D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VII. f
vé les croisades, & même il s’attachoit à affaiblir dans ses Etats la puissance bìJI. d’Aî-du ciergé: il craignait avec raison que le S. Siégé ne se déclarât pour Richard; lemagne,& s’il ne se soucioit pas d’avoir pour lui la cour de Rome, il ne vouloir pas du I2 54-i3i3.moins lavoir pour ennemie; aussi ne reçut-il la nouvelle de son élection qu’a- 'vec asièz d’indifference, & ne montra- 1 -il que peu d’emprestèment à ac-cepter le titre de Roi des Romains, dont il ne laissa pourtant pas d’exercerles fonctions, en saveur de Frideric III, Duc de Lorraine,qui lui prêta ser-ment de fidélité & qui reçut publiquement d'Alphonse l’investiture du Du-ché de Lorraine, & une pension de mille marcs d’argent à prendre fur laville de Burgos (i).
Mais tandis qu’en Espagne Alphonse agissoit en Roi des Romains, Richard Richard fien Allemagne jouissoit pleinement de cette dignité il investit Ottocare du f aií recon-Royaume de Bohême & du Duché d’Autriche; ìl combla de bienfaits Henri, n °j!! eenEvêque de Strasbourg, auquel il donna l’administration de plusieurs villesImpériales d'Alsace. Vernier de Falkenstein, Archevêque de Mayence son ' Jbeau-frere, reçut de lui le vicariat d’Alsace; Philippe de Falkenstein celui deWeteravìe , & Philippe de LIohensels celui de Worms, de Mayence &c.
II créa Prince de l'Empire Gui de Dam pierre, & sic Chancelier & Princedu S. Empire, Nicolas Evêque de Cambra L
Les Archevêques de Treves , le Duc de Saxe & leurs adhérons, ne cef-soient par leurs députés de presièr le Roi de Castille de hâter son voyage enAllemagne : mais une foule de factieux qui cabaloient dans son Royaume, &la nécessité d’achever de soumettre les Maures ne lui laissoient pas la libertéde s’éloigner. Les délais qu’il étoit obligé de demander fans cesse aux chefsde son parti, refroidirent ceux-ci; plusieurs même d’entre eux firent d’au-tant moins de difficulté de fe déclarer pour Richard, que,couronné Roi desRomains, & reconnu dans la plus grande partie de l’Allemagne, la posses-sion du Sceptre & le consentement du peuple avoient couvert,.en quelqueforte, l’illégitimité de son élection. II est vrai que si le Roi de Castille nepouvoit aller en Allemagne faire valoir fes droits par la force des armes, ils’efforçoit du moins de faire triompher fa cause par les manifestes & les écritsde fes jurisconsultes, mais fes raisons étoient vivement combattues par lesjurisconsultes de Richard. Les deux concurrens s’en prenoienr chaeun aux.électeurs qui avoient élu son rival. Richard supposoit k l'Archevêque deTreves des crimes qui le rendoient indigne de voter; Alphonse avec plus deraison, prouvoit que les électeurs de Richard avoient été payés ( 2 ).
Comme ces écrits ne faisoient qu’aigrir la dispute & ne décidoient rien, Difpositimles deux concurrens ne manquèrent point d’envoyer des ambassadeurs à Ro- da deuxme, chacun pour engager le Pape à confirmer son élection. Alexandre qui concurrent.n’étoit point fâché de cette concurrence, très-favorable k fes vues d’agran- 12581dissement en Italie, demanda tant de délais, que, fatigués de fes lenteursles deux Rois des Romains prirent la résolution de décider la querelle par lesort des armes ; en sorte que l'Allemagne étoit menacée de la plus violentedes guerres & qu’elle eut inévitablement été déchirée, si les deux Princes
(1) Lcibnitz Codijar. Ge?it. Baleiepurt, (2) Albert Stad. Spener. Struvius Period, 8 „k Interrègne.