D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIÍ. 15
rent & au pied de l’autel, par Gui de Montsorr, fils du Comte de Leicester.
Richard mourut obscurément, à peu près comme il avoit vécu, & il fut tour .'«?inngne,auífi peu regreté en Allemagne qu’en Angleterre (t). ^51-1313.
Depuis environ deux ans & neuf mois, la chaire Pontificale étoit vacan- ■
te, & les Cardinaux n’étoient rien moins que d’accord fur celui qu’ils y ph-ceroienr. Cependant après bien des séances, des divisions & des disputes, le 8t.
Esprit dirigea les suffrages des Electeurs fur Thibaud, de la maison des Vis-contis de Plaisance, Chanoine de Lyon, Archidiacre de Liege, & qui étoitalors en Palestine. Thibaud étoit un homme fort respectable par fes mœurs,fort exercé dans les affaires, mais d'ail leurs très-peu éclairé. Son unique Iileclìm iusoin, loríqu’il eut pris possession du S. Siégé sous le nom de Grégoire X fut Pape Gré-d’engager les diverses Puillànces de l’Europe à se croiser, & pour mieux réus- s ° irtsir dans lès projets, il indiqua un concile général à Lyon. Néanmoins dansla crainte que le schisme qui subsistent toujours rélativeinent à l’Empire, nesuscitât des obstacles à son entreprise, il sollicita vivement les Electeurs ànommer un Roi des Romains autre que le Roi de Castille ; car quelque dé-férence qu’eut la cour de Rome en apparence pour Alphonse, ce qu’elledésiroit le moins & ce qu’elle craignoit le plus étoit de le voir poíseíseur dutrône impérial (2).
L’Allemagne avoit un intérêt bien plus pressant à se donner un chef ; ledésordre, le brigandage & l’oppression étoient portés au plus violent excès,il n’y avoit nulle fureté dans les villes ni dans les routes publiques; le vol,le pillage, le meurtre, l'incendie, tous les crimes y étoient impunis: ce futpourtant au sein de cette confusion que se formèrent les plus utiles établis-femens; tel fut celui de la consraternité héréditaire qui devroit être adoptéedans tous les pays policés : ce furent les troubles mêmes qui donnerent lieu hcette heureuse institution: ceux d’entre les Seigneurs qui se trouvèrent les plusfoibles ou les moins ambitieux se liguèrent, sc firent une donation récipro-que de leurs terres, de leurs Etats, à condition qu’ils agiroient en freres &s’entredonneroient tous les secours dont ils seroient capables soit en tems deguerre, soit en tems de paix.
Les pactes de cette consraternité sont trop respectables, pour que nousrésistions au plaisir de les rapporter ; des Princes ou Seigneurs Allemands qui«'unissent par consraternité affectent réciproquement à eux & à leurs descen-dans mâles, la succession de celui des deux dont la race masculine finira lapremiere, & ils ne se réservent que la liberté de disposer de leur mobilierjusques à concurrence d’une somme fixée, dès ce moment la possession & la Origine despropriété sont communes aux deux contractans ; ensorte que l’un a le droit cmfmetni.de recevoir le serment des vassaux de l’autre: mais pour que cette convention ^soit stable, les trois ordres de la Province où sont situés îes fiefs des contrac- 1272.tans doivent intervenir, & l’on doit faire confirmer le contrat par le Chef &les Etats de l’Empire , attendu qu’en Allemagne nul Prince ni Seigneurne peut disposer de ses vassaux fans leur consentement, ni des fiefs de l’Em-pire fans l’aveu du Seigneur dominant. Au reste, elles se font si fort muiti-
(1) Rapin Thoiras Hijl. d’Angles . L. g, (2) Werdenhagen de Rtb, publ. Anse a-iieis, Spener. Killingerus.