les plus grandstroubles ( 1 ).
Marguérite, sœur cadette de Jeanne, Comtesiè de Flandre & de Hay-naut, avoit épousé à l’insçu de fes parens & de fa sœur, Bouchard d’Aves-nes, foûdiacre, & son tuteur. Indignée d’une telle alliance, la Comtesiè d»Flandre fe plaignit vivement, accusa Bouchard de rapt, implora le secoursdu Pape Innocent IV ; mais pendant qu’elle sollîcitoit la dissolution de cemariage, les deux époux vivoient ensemble, & Marguérite eut trois enfansde Bouchard: celui-ci fut pourtant excommunié par le Pape, qui déclara,quoiqu’un peu tard, le mariage nul. Docile à la sentence du Souverain Pon-tife, Marguérite quitta Bouchard, & quelque tems après elle épousa Guil-laume de Dampierre, fils de Guy, Seigneur de Bourbon. Bouchardd’Avefnes reconnut ses torts, fut absous , rentra dans son état de sou-diacre, & Marguérite qui avoit auffi plusieurs enfans de son second époux,,reconnut, ou du moins parut reconnoître également pour fes héritiers les d’A-vefnes & les Dampierres: mais ils fe haïrent mortellement: les Dampierrene voulant regarder ceux que leur mere avoit eus de d’Avefnes que commedes bâtards. Du vivant de Marguérite ils ne pouvoient fe disputer fa suc»cession: mais après s’être fort violemment disputé les droits que les uns & lesautres prétendoient qu’ils y auraient un jour, ils consentirent par un compro-mis qu’ils signèrent tous, ainsi que Marguérite leur mere, à s’en rapporterau jugement qui feroit prononcé par le Roi de France & par Eude Légatdu S. Siégé. Les deux arbitres réglèrent, à Paris, qu’après la mort de laComtesiè, Jean d’Avefnes, l’aîné des enfans de Bouchard, auroit le Comtéde Haynaut, & qu’il fe chargeroit de payer la légitime à Baudouin son ca-det; que Guillaume de Dampierre l’ainé du second lit, auroit le Comté de(i) Chrcn. Albert. Abb. Stad. Spener !oco citaío.