SftCT. VII.H-st. ò’Al-lemagne ,1254 - 13 * 3 -
M'irt duPape Clé-ment
Guerre ieRodolphe ,Comte deIítb bourgcontre l'E-vijue deLille.
1269-1270.
1271.
Mort deRichird,Roi desRomains.
14 HISTOIRE DE L’ALLEMAGNE
investiture du Duché de Sleswick seroit donnée au Duc Eric le fils du RoiAbel, ces çondicions exactement remplies, le jeune Roi fut libre, & il alla
rempìir le trône de Dannemark (1).
A peu près dans ce tems, & environ un mois après l’assastìnat affreux deConradin, mourut le Pape Clément IV, assez généralement accusé d’avoirdéterminé Charles d’Anjou h cette atrocité ; il avoit occupé le S. Siégé 9 ansfit vingt quatre jours. Que d’horreurs, d’assassinats publics & particuliers,que de guerres cruelles n’eussent pas troublé l’AUemagne & l’Italie, si lePape Clément IV fut mort 9 ans & vingt quatre jours plutôt? les fureursde la guerre & les complots de la perfidie avoient épuisé le sang de Hohen-stauffen de Suibe, & il ne restoic plus de cette maison que deux-Princesses,Constance & Béatrix, filles de Mainsroy; quoique leur pere fut bâtard deFrideric II, elles prétendoient au trône de Sicile, dont en effet leur pereavoit été reconnu Souverain légitime; Puînée des deux sœurs, Constanceporta ses droits à Pierre son époux, Roi d’Arragon,& ces droits avoient étéconfirmés par Conradin quelques momens avant fa mort.
De tous les Etats possédés par l’Empereur Frideric II & laissés par Con-radin son petit-fils, la Sicile étoit, du moins encore, celui qui excitoit lemoins de troubles & de contestations, depuis que par la loi du plus injuste& du plus fort,Charles d’Anjou s’en étoit emparé; ceux d’Allemagne étoìenten proie h une foule d’ufurpateurs qui s’en rendoient les maîtres jusqu’à ceque de plus heureux usurpateurs vinssent les leur ravir. Ambitieux commeles autres, & plus entreprenant, Rodolphe de Habsbourg se fît aussi desdroits fur la succession de Conradin. Un autre usurpateur, Henri de Neufchatel,Evêque de Bâle, retc-noit la ville de Brifack & prétendoit, fans preuves quecette ville lui avoit été donnée en fief par l’Empereur Frideric II. Rodol-phe, tout aussi fondé, soutint que comme successeur ou proche ou éloignéde Conradin, il avoit de meilleurs droits fur cette place; & pour faire va-loir ses raisons, il alla surprendre Brifack & s’en fendit le maître. L’Evêqueappella à son secours tous les seigneurs & les nobles du voisinage ; Rodol-phe trop foible alors pour résister h une auíìì puissante ligue, vendit Brifackâ l’Evêque moyennant une petite somme de 900 marcs d’argent; mais il fittant de mauvaises querelles à l’Evêque & en tira tant d’argent par accommo-dement, que le Prélat fatigué à la fin; reprit Bâle, & eut porté plus loinfa vengeance, si par la médiation de quelques Seigneurs, que ces hostilitésincommodoient beaucoup, les deux ennemis n’eussent consenti à une trevede trois ans au moyen d’une très-forte somme que l’Evêque fut contraint depayer à Rodolphe: la treve n'étoit pas expirée, que l’Evêque recommençales hostilités; il en fut cruellement puni, & pour avoir la paix il lui en coû-ta des sommes très-considérables (2).
Tandis qu’on combattoic, qu’on s’égorgeoit en Allemagne, le Roi desRomains,Richard, fait prisonnier par les Barons, & renfermé dans le châteaude Kenelworth, y mouroit des suites du chagrin que lui avoit causé la nou-velle de la mort de son fils Henri, égorgé à Viterbe dans l’Eglife de St. Lau-
(1) Pontanus Rer. Dan. Histor. Meurfius Hifl. Dan. (2) Albert. Argentineus.Chron. Ci/imar. CJrtiscn Hifl. lleivet. Guill. Hapsburg. L. 6 .