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SECT. VII.Hiíì. d’AI-lemagne,
1254-1313-
Guerre deRodolphecontre lePoi deT, ','Jme.
J 2 75.
Succès deRodolphecontre plu.sieurs feu-ditalrts re-lelles.1276.
HISTOIRE DE L’E M P I R E
Le désir de rétablir entièrement la paix dans les diverses Provinces de l’Em-pire engagea Rodolphe à tenir dans le cours de cette année deux dictes, Tu-ne h Wurtzbourg, Tautre à Mayence , & il n’y parut occupé que des moyensde soumettre ceux qui troubloier.t encore la tranquillité publique ; le plusredoutable de ces perturbateurs de la paix étoit Octocare, Roi de Boheme,qui avoir usurpé le duché d’Autriche fur les Ducs de Bavière, légitimes suc-cesseurs de Frideric le Belliqueux. Opprimés par la tyrannie d’Ottocare,les Autrichiens se plaignirent à TEmpereur, qui, ayant déjà jeté les yeuxfur ce même Duché, prétexta vouloir faire rentrer ce pays fous Tobéissmcede ses anciens possesseurs, & saisit avec chaleur cette occasion; il envoyaciter Ottocare à la dicte d’Augsbourg pour rendre compte de fa conduite& prêter ferment de fidélité. Trop fier de fa naissance, qu’il croyoit infini-ment au dessus de celle de TEmpereur, Ottocare répondit fort durementqu’il ne reconnoiílòit Rodolphe de Habsbourg que pour son ancien domesti-que, & point du tout pour Empereur, ni pour son Souverain, ni mêmepour son égal.
D’après cette réponse vraiment injurieuse, Rodolphe fit mettre le Roi deBoheme au ban de TEmpire, ainsi que Henri, Duc de Bavière, stère de Louisle Sévére Comte Palatin, & qui avoir également réfusé de faire des soumis-sions. Ottocare fans réfléchir aux funestes fuites que pourroit avoir son re-fus , chargea Bernard, Evêque de Secau d’aller à la dicte faire valoir les droitsde son maître, & Bernard encore plus audacieux que le Roi de Boheme,déclara que ce souverain ne reconnoissmt ni ne voulant reconnoître Rodol-phe pour légitime chef de TEmpire, il n'étoit nullement tenu à lui prêterserment de fidélité. Le Député de Henri de Bavière parla avec plus de dé-cence & de modération, mais fes raisons n’étant pas jugées meilleures quecelles d’Ottocare, elles furent également rejetées, & l’on prit la résolutionde soumettre par la force des armes ces deux feudataires rebelles (1)-
La d;ete d’Augsbourg ne fut pas plutôt terminée que TEmpereur rassem-blant fes troupes, fe mit à leur tête, & marcha contre Henri de Bavière &les autres Seigneurs qui avoient refusé de lui rendre hommage; le Marquisde Bade, les Comtes de Neubourg & de Fribourg furent les premiers con-tre lesquels il tourna fes armes; il les soumit, les humilia & les contraignitde restituer les fiefs qu’ils avoient usurpés à la faveur des troubles de l’inter-regne. Le Comte de Wirtemberg, Eberhard, surnommé le Querelleur, &qui fe faifoit gloire de fe nommer Tennemi de tout le monde, fut égalementdéfait; k peine TEmpereur avoir triomphé d’Eberhard, qu’il eut k combat-tre Tannée entiere du Duc de Bavière, soutenu par un nombre considérablede troupes que le Roi de Bohême lui avoir fournies; Rodolphe battit com-plètement cette armée, ravagea les Etats du Duc Henri, le contraignit kdemander la paix, qui lui fut accordée aux conditions qu’Octon, fils de Henriépouferoit Catherine fille de TEmpereur, k laquelle le Duc donneroit en dottous les domaines qu’il possédoit fur la riviere d’Ens; qu’il payeroit au vain-queur 40 mille onces d’or en dédommagement des frais de la guerre, &qu’il lui feroít hommage pour toutes les villes dont il restoit poflèsseur (2).
(1) Struvius Feriod. 9. pag. 52s. (2) Roo. pag. 22-23. Tugger. L. 1. cap. xi.