Buch 
40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
Seite
23
JPEG-Download
 

D’Á L L E M A G N E. Liv. XXV. S z ct. VIL s 3

Pour terminer glorieusement cette expédition ìi ne resloit p!us à soumet-tre que le Roi de Bohême, & Rodolphe se disposoit h marcher avec toutesses forces contre cet ennemi, lorfqu’il reçut une lettre du Souverain Ponti-fe qui lai défendoit d’attaquer Otcocare, s’il ossroit de rendre hommage. Bienloin de souscrire à cet ordre, í’Enipereur sic de nouvelles levées de troupes,divisa son armée en deux corps, donna le commandement de l’un h Meinhard,Comte deTirol, avec ordre de pénétrer enScyrie & en Carinthie, & h la tête dureste de l’armée, il fondit fur l’Autriche, s’empara de la plupart des villes, desprovinces même entieres, où il établit des Gouverneurs, & eût fini par accablerOttocare , si quelques souverains offrant leur médiation n’euísent pacifié cettequerelle par un traité, suivant lequel Ottocare renonçoic à l’Autriche, à laScyrie & h la Camiole, consentant que ces provinces fuffent remises à l’Em-pereur, pour être restituées à ceux qui y avoient de légitimes prétentions.

Asin que ces Provinces ne demeuraslènt pas au pouvoir de la maison deHabsbourg, Louis, Comte Palatin, Brunon, Evêque d'Olmutz, & Othon,Mar-quis de Brandebourg inférèrent dans le traité de paix une clause par laquelleRodolphe s’obligeoit de dégager ces Etats des mains d’Aîbert son fils aîné,auquel ils étoient hypothéqués pour une somme de 4000 marcs d’argent.Du reste la Bohême & la Moravie reslerent à Ottocare à la charge par luid’en recevoir l’investiture des mains de Rodolphe. De toutes les clauses dece traité, celle de f hommage paroiffoit la plus onéreux h Ottocare: il ob-tint que cette cérémonie se feroit au camp impérial sous un Pavillon fermé,en présence seulement des officiers qui ne pou voient se dispenser d’y affilier;mais Rodolphe voulant encore Fhumilier, fit construire ce Pavillon de ma-niéré qu’au moment le plus intéressant de la cérémonie, les toiles du Pavil-lon s’abattant touc h coup, firent voir aux deux armées le fier Otcocare pros-terné aux genoux de ce même Rodolphe qui avoít été jadis son commen-sal (i).

Quelque humiliante qu’eut été cette scene, Ottocare trop foible pour entirer vengeance, eut peut-être sacrifié son ressentiment au repos de íèspeu-ples, si la Reine, son épouse, plus sensible & plus fiere-* à force de cris &d’injures, de plaintes, de pleurs & de conseils violens, ne fût parvenue h en-gager son époux à venger par les armes l'outrage qu’il avoit essuyé. Le Roide Bohême se laissa d’autant plus aisément persuader, qu’ii espéroit encorepouvoir recouvrer les pays que Rodolphe avoit envahis, il pénétra en Au-triche où il commit les plus cruels ravages, ses succès cependant ne se sou-tinrent pas; Rodolphe se hâta d’envcyer dire à son fils, Landgrave d’Alsa-ce d’ordonner au Baillis de cette province & à Henri, Evêque de Bâle de le-ver des troupes & d’aller fur les frontières d’Autriche. 11 s’y rendit lui-mê-me, &, quoique l’armée d’Ottocare fut beaucoup plus considérable que cellede Rodolphe, il ne balança point à lui livrer bataille, la fortune secondafa valeur, &, malgré les efforts d’Octocare, les Bohémiens furent entiere-ment défaits: le Roi de Bohême étoit même tombé au pouvoir des vain-queurs, lorfqu’un chevalier dont ce souverain avoit fait mourir le frere, se

(1) Diplomat Imp. apud Marthene. Amelot de la Houssaye. Mém, Hist. Polit,

Hist. d'AFlemagne,1254-13x3.

Avntagftcontre leRoi deBohême,

Humilia-tion du Roide Bohème,

Défaite en -tiete Nmort du Roide Bohême .

1278.