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HISTOIRE DE L’EMPIRE
Sect. vit. très - disposées à se donner un nouveau chef: déjà même FArchevêque dei-íi/ì. d’AI- Mayence avoir indiqué une diete pour y procéder à une nouvelle élection,Ismagne, A j a plupart des Princes Electeurs étoienc disposés à donner leurs voix àir)4->ZlZ . Oonradin, lorsque le Souverain Pontife, informé de cette résolution, écrivitdes lettres fort pressantes, par lesquelles il défendoit d’élire Conradin , fouspeine de nullité & d’excommunication contre les Electeurs qui lui donneroientleur suffrage, fi)
Ce fut ce dernier trait de la haine de Rome qui détermina le trop mal-heureux Conradin à passer en Sicile, où il avoir un parti formidable composéde tous les mécontens à qui la dureté du gouvernement de Charles d’Ánjouétoit devenue insupportable. Jufqu’alors Conradin avoir été à la Cour de Louisle Sévere Ton oncle maternel, ce fut par les conseils & aux frais de Louisqu’il entreprit cette fameuse expédition: mais avant que de partir pour la Si-cile, il légua, en cas de mort, à Louis & à Henri ses oncles, tous ses biens& Etats de quelque nature qu’ils pussent être. On sçait & l'on a dit ailleursdans cette Histoire (2) quelles furent les fuites de ce fatal voyage. Con-radin eut d’abord des succès éclatans, mais le Duc de Bavière & le ComteMalheumi. de Tirol, que l’Impératrice Elisabeth avoit épousé en secondes noces, con-Je expédition traìnts de revenir dans leurs Etats violemment attaqués parle Roi de Bohê-de Conradin Mg, ne laissèrent auprès de lui que le jeune Duc d'Autriche. Dès lors la for-1266*1267! tune à la victoire quittèrent les drapeaux de Conradin, qui, vaincu , mis en1268-1269! fuite par l’usurpateur de son trône, eut encore le malheur de tomber entre lesmains de son spoliateur, qui le fit inhumainement périr sur l'échaffaud; jeuneinfortuné, digne d’un meilleur fort ; plus digne de régner que l’atroce Charlesd’Anjou, & qui dans ses derniers instans conservant toute fa fermeté déclarahautement que ses intentions étoient que ses droits évidens à la couronne deSicile, fussent transmis au Roi d’Arragon; elles furent remplies dans la fuiteces intentions, & les Aragonois vengerent les Siciliens des maux & desvexations que les François leur avoienr fait souffrir.
Tant de fcenes d’horreur, tant de crimes, tant de malheurs ne fussentvraisemblablement point arrivés, & jamais Charles d’Anjou n’eût pu pouf-fer si loin ses conquêtes & fa rage homicide, si FAllemagne & FItalie eus-sent été moins déchirées par les factions & les guerres civiles ; ou si l’Em*pire eut été soumis aux loix d’un maître prudent & courageux ; mais letrône Impérial étoit toujours disputé par deux compétiteurs, qui, absensFun & Fautre, ne pouvoient en aucune maniéré s’opposer aux désordres deFAllemagne. Les Princes qui a voient élu Alphonse, lui festoient attachés:il avoir le plus grand désir daller prendre poíîèffion de FEmpire: mais îlEtat de étoit toujours retenu en Espagne, tantôt par la nécessité de réprimer &V/uiema - contenir les Maures, tantôt par la crainte d’un soulèvement du peuple, ameuté
b- par les grands qui ne cessoient de cabaler & de murmurer contre la sévé-
rité du Gouvernement.
De son côté Richard n’avoit pas plus de liberté de quitter F Angleterre,où il étoit continuellement occupé à repousser les Barons soulevés contre te
(1) Albert Stad. Schann. Vendem. Lit t. inter Díphotn. N°. 36. (2) Voy. dans
«cette collection le Tom. 37. H>Jt. de Naples & de Sicile, Lív. 24. Sect. 3. chap.2-