Buch 
40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
Seite
6
JPEG-Download
 

6 HISTOIRE DE LEMPÌRE

Sect. VII. blerent, mais les plus puissans dentre eux cabalerent, formerent des factions,Hist.i'M- & chacun deux voulant réunir les suífrages, rassemblée se sépara, sans quillemagne. eut ^ possible de procéder à sélection: afin daplanir ces nouveaux obs-irz^-iZiz . tac i es êc de dissiper ces brigues, les Archevêques de Cologne & de Mayen-jíjsemblie ce représenrerenr que le seul moyen décarter cette foule de prétendans doncdes Elee - la jalousie mutuelle ne faisoit que prolonger la vacance du trône , étoit detms. choisir un Prince étranger. Cet avis étoit très-sage; mais il nétoit rienmoins que désintéressé ; Richard, Comte de Cornouailles & frere de Henri III,Roi dAngleterre a volt donné aux deux Prélats des sommes très-considéra-bles, & sécoir, par ce moyen, assuré de leurs suffrages; ce marché étoitAlphonse, connu de tous, & Ton sa vol t que P Archevêque de Treves avoit réfusé 15000Roi de Cas- marcs dargent que Richard lui avoit fait offrir ; on ne suivit donc quenl Ì} lt . í íu partie lavis des deux Prélats, & les Seigneurs chargèrent par un compromismains! lArchevêque de Treves délire lui-même un Roi des Romains, promettantde reconnoître celui quil nommeroit. LArchevêque, après avoir délibéréen particulier avec le Duc de Saxe, les Evêques de Spire & de Worms, pro-clama Alphonse, Roi de Castille, & ce choix fut confirmé par tous les Sei-gneurs assemblés.

Richard est Richard avoit, dit-on, fait paílèr 700,000 livres Sterling en Allemagne,élu austì. & cette somme agissoit fortement sur les Archevêques de Cologne , de Ma-yence, & fur Louis de Bavière, Comte Palatin du Rhin; ils sassemblerentà Francfort & procédant à sélection, ils élurent Richard, auquel ils se hâ-tèrent denvoyer une ambassade solemnelle, à la tête de laquelle étoit Con-rad, Archevêque de Cologne : ceux qui a voient voté pour le Roi de Castille,lui avoient également envoyé des ambassadeurs pour lui notifier le choixquon avoit fait de lui. (1)

A ne consulter que les qualités personnelles des deux concurrens, il nyavoit point à balancer, & Alphonse méritoit la préférence à tous égards;mais Alphonse étoit éloigné, & la crainte que dans son absence, les Mauresquil avoit abattus ne se réunissent , ou que ses sujets mécontens, ulcéréspar ses hauteurs, ne se soulevassent, ne lui permettoit pas de séloigner deses Etats: ainsi quh cet égard, le Comte de Cornouailles avoit fur lui le plusgrand avantage: il sçut en profiter, & se hâtant de paílèr en Allemagne,ses profusions accrurent énormément le nombre de ses partisans, if reçut àAix - la - Chapelle la couronne des mains de lArchevêque de Cologne, ilalla visiter les villes situées le long du Rhin, & par-tout le Peuple & lesGrands sempreslèrent h lui rendre hommage.

Pendant que Richard se faisoit reconnoître, le Duc de Lorraine, Chef desambaílàde envoyée au Roi de Castille, preílòit ce Monarque daller aussi íèmettre en posièssion de sa nouvelle dignité. Alphonse étoit, sans contre-dit, lun des Souverains les plus éclairés de son siécle; par fa valeur & sesvictoires il sétoit acquis presquautant de célébrité que lui en avoient pro-curé ses progrès étonnans dans les Sciences : il paíloit pour le plus habileastronome de son tems & il létoit en effet: mais avec tant de grandes qualités,Alphonse tsavoit pas pour lui la cour de Rome : car il navoit jamais approu-

(1) Rytneii, T. 1. Matth. Paris. Monach, Paduens. Chm, Augut.