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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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DA L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VII. f

les croisades, & même il sattachoit à affaiblir dans ses Etats la puissance bìJI. d-du ciergé: il craignait avec raison que le S. Siégé ne se déclarât pour Richard; lemagne,& sil ne se soucioit pas davoir pour lui la cour de Rome, il ne vouloir pas du I2 54-i3i3.moins lavoir pour ennemie; aussi ne reçut-il la nouvelle de son élection qua- 'vec asièz dindifference, & ne montra- 1 -il que peu demprestèment à ac-cepter le titre de Roi des Romains, dont il ne laissa pourtant pas dexercerles fonctions, en saveur de Frideric III, Duc de Lorraine,qui lui prêta ser-ment de fidélité & qui reçut publiquement d'Alphonse linvestiture du Du-ché de Lorraine, & une pension de mille marcs dargent à prendre fur laville de Burgos (i).

Mais tandis quen Espagne Alphonse agissoit en Roi des Romains, Richard Richard fien Allemagne jouissoit pleinement de cette dignité il investit Ottocare du f aií recon-Royaume de Bohême & du Duché dAutriche; ìl combla de bienfaits Henri, n °j!! eenEvêque de Strasbourg, auquel il donna ladministration de plusieurs villesImpériales d'Alsace. Vernier de Falkenstein, Archevêque de Mayence son ' Jbeau-frere, reçut de lui le vicariat dAlsace; Philippe de Falkenstein celui deWeteravìe , & Philippe de LIohensels celui de Worms, de Mayence &c.

II créa Prince de l'Empire Gui de Dam pierre, & sic Chancelier & Princedu S. Empire, Nicolas Evêque de Cambra L

Les Archevêques de Treves , le Duc de Saxe & leurs adhérons, ne cef-soient par leurs députés de presièr le Roi de Castille de hâter son voyage enAllemagne : mais une foule de factieux qui cabaloient dans son Royaume, &la nécessité dachever de soumettre les Maures ne lui laissoient pas la libertéde séloigner. Les délais quil étoit obligé de demander fans cesse aux chefsde son parti, refroidirent ceux-ci; plusieurs même dentre eux firent dau-tant moins de difficulté de fe déclarer pour Richard, que,couronné Roi desRomains, & reconnu dans la plus grande partie de lAllemagne, la posses-sion du Sceptre & le consentement du peuple avoient couvert,.en quelqueforte, lillégitimité de son élection. II est vrai que si le Roi de Castille nepouvoit aller en Allemagne faire valoir fes droits par la force des armes, ilsefforçoit du moins de faire triompher fa cause par les manifestes & les écritsde fes jurisconsultes, mais fes raisons étoient vivement combattues par lesjurisconsultes de Richard. Les deux concurrens sen prenoienr chaeun aux.électeurs qui avoient élu son rival. Richard supposoit k l'Archevêque deTreves des crimes qui le rendoient indigne de voter; Alphonse avec plus deraison, prouvoit que les électeurs de Richard avoient été payés ( 2 ).

Comme ces écrits ne faisoient quaigrir la dispute & ne décidoient rien, Difpositimles deux concurrens ne manquèrent point denvoyer des ambassadeurs à Ro- da deuxme, chacun pour engager le Pape à confirmer son élection. Alexandre qui concurrent.nétoit point fâché de cette concurrence, très-favorable k fes vues dagran- 12581dissement en Italie, demanda tant de délais, que, fatigués de fes lenteursles deux Rois des Romains prirent la résolution de décider la querelle par lesort des armes ; en sorte que l'Allemagne étoit menacée de la plus violentedes guerres & quelle eut inévitablement été déchirée, si les deux Princes

(1) Lcibnitz Codijar. Ge?it. Baleiepurt, (2) Albert Stad. Spener. Struvius Period, 8k Interrègne.