II
D’A L L E M A G N E.
L iv. XXV.
Sect. VII. n
dangereux & fnnestes desseins d’Urbain IV, & d'établir la puifîànce de Char-les fur les ruines & la ddtruction de la postérité de l’Empereur Frideric If.
Tandis que ces scenes d’horreur se paslòient en Italie & sur-touc en Sicile,s Allemagne étoic dans le trouble & la confusion: Richard, retenu en Angle-terre par le soulèvement des Barons Anglois contre le Roi Henri son frere,& Alphonse, occupé en Castille à réprimer les Maures & à contenir ses su-jets indociles, ne songeoient ni à remédier aux maux qui accabloient l’Empi-re, ni à faire valoir leurs droits au Sceptre Impérial, & le peuple étoit lavictime de Tindifférence des deux chefs, & de l’avidité des tyrans qui lessouloient. II est vrai que le Landgrave de Thuringe, le Marquis de Bran-debourg, les Ducs de Brunswich, le Marquis de Misnie & les Comtes deHolstein,sensibles aux malheurs de leur patrie,s’affèmbierent àQuedlinbourg,Tirent des réglemens, déterminèrent même le nombre des troupes que cha-que Prince devoit fournir contre les brigands qui désoloienc les campagnes& infestoient les grands chemins: mais ces ligues n’eurent aucune fuite , &les croisades qu’à la plus légère querelle avec ses voisins chaque Prélat fai-soit prêcher dans son diocèse, attiroient sous leurs étendards la plus grandepartie des combattans, & assoibliílòient les confédérations qu’on formoit ouqu’on eut pu former pour des objets plus généralement utiles. Ce fut parle moyen d’une de ces croisades que les Chevaliers Teutoniques triomphè-rent complètement des Prussiens, qui , soulevés avoient eu déjà des succèsallarmans, & se suíîènt entierement emparés de la Pruílè, fi Othon, Mar-quis de Brandebourg h la tête d’une nombreuse armée de croisés ne fut venuau secours de Tordre teutonique: il fondit sor les Prussiens, qu’il vainquit,qu’il obligea h la restitution de tout le burin qu’ils avoient fait, & h jurerqu’ils ne troubleraient plus les Teutons dans la possession des villes qui leurappartenoient (i).
L’Alface étoit alors le théâtre d’une guerre encore plus meurtrière, ausujet d’une querelle qui s’étoit élevée entre les habitans de la ville de Seltz& ceux de la ville de Strasbourg. Henri, Evêque de Strasbourg attira dansle parti de cette ville TEvêque de Spire, les Comtes de Linange, plusieursautres Seigneurs, & sor-tout Rodolphe de Habsbourg, h qui les Strasbour-geois, en reconnoiílànce des services qu’ils en avoient reçus , & de ceuxqu’ils en attendoient encore, érigèrent une statue équestre au milieu de leurplace publique.
A Texemple des Strasbourgeois la plupart des villes Suides, oppriméespar les nobles & les ecclésiastiques, se mirent sous la protection de Rodol-phe; il répondit à leur attente, du moins pendant quelque tems, & pourmieux les défendre de la tyrannie, il fixa son séjour à Bâle.
Les mêmes Princes qui déjà s’étoient assemblés à Quedlimbourg, dans lavue de remédier aux désordres qui agiraient TEmpire, tournèrent enfin leursregards sor Conradin & songèrent à Télever au trône. Les circonstancesparoidòient d’autant plus favorables, que les deux factions, celle d’AIphonfe& celle de Richard , également fatiguées de leurs divisions & plus encorede la lenteur du 8. Siégé à prononcer entre les deux concurrens, étoient
(i) Dlugofli. FI$. Fol. Spener ffljt. Germ. Umv. odmn. 1265.
Bi
«
Hifl. d’Al-lemagne,1254 1313.
Vi&oire desTeutons furles Prussiens1265.
Soins inu-tiles desEleveursfout se dot 1*f.er unchef.