IO
HISTOIRE DE L'EMPIRE
Sbct. VII.mil. d’Al-iemagne,
1254.1313-
Entre í' Im-pératriceMarie Ule Comte deNamur.
qui en disposant comme d’unbien propre, en avoir d’autant plus volontiersfait don à TImpératrice Marie, que c’écoit un essec du patrimoine de Bau-douin : mais Guy de Luxembourg n’approuvant point cette donation, secondépar les habitans de Namur, tua le Gouverneur que Marie y avoir mis, ferendit maître de la ville, & alla assiéger Marie dans un fort du voisinage ;elle fut secourue par la Comtesse Marguerite, Jean & Louis ses deux frétés;ils eurent la supériorité, & après plusieurs combats, la paix fe rétablit auxconditions que Guy fils de la Comteiïè Marguerite épouserait Elisabeth, filledu Comte de Namur, & que fímpératrice Marie ferait dédommagée par unesomme qui fut fixée.
L’Italie n’étoit pas plus-tranquille que TAllemagne, le Schisme de TErn-pire étendoit cruellement dans ce pays les désordres & les fureurs de Tanar-chie: tandis que secondé par la fortune & plus encore par la férocité d’Ec-celin, le plus terrible des guerriers, ou plutôt le plus impitoyable des bri-gands, Mainfroy ajpattoit dans la Bouille la faction de Rome, & que de suc-cès en succès il pénétrait en Sicile, fe fuifoit couronner à Palerme, s’éffor-çoit de s’affermir fur le trône & luttoit contre les intrigues & les foudres quene cestòit de lancer fur fa tête le Souverain Pontife; la haine, les hostilités& les feux de la guerre continuoient d’embraser TAllemagne. L’Evêque deStrasbourg étant mort, Henri, Baron de Geroldes lui succéda, & entrepritde gêner la liberté & de restreindre les privilèges des Strasbourgeois: ceux-ci prirent les armes, & s'emparèrent d’un château de TEvêque qu’ils dé-molirent: outré de cette insulte, Henri ne respirant que la vengeance, feligua contre les Strasbourgeois avec TArchevêque de Trêves, Rodolphe deHabsbourg, & la principale noblesse des environs; malgré la supériorité quefembloient devoir lui donner tant de puissans alliés, il fut battu & contraintde demander une treve de trois mois : pendant la treve ils attirèrent dansleur parti le Comte de Habsbourg, & fiers d’avoir à leur tête un tel Gé-néral , ils recommencèrent la guerre aussi-tôt que le terme de la treve futexpiré; les grandes espérances qu’ils avoient conçues du Comte de Habs-bourg, ne furent point trompées : Rodolphe surprit Colmar, se rendit maî-tre de Mulhauftn, & livra une bataille décisive h TEvêque, qui fut complet-tement vaincu, «Sc trop heureux d’obtenir la paix aux conditions les plus oné-reuses. (r)
Pendant que les Prélats d’AIIemagne se signaloient par des combats, leurchef, Alexandre IV, expirait àViterbe, après un Pontificat d’un peu plusde six ans; il s’étoit fait estimer par la douceur de son caractère, par sondésintéreílòment, & fur - tout par fa piété: quand la mort le surprit, il s’oe-cupoit des intérêts de son pupille Conradin, & il étoit entré pour ce mal-heureux Prince en négociation avec TImpératrice Elisabeth, veuve de Con-Mort à'A- rad IV. Son successeur Pierre de Troyes, fe distingua sous le nom d’fJrbainìexr.ndre IV, par des qualités opposées; ce fut lui qui en haine de la maison de Sua-be féconda de toute fa puissance les projets de Charles de France ComteClément íF d’Anjou ; il ne fit à la vérité que fe montrer fur la chaire Pontificale, maisleur succédé. Clément IV son fucceílèur eut la gloire, si c’en eíl une , d’exécuter les1253 -264.
Entre lesSlrasbour -geois &IturEvê^ue.
(1) Wimphaling. Gnill. Ilabtburg. L. 6. Rhe.nau. T. 3. Chrtrt. Cçltnar.