D’ALLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. VII. z
Flandre, à la même condition de payer la légitime à chacun de ses freres ^ d . Al ,cadets (l). , lemagne,
II étoit évident que les fils de Bouchard n’avoient nulle raison de se 1254-1,315.plaindre de ce jugement, qui fut rendu par S. Louis deux ans avant son 'départ pour la terre Sainte; Jean d’Avesnes n’en parut cependant rien moinsque satisfait, & il s’en plaignit fore amèrement à S. Louis lu i-même. Toutefois, ne pouvant, du moins alors, se dispenser de se conformer h la senten-ce des deux arbitres, il feignit de vouloir s’en tenir à leur décision: maisquelque tems après que le Roi de France fut parti pour la Palestine, Jeane’Avesnes ayant épousé la Sœur de Guillaume de Hollande, & se croyantassez fort avec un tel appui, résolut de rompre le compromis qu’il avoit si-gné, & de ne plus s’en tenir au jugement prononcé par les deux arbitres.
Marguérite irritée se déclara pour les Dampierres, & Guillaume s’empreíîàd’autant plus de prendre le parti des d’Avesnes, qu’il ne cherchoit qu’une oc-casion de se-venger de Marguérite, contre laquelle il étoit très-irrité, à causeque la ComteíTè avoit voulu contraindre son frere Florent à lui faire hom-mage des Comtés de Hollande & de Zélande.
Jean d’Avesnes profitant de cette occasion, rompit hautement l’accommo- Guerre e»cernent qu’il avoit fait avec les Dampierres, & attira dans son parti l’Empe- Hollande,reur Guillaume son beau-frere, le Duc de Brabant, l’Evêque de Liège, lesComtes de Cleves, de Bergues, de Luxembourg, l’Archevêque de Colo-gne, & plusieurs Seigneurs des Pays.-Bas. De leur côté, Marguérite & sesenfans du second lit, appellerent à leur secours les Seigneurs de France quicroyant devoir soutenir le jugement de S. Louis, défendirent la Comtesse:ensorte que plusieurs d’entre eux suivis de leurs vassaux, & ayant à leur têteles Comtes de Bar & de 8. Pol, marchèrent au secours de Marguérite, & ten-tèrent une descente dans l’île de Walcheren cn Zélande, où ils s’étoient flattésde surprendre d’Avesnes ; mais où ils furent surpris eux - mêmes par Guillau-me de Hollande, qui s’étant douté de leur projet, & s’étant mis dans cetteîle en état de défense, les attaqua & les battit si complettement, qu’ils per-dirent vingt mille hommes dans cette malheureuse action, le 24 de JuilletI2ZZ (2).
Accablée par ce cruel évenement, la Comtesse Marguérite, résolue de pé- en Flan-rir plutôt que de céder à l’Empereur Guillaume, implora le secours de à,Charles, Comte d’Anjou, frere de S. Louis , & afin de le déterminer, ellelui céda la ville de Valenciennes & tout le Comté de Haynaut. A des con-ditions aussi brillantes , Charles ne balança point, & rassemblant une puissan-te armée, il entra dans la Flandre, dans la résolution d’y abattre entiere-ment les ennemis de la Comtesse; mais le plus puissant de ceux-ci étoit alorsdans l’împossibilité de s’oppofer à Charles: les Frisons s’étoient révoltés con-tre lui, & il avoit été obligé de marcher contre eux avec toutes ses forces;ensorte que n’éprouvant ni résistance ni obstacles, Charles avoit déja fait desprogrès très-rapides en Flandre; il s’étoit déjà rendu maître de Rupelmonde,
Mons, Valenciennes, & de plusieurs autres places, quand vainqueur des Fri»
(t) Matth. Paris. Daniel Hist. de France. Tom. III.
(2) Idem ibid, Cltrtnit, Alb. Abb. Stad. ai ami. J253,
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